ORDRE DU JOUR DE LA FLOTTE
Takou, octobre 1900.
Escadre
de
l'Extrême-Orient.
division.
Le contre-amiral Courrejolles , commandant la 2e division de V escadre de V Extrême-Orient ,
à M. Henry,
a Monsieur,
(( J’ai l’honneur de vous communiquer l’ordre du jour ci -joint, qui a paru dans la division navale.
(( Je m’empresse de vous transmettre ce témoignage de notre représentant à Pékin, qui confirme pleinement ce que je vous avais écrit; puissiez-vous trouver quelque consolation dans le souvenir si honorable de celui que vous avez perdu!
a Veuillez agréer, monsieur, l’assurance de ma profonde sympathie et de ma considération la plus distinguée.
« T. Courrejolles. »
Ordre 1489.
20 septembre 1900.
QUELQUES LETTRES
Le contre-amiral commandant en chef a V honneur de porter à V ordre de la division navale Vextrait suivant d’une lettre qui lui a été adressée par M. Pichon, ministre de France à Pékin.
« Nos marins ont été, au cours des événements tragiques que nous avons traversés, d’une intrépidité et d’un dévouement sans égal. Sous la direction de leurs officiers, dont deux ont été tués, ils ont, on peut le dire, opéré des prodiges de valeur. Chose à peine croyable, surtout lorsqu’on voit l’état des lieux, trente des leurs, avec dix Italiens, ont sauvé d’un massacre général, pendant plus de deux mois, une population de trois mille personnes, dont de nombreux Européens, réfugiés au Pé-T’ang. A la légation de France, le reste du détachement, soit quarantecinq hommes, a défendu pendant toute la durée du siège un des postes les plus périlleux, où les Chinois ont donné les plus rudes assauts.
<c J’accomplis un devoir que me dicte la reconnaissance, en rendant ce témoignage de la bravoure de nos marins, et en vous priant de les en remercier encore une fois, au nom de tous ceux qu’ils ont sauvés.
« Je vous prie également de transmettre aux familles de l’enseigne Henry et de l’aspirant Herber, ainsi qu’à celles des sous-officiers et matelots morts ici, l’expression de nos plus vives condoléances. Leur souvenir sera pieusement conservé, et leurs tombes, à la légation de France et au Pé-T’ang, seront l’objet de tous nos soins. « Pichon. »
(c Le commandement du détachement de la légation était exercé par M. le lieutenant de vaisseau Darcy, assisté de M. l’aspirant de première classe Herber, qui a été tué.
(( Les marins qui ont défendu le Pé-T’ang étaient commandés par M. l’enseigne de vaisseau Henry, qui a également été tué.
(( Le présent ordre sera affiché à bord de tous les bâtiments de la division.
Pour le chef d’état -major en mission et p. o. L’aide de camp,
signé : Fatou.
P. O. Le chef d’état-major,
P. Delaruelle.
Lettre de V amiral Pottier.
« Nagasaki, à bord du Redoutable , le 8 janvier 1901.
(( Monsieur,
c( Il y a quelques jours, l’amiral italien m’a envoyé une relation du siège du Pé-T’ang écrite par l’officier qui commandait le détachement italien, et j’ai pensé qu’en vous en envoyant une copie, j’apporterais un adoucissement à votre profonde douleur. Dans le même courrier, j’en envoie également une copie au ministre de la marine.
((Je n’étais pas encore à la tête de l’escadre de Chine lorsque ces tristes événements se sont passés; mais depuis
QUELQUES LETTRES
que, petit à petit, j’ai eu connaissance des détails de la défense du Pé-T’ang et de celle de la légation de France, j’ai acquis la conviction que jamais plus braves faits d’armes n’ont été accomplis; les marins ont été admirables, et leurs chefs sont de véritables héros dont nous, leurs amis, nous ne saurions être trop fiers.
(c Mais une autre raison me rend encore plus chère la mémoire de votre cher enfant : il était avec moi en Crète, .à bord de V Amiral-Charner , et j’en ai conservé le meilleur souvenir.
(( Vous me feriez plaisir, si vous pouviez m’adresser une photographie de mon aspirant de Crète.
