NI POUR L’ANALYSE, NI PAR L’ANALYSE
fin de 1908 S des propositions très sensées à ce sujet. On cherche un système à la fois assez général pour y faire entrer les faits et assez simple pour ne pas perdre les enfants dans un dédale inextricable. Malheureusement ce système n’existe pas; et les maîtres savent qu’il n’y a d’analyse possible que sur de bons petits textes, préparés et arrangés à l’avance. S’il fallait donner en exercice à une classe quelconque une colonne d’un journal du jour, personne ne serait sûr d’en sortir, ni élève, ni maître, ni directeur, ni inspecteur. J’ajoute que moi-même, je serais peut-être capable d’expliquer les raisons historiques qui ont amené la formation de telle ou telle locution, de telle ou telle forme de langage; je me déclare tout à fait impuissant à lui'mettreune des étiquettes en service, ou à fournir un jeu d’étiquettes pour une nouvelle classification.
J’ai déjà fait allusion aux formes impersonnelles, qui sont en pleine évolution. Bien hardi sera celui qui y marquera le « sujet logique » ! Qu’on essaie d’analyser la simple phrase : « Il y a dix ans de cela ». Si j’avais la chance de redevenir écolier, je dirais que c’est un gallicisyne. Avec ce mot qui ne veut rien dire, on se tire de tout. Mais d’analyser la phrase logiquement, point d’espoir»