ORDRE FONDÉ SUR LES IDÉES A EXPRIMER
très générale de l’ensemble. Immédiatement à la suite de la qualification, vient l’étude de la manière d'être, des caractères de l'action, si intimement liés aux caractères de l'être. Puis on passe aux circonstances de cette même action, aux circonstances de lieu, de temps, de moyen; on examine les tenants et les aboutissants de l’action, les origines, la cause, puis les suites, c’est-à-dire le but, les conséquences. Enfin, les actions peuvent être conditionnées par d’autres, elles ont un rapport avec nous-mêmes, elles créent en nous des états de conscience, des volontés ; elles nous apportent tantôt la certitude, tantôt le doute; elles provoquent ou nos désirs, ou nos regrets. Tout cela a ses formes dans le langage : nous avons réuni et exposé systématiquement les principales d’entre elles.
Mais, présenté ainsi, dira-t-on, un livre de grammaire aura un faux air de psychologie! Pour celui j qui en voit l’enchaînement, peut-être. Et, après |‘ tout, où serait le mal, si l’exposé des faits n’est I gêné ni obscurci par aucune spéculation déplacée, si les exemples sont pris à la vie quotidienne? On ! peut évidemment s’occuper de la cause à propos I des origines du monde, mais on le peut aussi à ; propos d’une machine à coudre qui ne marche I plus. On peut rechercher les conséquences de l’hypo- ; thèse atomique dans les diverses sciences, on peut
i l’kmseign. de la langue franç. H
aussi songer aux conséquences pratiques et terre à terre de l’acte d’un enfant qui lance une pierre étourdiment.
Et sur ces choses familières, l’enfant se forme à comprendre et à raisonner. S’il développe son esprit, en apprenant à employer les modes, veut-on l’en empêcher?
On trouvera sans doute, et nul ne le souhaite plus que moi, dix autres moyens rationnels de conduire un cours de langue française, en abandonnant l’ordre ancien. Je n’ai cité celui-ci que pour encourager à les chercher hors des abstractions scolastiques ordinaires.