‹ L'EnnuiChapitre 67 sur 68 · LENNUI DANS LA LITTERATURE · texte numérisé non relu

LENNUI DANS LA LITTERATURE

besoins et d'ennuis profonds, j'ai tout senti, tout éprouvé dans cette nuit mémorable. J'ai fait un pas sinistre vers l'âge d'affaiblissement; j'ai dévoré dix années dema vie. »

Il ne saurait soutenir de telles ardeurs, il est fait pour rêver la vie, et non pour la vivre; retiré dans son impuissance, il regarde les vivants s'agiter, comme un prisonnier voit le monde à travers les barreaux de sa prison : « De doux climats, de beaux lieux, le ciel des nuits, des sons particuliers, d'anciens souvenirs, les temps, l'occasion ; une nature belle, expressive, des affections sublimes, tout a passé devant moi, tout m'appelle et tout m'abandonne. Je suis seul, les forces de mon cœur ne sont point communiquées, elles réagissent dans lui, elles attendent : me voilà dans le monde, errant, solitaire au milieu de la foule qui ne m'est rien, comme l'homme frappé, dès longtemps, d'une surdité accidentelle, et dont l'œil avide se fixe sur tous ces êtres muets qui passent et s'agitent devant lui. Il voit tout, et tout lui est refusé; il devine les sons qu'il aime, il les cherche et ne les entend pas ; il souffre le silence de toutes choses au milieu du bruit du monde... Tout existe en vain devant lui, il vit seul, il est absent dans le monde vivant. »

L'ennui le tient par moments dans une agitation pénible et délirante : « Je vais dans les bois avant que le soleil éclaire, je le vois se lever pour un beau jour, je marche dans la fougère encore humide, dans les ronces... Un sentiment de ce bonheur qui était impossible m'agite avec force, me pousse et m'oppresse. Je

monte, je descends, je vais comme un homme qui veut jouir ; puis un soupir, quelque humeur, et tout un jour misérable. » Et encore : « H y a dans moi un dérangement, une sorte de délire, qui n'est pas celui des passions, qui n'est pas non plus de la folie : c'est le desordre des ennuis; c'est la discordance qu'ils ont commencée entre moi et les choses; c'est l'inquiétude que des besoins longtemps comprimés ont mise à la place des désirs. »

Il a reçu son mal avec la vie : la mélancolie est au cœur de son être : « Après une enfance casanière, inactive et ennuyée, si je sentais en homme à certains égards, j'étais enfanta beaucoup d'autres. Embarrassé, incertain, pressentant tout peut-être, mais ne connaissant rien, étranger à ce qui m'environnait, je n'avais d'autre caractère décidé que d'être inquiet et malheureux... Je m'ennuyais en jouissant, et je rentrais toujours triste. »

Sa plainte revêt un tour concret lorsqu'il dil : « Toujours attendre, et ne rien espérer; toujours de l'inquiétude sans désir, et de l'agitation sans objet ; des heures constamment nulles ; des conversations où l'on parle pour placer des mots, où l'on évite de dire des choses ; des repas où on mange par excès d'ennui ; de froides parties de campagne dont on n'a jamais désiré que la fin; des amis sans intimité; des plaisirs pour l'apparence ; du rire pour contenter ceux qui bâillent comme vous; et pas un sentiment de joie dans deux années !»

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Il délibère sur le suicide, et son ennui devient parfois de la colère; l'univers lui apparaît dans son horreur inexpliquée, la société dans ses mensonges et sa vanité ; il essaie des excitants (le vin, le thé), pour avoir raison de cet état abominable. L'âge survient qui apporte l'apaisement et une sorte de délivrance ; il vivra par curiosité, par habitude ; il ne souhaite ni ne craint la mort et il s'ingéniera à tromper le temps jusqu'au bout : « Je suis bien changé, vous dis-je. Je me rappelle que la vie m'impatientait et qu'il y a eu un moment oii je la supportais comme un mal qui n'a plus que quelques mois à durer. Mais ce souvenir me paraît maintenant celui d'une chose étrangère à moi... Je ne vois pas du tout pourquoi partir, comme je ne vois pas bien pourquoi rester. Je suis las; mais, dans ma lassitude, je trouve qu'on n'est pas mal quand on se repose. La vie m'ennuie et m'amuse. Venir, s'élever, faire grand bruit, s'inquiéter de tout, mesurer l'orbite des comètes, et, après quelques jours, se coucher sous l'herbe d'un cimetière, cela me semble assez burlesque pour être vu jusqu'au bout... Je reste encore quelques heures sur la terre. Nous sommes de pauvres insensés quand nous vivons; mais nous sommes si nuls quand nous né vivons pas ! Et puis on a toujours des affaires à terminer : j'en ai maintenant une grande, je veux mesurer l'eau qui tombera ici pendant dix années... »)

