‹ L'enseignement de la langue franaise: ce qu'il est, ce qu'il devrait tre dans l'enseignement primaire - Cours de MthodologieChapitre 16 sur 89 · L’ADMINISTRATION NE COMPREND PAS · texte numérisé non relu

L’ADMINISTRATION NE COMPREND PAS

Mais si dans ce débat;, le Ministère n’a point manifesté d’opinion, c’est surtout qu’il n’en avait pas; il n’a pas compris l’intérêt de la réforme pour l’école populaire. On a pu espérer qu’il accorderait aux vœux répétés du Conseil supérieur au moins quelques changements anodins qu’il avait fait, cette fois, préparer dans le secret de ses bureaux. C’était un diminutif des modifications proposées jadis par le Kecteur Gréard à l’Académie, c’est-àdire une simili-réforme destinée à faire taire ceux qui réclament, non à guérir le mal dont nous venons de parler. Elle est abandonnée à son tour. Les pédagogues n’ont aucune amélioration sérieuse à attendre, pour le moment, de ce côté; au reste il est probable que les simplifications n’auraient été que tolérées, comme les simplifications de l’arrêté de 1901. Or les maîtres, n’étant pas surs que les tolérances sont réelles, n’osent pas en user.

Y a-t-il quelque autre moyen de diminuer le mal? On en a déjà timidement essayé un. Depuis 1901, on a ajouté à l’épreuve de la dictée d’orthographe donnée à l’examen du brevet élémentaire des questions (cinq au maximum), relatives à l’intelligence du texte (définition du sens d’un mot, d’une expression ou d’une phrase, analyse d’un mot ou d’une proposition). Cette deuxième partie üe l'épreuve, qui doit être compensatoire, est cotée

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de 0 à 10, comme la dictée elle-même. Une réforme semblable a été opérée en 1903 à l’examen du certificat d’études primaires élémentaires. C’est un progrès, un grand progrès!

Mais, jusqu’à présent, la note relative aux questions d’intelligence reste le plus souvent très basse, car les candidats et leurs maîtres continuent à ne pas compter sur ces points-là, ils travaillent à avoir une bonne épreuve d’orthographe, qui assure la réussite à l’examen. La réforme n’a pas produit les bienfaits qu’on pouvait en attendre.

Aussi a-t-on demandé de diminuer encore le coefficient de l’orthographe à l’examen, et de réduire dans les classes le temps qui est consacré à l’enseigner. Mais cela est plus facile à proposer qu’à réaliser. Supposons que le maître ne soit plus jugé sur la dictée de ses élèves, supposons qu’il lui soit prescrit de diminuer les heures attribuées à l’étude spéciale de l’orthographe. Admettons qu’on soit d’accord pour négliger, dans tous les devoirs écrits, la correction matérielle, qu’il s’agisse d’une rédaction ou d’une composition d’histoire. Voilà un grand bienfait, sans doute ; désormais on ne perdra plus à remettre des lettres inutiles le temps qui doit être consacré à des enseignements de fond. Mais jusqu’où est-on décidé à aller dans cette voie? Quelques-uns ont demandé la suppression de la

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