‹ L'enseignement de la langue franaise: ce qu'il est, ce qu'il devrait tre dans l'enseignement primaire - Cours de MthodologieChapitre 32 sur 89 · NÉCESSITÉ D’UN ENSEIGNEMENT MÉTHODIQUE · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ D’UN ENSEIGNEMENT MÉTHODIQUE

Assurément, des lectures bien choisies, surtout quand elles sont méthodiquement expliquée?^ augmentent rapidement le vocabulaire des enfants. Elles ont le très grand avantage de présenter les mots employés, c’est-à-dire éclairés par le contexte, qui en facilite l’intelligence et l’acquisition. On arrive de même, par l’imitation des formes et des tours, à s’approprier des syntaxes en apparence inaccessibles.

Il n’entre en aucune façon dans ma pensée de contester ces résultats. Je les reconnais même si grands qu’à mon sens, qu’il s’agisse d’enseigner des mots ou des formes, il faut toujours montrer ces mots ou ces formes en fonctions, c'est-à-dire dans un texte.

Mais là n’est pas le point. Ce qu’il s’agit de savoir, c’est si l’œuvre d'un auteur, si même des morceaux pris çà et là pour former un livre de lectures, et, par conséquent, choisis pour toutes sortes d’autres causes, et en raison d’autres mérites, peuvent fournir à eux seuls un enseignement raisonné et suffisamment complet du vocabulaire et de la grammaire.

D’abord, où sont les œuvres où l’on trouvera réuni en quelques lignes le matériel d’une leçon de vocabulaire? Où seront groupés les noms d’animaux que l’on juge utiles à connaître? Où les noms de fleurs, etc. Nul n’écrit pour faire entrer systé-

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matiquement tous ces mots dans un texte littéraire. J On n’arrivera jamais à découvrir des pag-es où tout | ce qu’on désirerait rencontrer se rencontrera, et | dans l’ordre qu’on voudra. Et quand, par un hasard 1| heureux, on sera tombé une fois sur le texte rêvé, j il renfermera, presque sûrement, d’autres choses ! que l’enfant ne connaît pas encore, et qu’on ne J veut pas lui montrer. |

Cette observation est particulièrement grave quand il s’agit de grammaire française. Dans les textes, même les plus simples, que rencontre-t-on? Justement des formes exceptionnelles, des verbes, simples de sens, assurément, mais irréguliers de forme ; faire, prendre, recevoir, lire, qui sont très usuels, parce qu’ils sont très anciens. Peut-on vraiment commencer par ceux-là l’étude de la grammaire? Qui osera le prétendre? Et, puisqu’on ne peut pas se procurer des textes d’écrivains ne renfermant pas ces verbes, on est obligé de composer des morceaux d’où on les éliminera. Dès lors, ce sont des exemples préparés en vue d’une leçon spéciale, ce ne sont plus des textes ordinaires de lecture.

On pourrait faire bien d’autres objections. Si la lecture porte sur un texte de l’époque classique, on y trouve des termes qui ont disparu de la langue, ou qui ont changé de sens. N’a-t-on pas, pour cela,

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