CONCLUSION
cependant les toiles ne mesurent encore, en hauteur, que un mètre soixante-trois centimètres d'après les mesures prises par M. Paul Seidel avant le rentoilage, un mètre soixante-cinq et demi d'après M. Jean Guiffrey après le rentoilage, alors que la toile originale comptait un mètre quatre-vingt-onze centimètres ;
6° Les têtes des personnages des tableaux jouissent d'un caractère différent des têtes des mêmes personnages dans la gravure contemporaine de l'œuvre ;
70 Le portrait qu'on encaisse est différent de celui de la gravure ;
S^ Le cartouche au-dessus de la porte, unique dans la gravure, forme deux cartouches sur les tableaux ;
90 Le tableau peint au-dessus de la porte, coupé en deux par la séparation générale, présente deux cadres différents, un pour chaque moitié de ce tableau ;
10° La perspective n'est pas la même dans les deux toiles ;
ii<^ L'éclairage n'est pas le même ;
12° La botte de paille n'est pas placée de même ;
130 Les pattes du chien et le talon de la femme debout ne reposent pas sur le même pavé ;
140 Les photographies de 1883 accusent enfin un écart de niveau de trente-deux millimètres entre les deux tableaux, et ce sont des toiles neuves, datant de 1899, sur lesquelles de nombreuses réparations de tout genre ont été opérées, ce sont des toiles ainsi travaillées que MM. Le Prieur, Jean Guiffrey, Alfassa, etc., virent en 1910, et sur lesquelles ils firent des constatations intéressantes, mais qui ne se rapportent pas, matériellement parlant, aux toiles achetées par Frédéric II avant 1760.
Si l'on a allait devant arbitre », les choses se passeraient ainsi :
— Qu'invoquez-vous, demanderait l'arbitre, pour affirmer que le fragment de Paris est l'Enseigne de Gersaint?
— La filiation admise unanimement entre ce tableau et la toile
no L'ENSEIGNE DE GERSAINT
présentée, en 1769, à la vente Guillaume, comme étant celle peinte pour Gersaint. Sa conformité avec la copie de Pater, avec la gravure d'Aveline et le prospectus de Julienne, témoins contemporains. Sa facture qui répond au récit de Gersaint, et à la facture large et décidée de Watteau. Il est probable enfin que l'autre moitié n'avait pas encore quitté la France en 1829.
— Et les objections que l'on vous a faites?
— Nous venons d'y répondre.
Se tournant alors vers la partie adverse, l'arbitre demanderait :
— Et vous, quels sont vos documents?
— Un seul. Le récit du marquis d'Argens.
— Ce récit dit-il que ces tableaux furent achetés à Julienne, possesseur de l'Enseigne en 1744?
— Non.
— A qui, alors?
— On ne sait pas.
— En quelle année?
— On ne sait pas.
— Ces tableaux sont-ils pareils à la copie-gravure?
— Non.
— Sur combien de points diffèrent-ils de ce témoin contemporain?
— Quatorze.
— Sur quoi vous appuyez- vous pour dire que ces tableaux n'en faisaient qu'un primitivement?
— Les fils des toiles concordaient.
— Mais la peinture concordait-elle?
— Non.
Le reste est littérature.
Et je n'ai qu'un regret : ne pas avoir vu côte à côte les trois tableaux, Berlin et Paris. A deux reprises, cette confrontation pouvait se produire : en 1900 à Paris, en 1910 à Berlin. La pre-