‹ L'enseignement de JésusChapitre 19 sur 23 · Cf. LagranO", Rev e bill que, 19JÎ5, p · texte numérisé non relu

Cf. LagranO", Rev e bill que, 19JÎ5, p

Dieu a oint de l'Esprit-Saint et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu, faisant le bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l'empire du diable; car Dieu était avec lui » (Acl., X, 37-38). Jésus en personne lisant dans la synagogue de Nazareth le texte d'Isaïe : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer la bonne nouvelle », le commente ainsi : « Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie » (Luc, IV, 21). Pour annoncer la bonne nouvelle, l'Évangile du royaume, Jésus a donc été oint ; et pour guérir les infirmes qui sont sous l'empire du démon, pareillement il est oint. Mais il n'est pas oint comme pouvait l'être d'huile un roi fils de David, il est oint d'une onction spirituelle, surnaturelle,, qui est l'onction de l'Esprit-Saint.

Les foules se sont précipitées sur les pas de Jésus émues de le voir guérir leurs malades.

Luc, VI. " Et descendant avec eux il s'arrêta dans une plaine, et il s'y trouvait une foule nombreuse de ses disciples, une grande multitude de peuple, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, qui étaient venus pour l'entendre et pour être guéris de leurs maladies. " Et ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs étaient guéris. " Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.

Mat., XIV. " Après avoir traversé la mer, ils \'iiirent dans le pays de Génésareth. " Et les gens de ce pays, ayant reconnu Jésus, envoyèrent dans toute cette région, et on lui amena tous les malades. " Et ils le prièrent de leur permettre seulement de toucher la frange de son manteau. Et tous ceux qui le touchaient étaient guéris.

Mat., XII. " Et une grande foule le suivit et il guérit tous les malades, " et il leur recommanda sévèrement de ne pas le faire connaître, " afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par Isaïe, le prophète : " Void mon serviteur que f ai choisi, mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, et il annoncera la justice aux nations. "Une contestera point, il ne criera points et personne n^ entendra sa voix sur les places publiques. " Le roseau cassé. Une le brisera pas ; la mèche qui fume encore, il ne réteindra pas, jusqu'à ce qu'il ait fait triompher la justice, "* Et les nations espéreront en son nom.

La vue des malades guéris par Jésus est doncl'expérience par laquelle les foules ont connu qu'une force plus qu'humaine était en Jésus. Et Jésus ne la dissimule pas. Aux pharisiens qui l'accusent de chasser les démons par Béelzeboul, « prince des démons » , le Sauveur donne à entendre que c'est par l'Esprit de Dieu qu'il les chasse. Malheur aux pharisiens qui trompent le peuple jusqu'à lui vouloir faire prendre l'Esprit-Saint pour le prince des démons.

]Mat., Xn. " C'est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre le Saint-Esprit ne sera point pardonné. " Quiconque parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné ; mais quiconque pariera contre le Saint- Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.

Jésus ne veut être qu'un serviteur, le serviteur sur qui Dieu a mis son Esprit, selon la parole d'Isaïe. Serviteur est synonyme de Fils de l'homme. Et pareillement oint est ici synonyme de serviteur. Les trois vocables sont associés dans la même pensée de dépendance devant Dieu.

Sans doute le mot oint ou Christ contient une idée d'élection et de gloire, mais Jésus sait que l'esprit charnel des Juifs n'a que trop de pente vers ces images d'apocalypse. Et par là s'explique qu'il interdise à ses disciples de lui donner le nom de Christ.

Marc, VIII. " Et Jésus s'en alla, avec ses disciples, dans les villages de Césarée de Phihppe, et, sur la route, il interrogeait ses disciples, leur disant : Qui dit-on que je suis ? " Ils répondirent : Jean-Baptiste ; d'autres, ÉUe ; mais d'autres, l'un des prophètes. " Et Jésus les interrogeait : Mais vous, qui dites- vous que je suis ? Pierre répondant lui dit : Tu es le Christ. "^ Et il leur recommanda sévèrement de ne dire cela de lui à personne.

