‹ L'enseignement de la langue franaise: ce qu'il est, ce qu'il devrait tre dans l'enseignement primaire - Cours de MthodologieChapitre 2 sur 89 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Les méthodes traditionnelles.

Scepticisme justifié des meilleurs maîtres.

L’enseignement de la Grammaire est peu en faveur à l’heure actuelle.

Les instituteurs primaires avouent, à peu près universellement, que leurs élèves n’y prennent aucun intérêt. Sans doute, les enfants étudient et récitent leurs leçons, mais machinalement : ces règles abstraites, encombrées d’exceptions et de sous-exceptions, ne pénètrent pas réellement leur esprit; ils font, tant bien que mal, les devoirs écrits qui accompagnent ces règles dans leurs livres; mais on ne constate guère que cette étude, qui leur coûte tant de peine, ait une influe’/^e profonde,

l’f.nseign. de la langue franç. 1

soit sur leur langage, soit sur leurs rédactions ; des exercices immédiats d’application la correction ne s’étend pas à leur usage quotidien, comme elle le devrait.

Dans l’enseignement secondaire, bien des professeurs, que les études historiques ont éclairés sur la valeur réelle d’un grand nombre de règles, se refusent à consacrer leurs efforts à un enseignement qui leur semble ou funeste, ou au moins inutile. Ils manifestent même pour lui devant leurs élèves, déjà assez peu enthousiastes, un scepticisme élégant qui n’est que trop justifié.

Toutefois, si de nombreuses critiques ont été faites aux manuels en usage, il ne s’agissait jusqu’ici en général que de chicanes de détail, de protestations partielles du bon sens contre des pratiques vieillottes ou des règles saugrenues. Si bien que ces reproches ne parvenaient pas à émouvoir le personnel enseignant, parce qu’ils laissaient subsister l’ensemble de la doctrine et de la méthode. Aujourd’hui, c’est cet ensemble qui est mis, et qui doit être mis en question.

Car, si on se désintéresse de l’enseignement grammatical, si on le discute, si même, par endroits, maîtres et élèves l’abandonnent, ce n’est pas que personne s’avise de soutenir qu’il soit inutile de savoir, et de savoir bien le français. D’autres

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