‹ L'enseignement de la langue française, ce qu'il est - ce qu'il devrait être dans l'Enseignement primaireChapitre 84 sur 104 · RÉDUISONS LES ANALYSES · texte numérisé non relu

RÉDUISONS LES ANALYSES

Qu'on les subisse, soit! mais qu'on cesse de les chercher, ainsi que le fait l'analyse, dont c'est actuellement, hélas! un des principaux objets.

Il faut aussi se déshabituer de donner des analyses générales : on ne fait que bien rarement des révisions d'ensemble, et elles risquent d'être confuses. Ce que demandent avec raison les pédagogues, c'est que, de temps en temps, on jette un coup d'œil en arrière, pour s'assurer que les choses apprises sont désormais sues. L'analyse offre un moyen de contrôle, parmi d'autres. Ainsi, on aura enseigné les féminins. Chercher, dans un texte donné, les adjectifs et les noms féminins, voilà un objet d'analyse partielle et utile, qui, au reste, ne différera en rien d'un exercice ordinaire.

Comme tous les autres exercices, celui-ci devra être gradué. Ainsi on aura commencé par voir à quoi se rapportent les compléments divers dans une phrase; ce sera une connaissance essentielle, longue à acquérir; il conviendra de vérifier par des essais d'analyse si le résultat est obtenu.

Ensuite on étudiera lentement, et un à un, les procédés par lesquels un complément ou une proposition se rattachent à un terme quelconque ; on apprendra à reconnaître si la construction est directe ou indirecte, c'est-à-dire s'il y a, ou non, un mot exprès pour faire le lien. La Commission

des nomenclatures a accepté, d'après la méthode Urunot-Bony, ce système si commode : « des pompiers, la hache à la main » (construction directe), « des pompiers, avec une hache à la main » (construction indirecte). Quand on voudra constater si les élèves voient hien nettement la façon dont les compléments s'unissent au complété, une révision appropriée, ou plusieurs, seront à leur place.

Enfin, ce n'est rien de savoir qu'un mot est le complément d'un autre, voire même qu'il en est le « complément direct » ou « indirect », si on ne sait pas en quoi le second complète le premier. Après qu'on aura étudié les compléments qui indiquent le temps, par exemple, il sera tout naturel de faire chercher à l'enfant les compléments de temps dans une phrase ou un morceau.

A ce degré l'analyse pourra devenir complexe. Si on le veut, au lieu des compléments d'un seul ordre, ceux de deux, trois, quatre ordres différents pourront entrer en jeu. Tout à la fin, peut-être pourrait-on arriver à faire observer tous les compléments. Mais, vraiment, sera-t-il utile alors d'interroger en même temps sur le reste de la phrase? A quoi bon faire passer en revue les autres éléments qu'elle contient? N'est-ce pas le moyen d'embrouiller ce qu'on prétend démêler? Qu'un élève, arrivé déjà à un complet développement, s'y

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