Études évangéliques (Paris 1902), p
L'enseignement en paraboles, qui, transporté en terre hellénique ou latine, n'y eut pas d'imitateur, est, pour une part, un genre tout juif, et pour une part une originalité évangélique. On rappelle dans l'Ancien Testament l'apologue des arbres qui demandent un roi, au livre des Juges (IX, 8-15), l'apologue de la brebis du pauvre, au second livre de Samuel (XII, 1-7). Ces antécédents isolés n'auraient pas suffi à créer le genre. On ne peut guère mieux parler des paraboles rabbiniques du Talmud, lesquelles sont d'ailleurs attribuées à des rabbins postérieurs à Jésus, puisqu'ils sont du second siècle de notre ère.
«c II ne paraît pas, écrit M. Loisy *, que le genre parabolique ait été beaucoup employé autour de Jésus et avant lui par les docteurs juifs ; la tradition évangélique est d'origine palestinienne, et cette tradition garantit que l'enseignement du Sauveur parut nouveau. L'impression de nouveauté résultait certainement de la forme au moins autant, sinon plus, que du fond. . . Il est probable que, si les rabbins avaient eu coutume de parler en paraboles, les rédacteurs des deux premiers Évangiles, bien au courant des choses juives, ne l'auraient pas ignoré, et ils ne se seraient pas exposés à la dérision des Juifs en montrant dans les para-