Sii!fy PiLidliomme, La Joie
nos rêves impuissants? Pourquoi tout? » « L'humanité n'offre* rien de nouveau. Son irrémédiable misère m'a empli d'amertume, dès ma jeunesse. Aussi, maintenant, n'ai-je aucune désillusion. Je crois que la foule, le troupeau sera toujours haïssable*. »
M""* du Deffand fait entrer dans son idée de l'ennui l'horreur de l'humanité telle qu'elle se révèle à son analyse impitoyable : « Quand je pense à tous les gens que je connais, môme avec lesquels je vis journellement, qu'on appelle 7nes amiSj il n'y en a aucun, hommes et femmes, qui aient la plus légère velléité de sentiments pour moi, ni moi pour eux; il y en a même dans ceux que je vois le plus souvent, en qui je démêle une jalousie, une envie dout je suis occupée sans cesse à arrêter les effets et les progrès; la vanité, les prétentions rendent la plupart des gens insociables. Ai-je tort de trouver qu'il est malheureux d'être né * î » « On ne peut être en paix ni avec les autres, ni avec soi-même; on mécontente tout le monde : les uns, parce qu'ils croient qu'on ne les estime ni ne les aime pas assez, les autres par la raison contraire; il faudrait se faire des sentiments à la guise de chacun, ou du moins les feindre, et c'est ce dont je ne suis pas capable; on vante la simplicité et le naturel, et on hait ceux