‹ L'enseignement de la langue française, ce qu'il est - ce qu'il devrait être dans l'Enseignement primaireChapitre 7 sur 104 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Où l'État-Providence fait mine d'intervenir. — La simplification et l'unification des nomenclatures.

En 1906 eut lieu, au Musée pédagogique, à Paris, une série de conférences sur l'enseignement de la grammaire ancienne et moderne. L'une d'entre elles avait pour objet les nomenclatures grammaticales. M. Sudre, professeur au lycée Montaigne, montra avec une grande force qu'il était nécessaire et urgent d'unifier et de simplifier la nomenclature, et la réunion vota un vœu dans ce sens. M. le Recteur se laissa convaincre, et chargea une Commission d'étudier la question l.

La Commission s'est mise bravement à l'œuvre. Un premier rapport, rédigé par M. Maquet, fut

1. 11 est intéressant de constater que pareille entreprise était tentée en même temps à Berlin, professeurs et instituteurs souffrant en Allemagne du même malaise qu'en France. En Angleterre, un Comité, qui m'a fait l'honneur de me nommer correspondant pour la France, travaille également en ce moment à réduire et à unifier la terminologie.

transmis à l'autorité, qui demanda une révision du travail, révision nécessaire du reste. Aujourd'hui, après de laborieuses séances, l'œuvre est terminée. Un rapport, que j'ai fait en collaboration avec M. Maquet, est soumis à l'approbation ministérielle. Il a paru dans diverses revues, en particulier dans le Volume du 13 mars 1909, et dans la Revue universitaire Au 15 avril 1909. Tous les instituteurs ont donc pu en prendre connaissance. Si le projet peut aboutir et recevoir la sanction du Conseil supérieur, un très grand progrès sera fait, et c'est pourquoi j'ai donné à la Commission tout mon concours, c'est pourquoi aussi je lui ai abandonné bien des théories et des observations qui m'étaient personnelles, avec autorisation de les faire siennes.

La nouvelle nomenclature se recommande à tous les maîtres soucieux de progrès. Ses choix sont bons, en général; ses exclusions méritent tous les éloges. Les mots prétentieux et inutiles : verbe substantif, proposition complexe, incomplexe, directe, inverse; les mots vagues, tels que verbe neutre, sources d'erreurs quotidiennes, disparaissent. L'incidente explicative et l'incidente déterminalive vont cesser de se disputer les subordonnées.

Je dirai plus; parmi les mots qui restent, ceux qui sont mauvais perdent leur force nocive. Il est rappelé expressément qu'ils sont des appellations,

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