QUELQUES AUTRES ERREURS PARMI BEAUCOUP
p[ier, prouvent surabondamment que la matière grammaticale doit être renouvelée sur bien des points. Pour être enseignée avec fruit, il faut qu’elle se débarrasse de vieilleries, trop longtemps conservées dans des livres qui se recopient les uns les autres, et qu’elle soit mise en harmonie avec la réalité présente.
Le maître, en se plaçant résolument en présence de la langue parlée, devra se demander à chaque affirmation : « Ce que j’enseigne, ce que mon livre enseigne, est-il réel? Est-ce ainsi que je fais en parlant? Ma règle est-elle juste, ou n’est-ce qu’une vaine formule? »
Tant que cet esprit nouveau n’aura pas pénétré, tant qu’on fera apprendre mécaniquement des règles artificielles, contredites par l’usage, ces règles n’auront aucune prise sur l’enfant, aucune influence sur l’emploi qu’il fera de la langue.
Aujourd’hui, s’il est doué de quelque esprit d’observation, après avoir constaté que l’usage contredit à chaque instant ce qu’on lui apprend, il perd la foi dans l’enseignement qu’on lui donne, et, quelquefois dans le maître qui le lui donne.