VoUalre à M"' du Deffand
LEXXL'I PAR EPLHSEMENT 27
perdre le souvenir. » « M"' do Sévigné, ajoute Sainte- Beuve, à qui nous empruntons celte dernière citation, avait su ménager sa vie et sa sensibilité'. » L'aspect extérieur de M"*' du Deffand trahissait l'irrémédiable usure; on a tracé d'elle ce portrait saisissant : « Lorsqu'elle ne s'animait pas en causant, son visage très pâle avait l'expression d'une tristesse morne, et on remarquait, dans toute sa personne, une sorte d'immobilité rigide qui avait quelque chose de frappant. Elle causait toujours avec agrément, mais elle avait au fond une grande paresse d'esprit et se peignait très bien en disant « qu'elle aimait ilotter dans le vague ». « Elle ne disputait point, dit IM™' de Genlis, car elle était si peu attachée au sentiment qu'elle énonçait qu'elle ne le soutenait jamais qu'avec une sorte de distraction. Il était presque impossible de la contredire, car elle n'écoutait pas, ou elle paraissait céder et se hâtait de parler d'autre chose '^... » Elle a failli s'intéresser à l'événement du jour, mais elle en revient vite et s'écrie : « Après tout, qu'est-ce que cela me fait?» On va loin avec ce refrain-là : on peut l'appliquer à tant de choses!
L'ennui de Chateaubriand a défrayé abondamment la critique : il est tenu pour authentique, en dépit de ses poses suspectes et de son panache. En lui assignant pour cause essentielle l'épuisement, nous lui enlevons