Ces citations suffisent pour marquer l'intérêt de ce

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livre unique et donner un dessin sommaire de son héros. Obermann est le représentant sans pareil de l'ennui absolu et sans remède, fait d'impuissance qui se juge et du sentiment du néant de tout. Il n'y a nulle autre figure à lui comparer dans la fiction, et si nous cherchons dans la réalité un personnage approchant, nous aurons nommé Leopardi. Le poète italien, victime d'une destinée atroce, profère celte môme plainte perçante et désespérée ; il établit, sans recours possible, la souveraineté de 1' f< infélicité » et do l'ennui, et nous enseigne, avec une conviction redoutable, que le secret de ce monde est le néant.

Il importe de combattre l'ennui, de ne point s'en laisser accabler. L'ennni est une souffrance, la paralysie de nos facultés, une langueur nuisible, un froid au cœur : vivre dans l'ennui, c'est se sentir glacé, être éteint, n'être plus en état de faire œuvre qui vaille ; comment combattrons-nous l'ennui?

Le remède de l'ennui peut se désigner d'un mot : le bonheur. Mais il a toujours été téméraire de disserter sur le bonheur, qui ne se définit pas. La réussite d'une existence est chose toute personnelle. Nous nous contenterons, à cet égard, d'indications générales, puis nous reprendrons brièvement les principales catégories de l'ennui.

L'ennui a ses causes organiques : mais Ton peut être vaillant et bien portant et trouver d'autre part que la vie est absurde, que notre besogne manque d'agrément, que ce monde manque d'explication. Situé à une autre profondeur que la tristesse ou que la mélancolie, l'ennui qui a sa source dans la pensée est le sentiment de l'insuffisance de la vio, la constatation de son néant. Quand il se présente avec de tels titres, il

est fondé, légitime : il n'y a pas d'arguments à faire valoir contre lui. L/ennui est aussi le sentiment de la monotonie, de la lenteur de la vie ; il accuse ses répétitions peu déguisées; sa platitude nécessaire : il sera difficile encore de ne pas lui donner raison '. Schopenhauer veut qu'on prémunisse lesjeunesgens contre cette illusion (( qu'il y a grand 'chose à touver dans le monde ».

L'ennui qui se définit ainsi est, à vrai dire, d'ordre métaphysique, et il est peu de gens qui soient capables de le concevoir sous cette forme quintessenciée et qui en ressentent vivement les souffrances. Nous saurons qu'il faut lui faire sa part, qui est quelquefois la part du lion, ne pas entrer en vaines révoltes contre l'inévitable^.

Ces concessions une fois faites à un mal qui est une partie de notre destinée, nous devons prévenir tout ce qui. fortifierait sa domination.

La lutte contre l'ennui a pour auxiliaire un art difficile, l'art de vivre, ou, à son défaut, la science de la vie.

L'art de vivre a un précepte premier et fondamental qui est la connaissance de soi-même -^ Celui qui se connaît lui-même ne sera ni le jouet des vains désirs,

1. Bossuet : « C'est la maladie de la nature... 0 Dieu, que le temps est long, qu'il est pesant, qu'il est assommant! L'ennui que sainte Thérèse a de la vie... La persécution de cet inexorable ennui qui fait le fond de la vie humaine... »

2. La résignation à l'inévitable est la vraie philosophie de la vie. Se reporter à l'exemple que donnent les maris trompés : quatre-vingt-dixneuf sur cent se résignent; un seul se révolte.

3. La connaissance de soi-même requiert un travail d'esprit formidable et on a chance d'être atteint par la mort, avant d'en être venu à bout. L'instinct est ce qui guide les hommes.

ni la victime des erreurs mortelles; il s'accepte tel qu'il est et se tient avec bonne humeur aux ordres du destin.

L'art de vivre exige que nous soyons d'accord avec la vie, que nous ayons son intelligence complète. Nous donnerons à nos facultés toute la culture dont elles sont susceptibles. L'esprit vaut par lui-même : il mène à éluder bien des sortes d'ennui ; il porte le sujet au plus haut degré du bonheur qui est de comprendre le monde et d'en jouir continuellement.

