BIBLIOTHEQUE
du
CoLLEGB SaINT-JêAN Edmonton ■
révéler une situation affligeante. Sauf d’heureuses exceptions, les enfants, lorsqu’ils quittent l’école primaire, n’en ont pas encore fini avec ces difficultés matérielles de lecture : elles ne leur permettent pas d’avoir la liberté d’esprit nécessaire pour s’appliquer tout entiers aux idées que renferme le texte, pour y goûter un plaisir sans peine : ils déchiffrent, ils ne lisent pas, à proprement parler. En d’autres termes, l’école n’amène pas tous ceux qui la fréquentent au point où ils aimeraient la lecture et s’en feraient une habitude pour la vie. Dès lors, ils sont presque fatalement condamnés à oublier ce qu’ils ont appris en classe; et lorsqu’ils sont obligés de prendre connaissance de quelque écrit, lorsqu’ils veulent parcourir un journal, ils n’en comprennent pas complètement le sens, et écorchent la moitié des mots.
Admettons cependant que l’enfant arrive à lire convenablement; reste à savoir écrire correctement, travail énorme, qui absorbe inutilement la meilleure partie du temps de la scolarité. Un seul exemple permettra de comprendre pourquoi et comment.
S’agit-il d’apprendre à écrire la voyelle nasale an? elle est rendue par an, dans pan, tan, van; mais d’abord, dans beaucoup d’autres mots, il faut ajouter une ou plusieurs lettres nulles dans la prononciation : banc, grand, sang, dans, gant.