Lettre à H. Walpole, en
3. Ed. Scherer, Etudes sur la littérature contemporaine, t. m.
même regard non moins inexorable. Rieji de triste comme ces retours sur sa vie. 11 lui semble qu'elle n'a connu personne et n'a été connue de personne... Elle se trouve juste assez d'esprit pour toucher les limites de cet espril. Ses facultés sont incomplètes. La force de sa pensée ne va pas jusqu'au talent ; elle comprend et ne sait pas rendre ; son intelligence est active, mais cette activité est en pare perte. . . Il y a des moments, à l'en croire, où elle voudrait être bête à manger du foin. Ainsi pessimisme universel, souverain mépris de tout, de tous, et tout d'abord de soi. Et comme rien ne vaut, elle ne met d'intérêt à rien. Elle n'a pas de passion, pas de désir, pas même de curiosité. » — En correspondance avec Voltaire, elle reçoit de lui ces sages conseils : « Mais vous, madame, prétendezvous lire comme on fait la conversation? prendre un livre comme on demande des nouvelles, le lire et le laisser là^ en prendre un autre qui n'a aucun rapport avec le premier et le quitter pour un troisième? En ce cas, vous n'ayez pas grand plaisir. Pour avoir du plaisir, il faut un peu de passion, il faut un grand objet qui intéresse, une envie de s'instruire déterminée, qui occupe l'âme continuellement : cela est difficile à trouver et ne se donne point. Vous êtes dégoûtée, vous voulez seulement vous amuser, je îe vois bien, et les amusements sont encore assez rares '.»