(( P. -S. — Le commandant du Redoutable, qui a visité le Pé-T’ang, a fait faire, par le mécanicien du bord, une croix en fer, qui a été placée sur la tombe de votre fils. »
Le rapport officiel de l’aspirant Olivieri, dont il est question dans cette lettre, et dont quelques phrases ont été citées plus haut, rend hommage à la valeur et au dévouement des marins français et de leur chef, qui secoururent leurs camarades italiens en toute circonstance. Voici deux passages de ce rapport. Le premier est relatif aux événements du 31 juillet.
(c Ce jour est un jour de deuil pour tout le monde, et encore plus pour les marins français , ils perdent leur valeureux chef, qui les avait menés au feu avec un admirable sang-froid; qui avait, avec une rare expérience, tout prévu et tout disposé pour un dur et très long siège. Moi,
je perds en lui un intime ami, un vaillant compagnon, avec qui j’avais partagé jusqu’alors les fatigues du siège, dont j’avais partagé l’opinion et suivi les conseils dans les moments les plus difficiles...
« Le j our suivant, un petit cortège accompagne à sa dernière demeure l’enseigne de vaisseau Henry, qui est enterré près des braves marins qui ont succombé avant lui, et puisse-t-on lui rendre un jour l’honneur qui est dû à celui qui sait ainsi héroïquement mourir pour le service de son pays !
a Ayant, après la mort de l’enseigne français, la direction des marins français, du 30 juillet au 16 août, je crois de mon devoir de faire connaître à Votre Excellence la conduite de ces marins en ces circonstances. Ne connaissant pas personnellement les marins français, je ne puis faire de mention spéciale; je dirai seulement qu’ils furent toujours et en toute circonstance admirables et supérieurs à tout éloge. Dans la journée du 12, les marins français ont écrit, avec les miens, la plus belle page du siège : ils coururent, immédiatement après le coup de mine, en aide aux ensevelis, et travaillèrent durant une journée entière, sans se soucier d’un feu terrible, à me sortir des décombres ainsi que les cinq marins ensevelis avec moi. Je le répète, ils furent toujours admirables, particulièrement en cette journée. Louanges soient rendues à eux et aux miens. M erci à ces vaillants. »
QUELQUES LETTRES
Lettre de M. le capitaine de vaisseau de Marottes, commandant le D’Entrecasteaux.
<( Takou, 2 septembre 1900.
« Monsieur,
(( L’amiral Gourrejolles, puis M. Fournier au nom des officiers, vous ont écrit après que la douloureuse nouvelle de la mort glorieuse de votre fils nous est parvenue. J’ai attendu quelques jours pour pouvoir vous donner quelques détails que vous désirerez connaître.
(c Notre pauvre détachement de Pékin nous est revenu à bord avant-hier soir, diminué de dix- sept manquants. Il ne reste qu’un officier sur trois, le lieutenant de vaisseau Darcy, qui en avait le commandement.
a M. Darcy m’a expliqué que, dès le lendemain de leur arrivée à Pékin, le 1®*’ juin, votre fils avait été envoyé avec trente matelots pour garder le Pé-T’ang, le grand établissement des missionnaires lazaristes, situé à environ une heure de marche de la légation, où il restait avec le gros de nos hommes. Les communications entre les deux postes n’étaient donc pas faciles; au bout de quelques jours, avant le 20 juin, je crois, elles ont été complètement interrompues. Depuis, M. Darcy n’a plus eu aucune nouvelle de lui, et ce n’est qu’après la prise de Pékin, le 16 août, qu’il a pu aller au Pé-T’ang, au moment où on l’a délivré, et s’informer du sort de ceux qui y étaient enfermés.
(c M. Darcy ne pouvant me renseigner personnellement.
j’ai interrogé tous les hommes qui ont assisté à ses derniers moments, et voici ce qu’ils m’ont raconté :
(( Le 30 juillet, vers sept heureh et demie du matin, une attaque chinoise assez vive se produisit contre le mur extérieur. Votre fils se porta au point menacé, où plusieurs de nos hommes étaient postés. En cet endroit, on avait crénelé le mur et élevé une banquette en terre pour que les tirailleurs, en montant dessus, fussent à bonne hauteur du créneau. A un certain endroit, était le timonier Delmas, seul placé convenablemeut pour tirer sur les Chinois, cachés à une trentaine de mètres en avant.
