LE MOT NE DOIT JAMAIS ÊTRE ISOLÉ
c’est donc que cette plante? » Mon interlocuteur Fignorait.
Le principe que Je viens de poser entraîne une première conséquence : la voici. On devra, tout comme pour une langue étrangère, commencer l’étude du vocabulaire par les noms des objets qui sont à la portée de l’enfant, sous sa main, dans son usage. Les premiers adjectifs exprimeront les qualités qu’il constate dans ces objets familiers; les premiers verbes diront les actions qu’il exécute lui- même, ou voit exécuter autour de lui.
En second lieu, les livres, dictionnaires ou autres, fournissent et doivent fournir des listes de mots, classés de diverses manières; mais il ne faut jamais faire apprendre par cœur à l’enfant une de ces listes. Ce sont des matériaux destinés à l’enseignement, non des leçons faites. Certes, le mot, isolé d’une phrase, peut finir par entrer dans la mémoire. Mais quel travail ingrat et infécond que celui qu’on nous imposait jadis avec les Jardins de racines quelconques, que nous nous ingurgitions par ordre alphabétique. Il faut se souvenir que nous ne parlons pas par mots détachés, mais par groupes de mots, si bien que souvent un mot n’a aucun sens en dehors du groupe dont on l’extrait. Fournie, longue, renard, queue, s’imposeront bien
l’enseign. de la langue franç.
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plus vite à l’esprit s’ils sont dans la très simple yhrase : Le renard a la queue longue et fournie. Le iuccès sera bien plus sûr encore, si en même temps l’élève voit cette queue sur une image.
Il faut ajouter qu’un mot ayant plusieurs sens, je ne puis avoir l’intention de les faire tous connaître. Si donc je l’insère dans un texte, je l’y ferai venir avec le seul sens que je juge devoir faire comprendre. Prenons l’exemple très simple du mot « règle ». J’entends éloigner, pour le moment, le sens de « précepte de conduite » ou celui « d’opération d’arithmétique ». En mettant le mot dans la proposition : Je tiens ma règle, ou : ma règle est carrée, le mot est fixé au sens que je veux lui donner. L’intuition a fait son œuvre,
Et ainsi je simplifie ce qui, de sa nature, est complexe. Car déjà, par une merveilleuse adaptation du génie humain, le mot, enchâssé dans une phrase, apparaît à peu près toujours à celui qui l’entend dans le sens où le prend celui qui parle. Je m’arrange pour que la vue des choses achève d’empêcher toute confusion.
Ces principes posés, je n’indiquerai pas les exercices de début propres à les mettre en pratique, tant il est facile d’en inventer ou d’en trouver partout. Un des plus usuels consiste à demander d’abord à l’élève de chercher un mot qui manque