‹ L'enseignement de la langue franaise: ce qu'il est, ce qu'il devrait tre dans l'enseignement primaire - Cours de MthodologieChapitre 25 sur 89 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L’école doit enseigner le français, non la grammaire. Qu’est-ce qu’enseigner le français?

Pour remettre l’enseig^nement de la langue française dans Savoie, il faut, comme on le fait à propos de tout autre enseignement qu’on veut introduire ou conserver dans les programmes des écoles primaires, se demander d’abord : Est-il utile à la vie pratique? — Est-il éducatif? — Comment sera-t-il le plus utile? — Comment sera-t-il le plus éducatif?

Il est évident que non seulement l’acquisition de la langue est un des modes de la formation de l’esprit, mais qu’elle en est la condition nécessaire. Je me réserve de montrer plus loin quels profits de toute sorte on peut tirer de cette étude, si on a soin de ne pas séparer les phrases et les mots des idées dont ils ne sont que les signes. Pour le moment, je voudrais m’en tenir à l’objet propre et direct de cet enseignement. Que veut-on? Que doit-on vouloir? Faire des grammairiens? Nullement.

La grammaire ne doit pas être enseignée pour

elle-même. L’enfant vient à l’école primaire pour apprendre la langue. A certains degrés, dans les lycées et collèges, par exemple, on peut se demander s’il n’est pas utile d’acquérir des notions grammaticales plus approfondies, qui serviront de base de comparaison pour l’étude d’autres langues enseignées dans ces établissements. Mais, à l’école primaire, les notions indispensables peuvent être singulièrement réduites. Sans doute, on ne saurait se passer de savoir ce que c’est que le singulier, le pluriel, le féminin, l’actif, le passif, etc., parce que ce sont là des connaissances dont on aura à faire usage chaque fois qu’on en vient soi-même aux applications des règles du langage. Seulement, au lieu de chercher à les étendre, il faut s’efforcer de les restreindre à un minimum, et, pour mon compte, si je n’y avais pas été contraint par les programmes d’examen, je n’eusse pas, malgré les préjugés des maîtres, laissé dans la Méthode Brunot-Bony bien des choses qui y sont encore, et qui, je l’espère, en disparaîtront peu à peu.

Distinguer un verbe au passif, ou même pouvoir dire ce que c’est, cela est indispensable, je le veux t)ien, mais en vue d’autre chose, qui est : savoir reconnaître ce verbe et en comprendre le sens quand on lit, puis s’en servir à son tour, quand on en aura l’occasion et le besoin.

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