(c Delmas est blessé d’une balle au bras. Il en prévient votre fils, qui donne l’ordre au canonnier Callac de le remplacer au créneau, et vient derrière Callac, probablement pour regarder par ce créneau. A peine Callac s’est-il présenté au créneau, avant qu’il ait eu le temps d’épauler, il est frappé d’une balle qui lui traverse l’épaule. La même balle . atteint votre fils à la partie droite du cou, coupant une grosse artère. Henry porte la main à son cou, semble vouloir parler à Callac, qui lui disait qu’il était blessé luimême, mais ne peut pas. Il descend de la banquette, et se met à courir seul dans la direction des logements. Dans ce trajet, une deuxième balle vient l’atteindre au flanc droit, n continue à courir en chancelant pendant une centaine de mètres, toujours la main au cou, et vient s’abattre en arrivant sous la véranda, où son ordonnance, le fusilier
Le Houx, le relève aussitôt. On accourt auprès de lui, on
le place sur une planche, un Père chinois lui donne l’extrême-onction, et il expire environ vingt minutes après.
QUELQUES LETTRES
sans avoir pu prononcer une parole, bien loin, hélas! de ceux qu il chérissait le plus , mais entouré de figures bien amies, celles de ses hommes, qui avaient vite appris à aimer respectueusement leur jeune officier, et celles de nos missionnaires , qui ne parlent de lui qu’avec affection et admiration.
^ (c Le lendemain matin, 31 juillet, votre fils a été enterré avec les honneurs militaires. Le coadjuteur, M®'’ Jarlin, officiait avec le Père Giron.
a La tombe, ainsi que celles des autres victimes du siège, est dans le jardin des missionnaires. Notre ministre à Pékin, M. Pichon, a, paraît-il, annoncé qu’on ferait élever un monument national à nos morts.
« Voilà les détails que m’ont racontés nos matelots. Mais je comprends que votre cœur de père serait heureux d’en avoir encore d’autres. Votre fils, dont je sais les sentiments religieux, a passé les derniers jours de sa vie au milieu de nos missionnaires, dans l’affectueuse intimité à laquelle il était naturel qu’il arrivât vite dans de pareilles circonstances. Je ne serais pas étonné qu’il leur eût fait quelques recommandations à votre égard en cas d’accident, mais je l’ignore. ..
(c Tous les vêtements et objets appartenant à votre fils ont été réunis et inventoriés par le commissaire du bord, conformément aux règlements, y<îompris ceux qui viennent d’arriver de Pékin avec le détachement.
« Vous trouverez aussi un journal qu’il tenait, et où il inscrivait les événements du siège. La main pieuse d’un missionnaire l’a complété par un court sommaire du 30 juillet.
(( Au Pé-T’ang, outre nos trente matelots, dont cinq ne sont pas revenus, il y avait un détachement de matelots italiens de VElba, commandé par le sous-lieutenant Olivieri. Il y avait, me dit-on, environ deux mille chrétiens chinois réfugiés de tous les environs autour de leurs missionnaires. Un nombre assez considérable a été tué ou blessé par le bombardement. Trois missionnaires ont été tués. »
(f 3 septembre.
« L’inventaire est terminé. Le commissaire a trouvé dans les papiers de votre fds la lettre ci-jointe, que je vous transmets-
« Votre fils, monsieur, a été un officier sans peur et sans reproche : c’était donc certainement un bon fils, car cela va ensemble. Dans le poste d’honneur envié où Henry a été placé et que son zèle lui a fait me réclamer, il a largement contribué au salut final du Pé-T’ang.
« Nous autres, ses camarades, qui avons à être toujours prêts si nous sommes appelés, nous garderons la mémoire de ce vaillant, pour l’imiter quand l’honneur de notre vieille France et de notre marine le demandera.