La vie peut-elle aller sans la participation du cœur? Il ne le semble pas. C'est un sot calcul que l'égoïsme ; d'ailleurs, personne ne s'y tient. Avec des approches prudentes, on cherche à aimer, à se faire aimer. Vivons parle sentiment sans critiquer de trop près ses fantasmagories et ses complaisances. Les « êtres chers » trompent comme le reste ; mais qu'est-ce qui netrompe pas dans un monde où tout nous échappe? Du moins, à vivre dans autrui, on est sorti de soi, on a élargi son âme, on a fait reculer l'ennui.

Pour vaincre l'ennui, il est bon d'obéir à un devoir, de se dévouer à un idéal. En tous les temps, il y eut une (( bonne cause » à servir ^ A s'intéresser aux idées ^ à se tenir dans le courant général, on rompt avec la médiocrité du sort individuel, on s'élève au-dessus des tristesses du labeur journalier-.

1. Chacun prend la « bonne cause » où bon lui semble ; mais on est sûr de ne pas se tromper si l'on dit que l'idée de pairie est celle à laquelle tous doivent se rallier, et qui doit être servie jusqu'à la mort.

2. Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent, ce sont \^x Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front,

Au surplus, ces remèdes ou palliatifs de l'ennui peuvent s'indiquer de bien des façons. « L'ennui, dit Alfred de Vigny, est la maladie de la vie; pour le guérir, il suffit de peu de chose : aimer et vouloir. C'est ce qui manque le plus généralement. Et, pourtant, il suffit d'aimer quelque chose, n'importe quoi, ou de vouloir avec suite un événement quelconque, pour être en goût de vivre et s'y maintenir quelques années.» M""* Swetchine écrit: w J'ai souvent pensé que cétaitpar lecœur qu'on ne s'ennuyait jamais ; les deux héros de l'ennui, M. de Chateaubriand et Benjamin Constant, m 'ayant mise sur la voie de cette vérité, que ce n'est pas l'esprit qui sauve d'un toi mal. »

Arrivons maintenant à parler des catégories diverses de l'ennui, si tant est qu'on puisse avoir la prétention d'assigner des remèdes pour des cns innoml)rables et qui sont la complexité même.

L'ennui par épuisement nous a particulièrement préoccupé. Le remède de l'épuisement vrai, c'est le repos. Quand il n'atteint pas une gravité extrême, l'épuisement commande le changement d'occupation, un renversement d'orientation. C'est le cas de ceux qui

Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime,

Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime,

Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,

Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.

C'est le prophète saint prosterné devant l'arche,

C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.

Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins,

Ceux-là vivent. Seigneur! — les autres, je les plains.

Car de son vague ennui le néant les enivre,

Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.

Victor Hugo {Châtimenla, IV, ix).

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s'ennuient pour ne connaître qu'un seul train de vie, qu'une forme d'esprit qu'ils ont trop exploitée. Ils passent au pôle contraire. Alors se produisent des altitudes nouvelles qui les amusent, au moins comme un changement d'habit. Le philosophe, qui ne savait que la logique et l'abstraction, quitte un jour ces landes grises et rentre dans la vie à sa manière en écrivant des Apocalypses et des poèmes; le sensuel aux sens abolis se fait sentimental et rêveur jusqu'au ridicule, l'amant idéaliste renie l'amour unique et découvre le monde infini des femmes. M"^^ du Deffand, héroïne de l'ennui, parvenue à la vieillesse, n'a-t-ellc pas trouvé dans son cœur usé les éléments d'une affection romanesque et quasi délirante? «Qui le croirait, dit Scherer dans l'article déjà cité, qui le croirait? dans le cœur de cette septuagénaire misanthrope, désolée, desséchée, nous allons voir, à la dernière heure, fleurir une subite et romanesque affection. »

Qu'avons-nous fait en apportant ces exemples? Nous avons voulu dire que l'esprit a des ressources cachées et des protestations inattendues, et son épuisement, si profond qu'il paraisse, n'est pas toujours sans remède.

Passant à l'ennui par monotonie nous rappellerons la place considérable qu'il tient dans notre existence. La monotonie a ses droits. Et ce qui vaut mieux : la monotonie comprend la douceur des habitudes, le goût de la stabilité, le charme des horizons étroits : uniformité d'une vie choisie, elle est une des conditions du bonheur. Chateaubriand fait dire à René : « Je sens que

j'aime la monotonie des sentiments de la vie, et si j'avais encore la folie de croire au bonheur, je le chercherais dans l'habitude ». « Pour la plupart des hommes, écrit Scherer, l'uniformité engendre l'ennui, c'est-à-dire le plus grand des malheurs. Pour l'homme heureux, l'uniformité n'est autre chose que la durée du même bonheur. » Schopenhauer nous dit : « Plus notre cercle de vision, d'action et de contact est étroit, plus nous sommes heureux ; plus il est vaste, plus nous nous trouvons tourmentés ou inquiétés... Nous trouverons du bonheur dans la plus grande simplicité possible de nos relations et même dans V uniformité du genre de vie tant que cette uniformité n'engendrera pas l'ennui. »

