îj Ure à H. V^alpole, en
± L Ure à H. Walpole, en 1771.
solue, c'est-à-dire que son ennui était sans bornes*. » Pascal envisage Tennui comme étant le fond de la vie humaine ; son regard découvre la vanité bruyante de ce monde, le vide de notre cœur, l'insatiabilité de nos désirs. Les hommes cherchent à se fuir, à s^tourdir, à oublier leur condition misérable; ils ne peuvent se passer du «divertissement»; ils tendent au repos par l'agitation. «De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n'est pas qu'il y ait en effet du bonheur, ni qu'on s'imagine que la vraie béatitude soit d'avoir l'argent qu'on peut gagner au jeu, ou dans le lièvre qu'on court. On n'en voudrait pas s'il
était offert Ce lièvre ne nous garantirait pas de la vue
de la mort et des misères, mais la chasse nous en garantit. — Ils s'imaginent que s'ils avaient obtenu cette charge, ils se reposeraient ensuite avec plaisir, et ne sentent pas la
nature insatiable de leur cupidité Ils croient chercher
sincèrement le repos, et ne cherchent en effet que l'agitation. Ainsi s'écoule la vie On cherche le repos en
combattant quelques obstacles; et, si on les a surmontés,
le repos devient insupportable Et quand on se verrait
môme assez à l'abri de toutes parts, l'ennui, de son autorité privée, ne laisserait pas de sortir au fond du cœur, où il a ses racines naturelles, et de remplir l'esprit de son venin. »