Cf. Revue biblique, 1904, p
penser au millénarisme. Le Benedîctus salue le jour où Dieu, le Dieu d'Israël, va susciter une énergie dans la maison de David, pour affranchir le peuple du pouvoir de ceux qui le haïssent. Le peuple alors servira Dieu avec « une sainteté et une justice digne de ses regards » . La tendre miséricorde de Dieu visitera son peuple pour « éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort, pour diriger leurs pas dans la voie de la paix » . Dans le Nunc dimittis, le vieillard Siméon, homme juste, craignant Dieu, et qui attend « la consolation d'Israël », salue la venue de l'Oint du Seigneur, qui est « la lumière qui doit dissiper les ténèbres des nations et illustrer Israël » . La consolation d'Israël n'est plus une revanche, mais une lumière pour les nations, et pour Israël la paix, la justice, la sainteté, la rémission des péchés.
Mais que, cependant, autour de Jésus et parmi ses disciples mêmes on ait attendu de lui quelque restauration d'un royaume visible, c'est ce dont on retrouve la trace dans la tradition des récits évangéliques. Le Christ ressuscité ayant parlé aux disciples « de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre ce que le Père avait promis » , les disciples demandent : « Seigneur, le temps est-il venu où vous rétablirez le royaume d'Israël » {Act.,\, 6) ? Les disciples d'Emmaûs ont espéré de Jésus de Nazareth, « prophète puissant en œuvres et en
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paroles devant Dieu et devant tout le peuple », que €ce serait lui qui délivrerait Israël » (Luc, XXIV, 21). L'espérance juive en un avenir de consolation, de rédemption, de royaume rétabli selon l'idéal de David, était donc vivace et sensible assez pour s'attacher h Jésus, pour espérer de lui ce qu'il ne devait pas donner, et pour saluer en lui ce qu'il n'était pas.
Par une rencontre mystérieuse, dans l'évangile de l'enfance, l'ange Gabriel est seul à parler de restauration du trône de David. Il annonce à Marie que son fils s'appellera le fils du Très-Haut, que Dieu lui donnera le trône de David son père, qu'il régnera éternellement sur la maison de Jacob et que son règne n'aura point de fin (Luc, I, 32-33). L'Église ne s'est pas trompée sur la signification mystique de ce trône et de ce règne. Les paroles de l'ange sont prises au langage des prophètes et de Daniel : elles impliquent toutes les nuances de l'accommodation. Autant en dirons-nous des acclamations qui saluent l'entrée de Jésus à Jérusalem, le jour des Rameaux. Elles sont, en quelque façon, liturgiques. Elles rappellent les acclamations du psaume triomphal des processions montant au temple : « Jahvé, hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom de Jahvé ^ » Encore est-il que la