Mais on regimbe contre la monotonie lorsque son joug devient lourd et qu'elle produit de l'ennui. Une

vie qui a son unité intérieure, sa direction soutenue, manifeste une force constante, implique le don de soi aune idée dominatrice : il ne résulte de sa sévérité apparente ni monotonie ni ennui. Cependant chacun incidente et varie sa journée à sa façon, se permet des « distractions » et des friandises. La « distraction », avec sa vulgarité et ses hasards, a son moment, sa fatalité : elle est le passe-lemps sur lequel il ne faut pas appuyer.

Le sentiment de la monotonie a souvent pour raison profonde la paresse de notre esprit qui est sans mouvement, sans renouvellement. Il est bon de le redire ; c'est par la culture patiente e^ méthodique de nos

facultés que nous multiplierons notre âme, et nous aurons de ce fait plusieurs existences. L'univers est infini: soyons le miroir de l'univers. L'intelligence nous rend dignes de la variété de la vie et nous fait découvrir de nouveaux mondes'. — D'autre part regardons: quelle civilisation riche et touffue que la nôtre ! la terre est saturée d'histoire qui est notre enseignement, et les anciennes idoles sont à bas ; l'homme, successeur de Dieu, devient plus grand, et il est vraiment le Dieu de ce monde ; il est le maître de la planète ; il a cessé de trembler devant les forces inconnues qui courbaient ses ancêtres ; jamais il n'eut plus d'intelligence, et aussi plus d'esprit; quelle assurance ! quelle impertinence de parvenu émancipé ! mais voilà qu'il est atteint de l'ennui des penseurs et des dieux...

Le sentiment du néant de la vie est pénible à soutenir, quand il est le sentiment de notre propre néant. Un beau jour, après bien des expériences et des comparaisons, nous apercevons avec une évidence outrageante Finsignifiance et la banalité de notre individu. Or, le monde s'écroule, si nous n'en sommes plus le centre ; la terre est fade, quand nous n'en sommes plus le sel. On s'ennuie dès qu'on ne se prend plus

1. Nietzsche glorifie ainsi l'intelligence : « Accroissement de l'intéressant. — Dans le progrès de la culture, tout devient intéressant pour l'homme, il sait rapidement trouver le côté instructif d'une chose et saisir le point où elle peut combler une lacune de sa pensée ou confirmer une de ses idées. Ainsi disparaît de jour en jour l'ennui, ainsi aussi l'excitabilité excessive du cœur. Il finit par circuler parmi les hommes comme un naturaliste parmi les plantes, et par s'observer luimême comme un phénomène qui nexcite fortement que son instinct de connaître. » Humain, trop humain, p. 280 ; traduction Desrousseaux.

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pour un être unique pour un grand homme, fût-il de l'espèce des méconnus'.

Que faire contre cette désagréable clairvoyance ? Acceptons d'être débarrassés de notre orgueil qui était sot, et souvent nous égara ; il est dur sans doute de vivre diminué de son panache, de tout ce que l'imagination ajoutait à notre taille. Afin de nous grandir, devenons les chevaliers sublimes d'une folle aventure, faisons figure de héros, et notre personne qui s'était rapetissée nous paraîtra recouvrer des dimensions imposantes.

Le sentiment du néant de la vie enferme toutes les vipères de la pensée : l'inutilité de vivre, l'impossibilité d'atteindre le bonheur, le dégoût qui nous prend devant l'égoïsme et l'imbécillité de tous. 11 augmente avec l'âge qui nous détrompe et nous désillusionne, car la vérité est triste. Il se produit alors un ennui insurmontable qui nous suit partout et nous étreint à la faveur de nos moindres réflexions. Comment lui échapperons-nous?

Ah! cette fois, si nous sommes sûrs que la vie est vaine, nous porterons la hache à la racine du désir; réfugions-nous dans le dédain transcendant! et si notre cœur est brisé, et que nous soyons sans goût à notre besogne écœurante, il nous reste l'ironie vengeresse qui se traduit dans le peuple par des mots orduriers ; chez les gens desprit, par le sarcasme étincelant-

1. « Les médiocres, dit M. J. Bourdeau, n'apercevant pas leurs imperfections, s'estiment solennellement. L'homme le plus heureux est celui qui s'admire lui-même ; et ce n'est pas sans apparence de raison que l'on considère les gens les plus bornés comme les plus accessibles au bonheur. »

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