Saint Marc et saint Luc (IX, 21) sont d'accord

pour mettre sur les lèvres de Jésus cette injonction de silence, qui n'est pas, comme on l'a voulu récemment, un artifice des évangélistes en vue d'expliquer pourquoi Israël n'a pas reconnu en Jésus le « Christ » tel que l'attendaient et le décrivaient les scribes. Cette injonction de silence est solidaire de l'idée de serviteur que Jésus veut donner de sa personne et de sa mission. « Tu es l'oint», dit saint Pierre, « tu es le Christ » : et Jésus ne saurait le nier, mais il veut donner à ses disciples cette injonction aussi, que ces vocables d'honneur sont de ceux qui compromettent la leçon que son humilité porte avec elle. Il leur enjoignait ailleurs de ne se point laisser appeler Rabbi, ni Père, ni Maître : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » (Mat., XXIII, 11). Profonde parole à laquelle saint Jean donnera toute son ampleur quand il décrira Jésus lavant les pieds de ses disciples : < Vous m'appelez le maître et le Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc, moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds..., le serviteur n'est pas plus grand que son maître, ni l'apôtre plus grand que celui qui l'a envoyé » (Jean, Xm, 12-17).

L'injonction de silence porte sur le vocable « Christ » , en tant que ce vocable éveillerait une pensée d'éclat et de gloire. Par ailleurs Jésus ne cache pas les miracles qui se multiplient sur ses

pas, mais il ne permet point qu'on voie dans le bien qu'il fait l'annonce et comme le prélude de l'ère messianique attendue des foules. « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » lui demandent deux disciples de Jean- Baptiste en quête du justicier de la « colère qui vient » . Mais, sous leurs yeux, Jésus guérit des infirmes, des possédés, des aveugles.

Luc, Vn. " Puis il leur répondit : Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. " Et heureux celui qui ne sera pas scandalisé en moi I

Jésus ouvertement revendique la vertu que Dieu lui a donnée pour les infirmes qu'il guérit. Peutêtre sa réponse implique-t-elle en outre le beau sens spirituel développé par saint Augustin sur les pécheurs, eux aussi infirmes, et sourds, et aveugles, et lépreux, et morts, rappelés à la santé et à la vie. Et Jésus insiste : « La bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. » Le serviteur qui apporte le message divin est bien vraiment « celui qui doit venir », mais non dans la gloire oii on l'attendait. Voilà pourquoi « heureux celui qui ne sera pas scandalisé » en le découvrant tel. Dans le même sens, Jésus peut dire à Pierre qui vient de lui donner le

nom de Christ : « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas, parce que la chair et le sang ne te l'a pas révélé, mais mon Père qui est dans les cieux » (Mat., XVI, 17). Jésus n'est donc pas Messie selon la chair et le sang, mais selon la volonté du Père. La chair et le sang du peuple d'Israël espèrent de Dieu un prodige plus sensible que celui de l'Évangile prêché aux pauvres. Le Messie attendu viendra soudain et sans qu'on sache d'oti*. « Quand le Christ viendra, personne ne saura d'oiï il est » (Jean, VII, 27). Et « quand le Christ viendra », les miracles éclateront sur sa route {Id., 31). Aussi les scribes et les pharisiens réclament-ils de Jésus quelques signes plus éclatants que les miracles de bonté qu'il sème humblement partout oii il passe. Les sadducéens se joignent à eux. On devine que là est le critérium auquel ils veulent tous juger : « Ils demandent à Jésus de leur faire voir un signe venant du ciel » (Mat., XVI, 1). Mais Jésus répond toujours par la même réponse :

Mat., XVI. * Une race méchante et adultère demande un signe, et il ne lui sera pas donné d'autre signe que celui du prophète Jonas.

Mat.jXII. " Cette génération méchante et adultère demande un signe, et il ne lui sera pas donné d'autre signe que celui du prophète Jonas.

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