(( Veuillez agréer, monsieur, ainsi que madame Henry et toute votre famille, l’expression de ma profonde sympathie et l’hommage de mon respectueux dévouement.
(( De Marolles. »
Une carte -correspondance du même officier supérieur, datée de Nagasaki, 13 octobre 1900, porte ces mots :
(( En vous transmettant la copie de la lettre de M. Picbon
QUELQUES LETTRES
au sujet de nos marins de Pékin, je pense que l’amiral vous aura annonce que le nom à^Enseicf ne— Henry a été donné à un joli vapeur que nous avons acheté récemment, et qui fait notre service entre Takou et le Peï-Ho, avec un officier et un équipage fournis par le D’Entrecaste aux. »
Lettre écrite au nom du carré des officiers du D’Entrecasteaux, par M. Eournier, lieutenant de vaisseau.
« Takou, à bord du D’Entrecasteaux , 28 août 1900.
(c Monsieur,
(( Le carré des officiers du D’ Entre caste aux me charge d’être son interprète auprès de vous, pour vous dire la part respectueuse et profonde qu’il prend à votre douleur. Nous avons perdu, en perdant votre fils, un camarade auquel nous étions tous affectueusement attachés : par la maturité et la distinction de son esprit, par le goût très vif qu’il manifestait pour le métier, par les dehors aimables qui nous faisaient tant apprécier nos relations quotidiennes avec lui, il avait conquis la sympathie générale. Il n’était d’ailleurs pas moins aimé de ses inférieurs que de ses égaux : notre chagrin a été partagé par tous, lorsque l’amiral et le commandant ont fait part de la triste nouvelle à l’équipage assemblé sur le pont.
a C’est parce qu’il l’a librement voulu et beaucoup
à cause de ses sentiments religieux, qu’il est parti pour
Pékin. Dès le mois d’avril, pendant notre séjour à Yokohama, on parlait de troubles en Chine; Henry me disait combien il serait heureux d’être appelé à défendre les missionnaires en danger; il ne se souciait que d’une chose : des inquiétudes qu’une pareille désignation pourrait inspirer aux siens.
(( La situation était déjà grave lorsque les ministres se décidèrent à demander les détachements de marins. D’après les premiers ordres de l’amiral, le détachement français ne devait comprendre, comme officiers, qu’un lieutenant de vaisseau et un aspirant du D’ Entre caste aux , un enseigne de vaisseau et un aspirant du Descartes. Henry fut littéralement bouleversé en apprenant qu’il lui fallait renoncer à ses projets de dévouement; il pensait d’ailleurs, avec juste raison, que l’honneur militaire lui faisait un devoir à lui, officier fusilier, attaché à la compagnie de débarquement, de marcher à la tête des hommes qu’il avait instruits. Après avoir pesé sa détermination, il alla trouver le commandant, et lui parla en des termes tels qu’il fut désigné à la place de l’aspirant. Je le vois encore, rayonnant de joie, nous annonçant la bonne nouvelle, tandis que notre camarade Darcy, chef du détachement, s’applaudissait d’avoir pour le seconder un officier de cette valeur.
<c L’enthousiasme d’Henry n’était pas irréfléchi, car il ne se faisait aucune illusion, a De deux choses l’une, nous
disait-il, ou il n’y aura rien, et ce sera un voyage d’agré-
ment; ou il y aura quelque chose, et ce sera terrible, nous n’en reviendrons pas. » Il avait envisagé de sang-froid la
QUELQUES LETTRES
pensée de ce qui l’attendait; il trouvait séduisante la perspective d’unir sa destinée à celle des missionnaires appelés au martyre. G était bien d’un sentiment de générosité chrétienne qu’il était animé, en nous serrant si gaiement
la main pour la dernière fois, à Tchéfou, le 29 mai au soir.
« Nous ne devions plus le revoir. A Pékin, son rêve fut réalisé; on le chargea de protéger, avec trente marins du D Enirecasteaux, le Pé-T’ang, résidence du vicaire apostolique, Favier, qui vous donnera des détails que nous ignorons encore.
