LA LANGUE EST UN FAIT SOCIAL
(cuits. Il suffît d'ouvrir un chapitre de syntaxe pour trouver des exemples de cette manie raisonnante, qui a fait tort non seulement à l'enseignement de lia langue, mais encore à la langue même. Depuis le temps où « tes père et mère » était une expression condamnée comme formant une union illogique de pluriel et de singulier, jusqu'à hier, où l'on réprouvait : « me causer », malgré l'autorité de ;Corneille, de Rousseau, de vingt autres, et l'analogie de me parler, que d'ergoteries inutiles, que Ide décisions arbitraires, dont souvent notre français Ua pâti !
Or, toutes les études modernes de linguistique bositive et scientifique ont détruit pour toujours les llexplications fondées sur la logique. La langue est iun fait social ; comme tous les phénomènes sociaux, [lelle est le produit du passé. On peut se borner à en connaître l'état présent par l'usage quotidien. Si il'on veut savoir pourquoi elle est ce qu'elle est, c'est au passé qu'il faut en demander l'explication. Ipn y voit que les transformations spontanées des [sons, la substitution inconsciente des formes les Lunes aux autres, et, à certaines époques, les décidions arbitraires des grammairiens, des écrivains, Ivoire des gens du monde, ont eu une influence ||incomparablement plus forte que le raisonnement let la réflexion dans la constitution de notre langue.
La langue n'est pas une création voulue et rrlléchie : la Grammaire n'est pas une forme de la Logique, c'est une science d'observation, qui doit être faite ^inductions et non de déductions.