LES VARIATIONS DE SENS
suffire au maître pour faire saisir par quels procédés l'esprit fait passer le mot « plume » d'un sens |'i un autre. On peut exposer quelques exemples de ce genre, qui montreront la mobilité du langage. La portée de cette leçon est, en effet, très haute; elle doit avertir l'élève de la facilité avec laquelle es autres et lui-même donnent aux mots, consciemnent ou non, fies sens nouveaux.
Mais, pour la pratique de la langue et du style, ivec des leçons moins ambitieuses, on atteint à l'excellents résultats. On proposera, par exemple, in terme général à analyser. Voici le mot gibier. ^'écolier aura à chercher le nom de tous les aninaux auxquels s'applique cette appellation. On lui lonnera le mot voiture, et il devra énumérer en les ppelant par leur nom, les diverses espèces de voiures qu'il connaît. Cet exercice de découverte peut levenir, en même temps, un exercice de classement, es différents noms étant rangés d'après un ordre îaturel. On distinguera par exemple : les voitures . bras; les voitures à traction animale; les voitures . locomotion mécanique, comme autant de genres, l/élève aura un autre iour à découvrir les diverses !ctions qui se résument par le terme construire une liaison ou confectionner une robe.
I Inversement, en partant des termes particuliers : hèval, bœuf, il peut s'élever aux termes généraux :
an /maux domestiques ou mammifères, suivant le cas. Labourer, semer, herser doivent le conduire au I verbe cultiver.
Faut-il faire expliquer des mots? Rarement, carf c'est là un exercice théorique, plus facile toutefois, f s'il est oral.
On s'exposerait à des mécomptes en demandant des définitions. Comment exiger que l'enfant fasse ce que des livres même font le plus souvent si II mal? Ou l'élève répète le mot qu'il s'agit d'expliquer, ou il tourne autour sans rien préciser. Je i| reconnais — et c'est pour cela qu'il est impossible de proscrire absolument l'exercice — que, dans certains cas, par exemple lorsqu'il s'agit de mots de science, les révisions exigent que l'on s'assure ! si les mots techniques ont été compris. Encore peut-on éviter bien souvent les définitions.
En somme, en fait de définitions, l'enfant n'est1 guère plus maître de celles qu'il répète que de celles qu'il crée. Ce sont pour lui des formules qu'il brouille I et débite sans les comprendre. Une petite fille, très cultivée, à qui on demandait ce que c'est que; Dieu, répondit : « Dieu, c'est un être infiniment bon, infiniment grand, entouré d'eau de tous! côtés! » La description des choses vaut mieux, enl général, qu'un essai de définition des choses.
Depuis longtemps, pour faire comprendre le sens1