OBJET DE L’ENSEIGNEMENT GRAMMATICAL
il chantera; ni entre la 1^® et la du pluriel nous chanterons, ils chanteront.
L’imparfait lui offre, comme le présent, quatre formes ayant la même prononciation : je chantais, tu chantais, il chantait, ils chantaient.
Il y a plus : le passé simple ; je chantai, est complètement inconnu à cet enfant. 11 n’emploie que le passé composé : }ai chanté. Même ignorance du passé antérieur : ]cus chanté, et, en outre, de l’imparfait du subjonctif, etc.
On voit donc que si, sur certains points, la langue écrite et la langue parlée se correspondent, très souvent la correspondance n’existe pas. La langue française, considérée dans son ensemble, est en effet aujourd’hui composée : 1° d’éléments communs à la langue écrite et à la langue parlée, que la pratique enseigne à l’écolier; 2° d’éléments, vivants aussi sans doute, si l’on veut, puisqu’on en use dans la langue écrite, mais que la langue parlée ne connaît pas, et qui sont pour l’enfant comme une langue étrangère.
Cette langue étrangère, il devra l’acquérir tout entière par l’enseignement, et l’on voit tout de suite que ce sera autre chose pour le maître d’enseigner ce qui est dans l’usage de l’enfant, et d’enseigner ce qui n’y est pas. Y faudra-t-il deux méthodes distinctes et consécutives? Je ne le pense
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pas. Maison ne sera obligé ni de mettre sur le même [ plan tous ces éléments, ni de les enseigner tous à ! la fois. D’autre part, il est bien certain qu’on ne j saurait retarder des leçons qui apparaissent d’abord comme peu nécessaires. Ainsi, a 'priori, on pour- ' rait remettre à plus tard l’enseignement de nom- , breux détails orthographiques, qui ne sont que des ; souvenirs d’usages morts depuis longtemps, mais l’expérience avertit que, si on laisse enraciner de mauvaises habitudes graphiques, il devient par la suite extrêmement difficile de les détruire. ;
Or, il n’a été question jusqu’ici que d’un enfant chez qui rien n’est venu se mélanger aux formes françaises proprement dites. Cet enfant existe-t-il?
A vrai dire, la deuxième partie du programme, destinée à corriger le langage, moins vaste que la première, est encore très étendue, car il y a bien peu de milieux où la tangue employée soit le pur français; et le nombre de faits qu’on peut étudier, en s’appuyant exclusivement sur l’usage spontané que l’élève fait de la langue, est, dans les campagnes surtout, assez limité.
A Paris même, et Jusque dans la bourgeoisie, l’avènement de la démocratie a généralisé l’emploi de termes pris à la langue populaire et à l’argot, qui, peu à peu, pénètrent le vocabulaire général.
A la Chambre, un député a pu dire qu’une ville ne