(( Il a fait preuve d’un héroïsme bien français, dont ses parents peuvent être fiers, comme en est fière sa famille d’adoption, le carré du D’Entrecasteaux. Il nous a donné là, ainsi qu’à tous ses [camarades de la marine, un bel exemple à imiter.
(( Veuillez agréer, monsieur, de la part de mes camarades et de la mienne, l’expression de notre douleureuse sympathie en cette triste circonstance, et l’hommage de nos sentiments très respectueux.
<( Fournier,
« Lieutenant de vaisseau, chef de carré, »
Lettre de M. Darcy , lieutenant de vaisseau.
« Quimperlé, villa du Poradec, 1®'’ décembre 1900.
a Monsieur,
(( Je vous envoie les dernières lettres qui m’ont été adressées, à la légation de France, par votre héroïque enfant. Je suis persuadé que vous attacherez un grand prix à ces précieux souvenirs; cependant j’ai hésité à vous les faire parvenir, dans la crainte de raviver votre douleur, pardonnez-moi.
(( Dans ces lettres, — que je ne laisse pas partir sans regret, — vous verrez quelles étaient mes relations avec mon pauvre Henry, avec l’ami courageux, bon et affectueux, dont j’ai malheureusement été séparé dès le début du siège. ^
c( Je ne puis vous donner d’autres détails sur sa mort que ceux que Favier a dû vous donner; je vous répéterai, avec tous les missionnaires du Pé-T’ang : a C’est un héros que la France entière pleure, et dont la marine conservera pieusement le souvenir. »
(c Quant à moi, monsieur, je vous demanderai, en échange de ces lettres, une photographie, quelle qu’elle soit, de celui dont j’aurai toute ma vie devant les yeux la figure à la fois si douce et si énergique.
(c Veuillez croire, monsieur, à mes sentiments de res-
pectueuse sympathie.
<( Darcy. »
QUELQUES LETTRES
Lettre de M. /. Vigy , enseigne de vaisseau.
(( Boulogne-sur-Mer, le 26 décembre 1900.
(( Monsieur,
(( Mon nom vous est inconnu. J’étais, à l’École navale, le voisin d’étude de notre glorieux camarade, l’honneur de la promotion, votre fils, l’enseigne de vaisseau Paul Henry. Son nom est devenu pour nous un symbole, un signe de ralliement, comme un drapeau, et si chacun de nous a pris part à la cruelle douleur qui vous a frappé, chacun de nous a senti passer dans son cœur, au récit de sa mort, un frisson d’orgueil patriotique. Tout cela, monsieur, nous ne voulons pas l’oublier, et nous ne voulons pas qu’on l’oublie. Désireux d’affirmer et de resserrer, autour de la mémoire de ceux d’entre nous qui ne sont plus, les liens d’affection et de chaleureuse solidarité qui unissent à travers la vie, et par delà la tombe, les officiers d’une même promotion, nous avons résolu d’élever, avec votre assentiment, un monument en souvenir de notre camarade Henry.
(c C’est cet assentiment, monsieur, que j’ai l’honneur de venir vous demander au nom de toute la promotion 1893-1895, et j’espère fermement que notre projet, inspiré par des regrets profonds et aussi par un sentiment de légitime fierté, saura trouver le chemin de votre cœur si douloureusement frappé.
« J . V IGY ,
« Enseigne de vaisseau, à bord de l’/iis, Boulogne-sur-Mer. »
La pensée fraternelle, donnée ici comme un projet, a été réalisée.
Le 28 septembre 1901, a eu lieu la bénédiction du monument élevé à la mémoire de Paul Henry par ses camarades de promotion et par les officiers du D’ Entre caste aux. A là suite du service funèbre, célébré dans l’église de Plougrescant, les assistants et le clergé se sont rendus au sommet de la côte menant à Kergresq. Là se dresse, sur un piédestal de granit, un obélisque de granit également, sur lequel l’artiste, M. Hernot, de Lannion, a sculpté une croix, une ancre et une plume. Le piédestal porte cette inscription :
A LA MÉMOIRE DE l’eNSEIGNE PAUL HENRY
DU (( d’entregasteaux ))