TITRE XXIX
QUESTION : La mesure composée.
,6 6 9 12 Mesures à -g, g* g* -g--
; 392. — Nous avons constaté déjà que, dans les mots, certaines syllabes Résumé des notions
sont plus appuyées que d'autres, qu'elles portent un accent ; que les mots concernant les mesures
peuvent être groupés de telle façon, que, dans de certains cas, les accents ^ temps4 temps' et à se retrouvent avec la même force, après un nombre régulier de syllabes.
Nous avons étendu cette propriété des syllabes aux sons musicaux et nous avons reconnu que, pour la musique, les accents forts et faibles alternent toujours avec régularité : de deux en deux, de quatre en quatre, de trois en trois. C'est ainsi que se constituent des mesures à 2, 4 et 3 temps égaux, l'égalité de durée des temps étant la règle absolue dans la musique, alors que, dans la parole, elle ne pourrait exister que par une convention telle que celle que nous avons admise au début.
Avec les mêmes mots, nous avons formé des groupes de deux, puis de quatre syllabes, en comparant la force réelle des accents de certaines de ces syllabes, convenant que celle qui porte l'accent le plus fort serait considérée toujours comme la première d'un groupe, le temps fort de ce groupe.
C'est ainsi que des mots Frère Jacques, dormez-vous, nous avons tiré la notion de mesure à 2 puis à 4 temps (Tit. &II et XVIII).
En cherchant, par la suite, une phrase dont les accents forts se reproduisent toutes les trois syllabes, nous avons pu acquérir l'idée de la mesure à 3 temps, dans laquelle un temps fort est toujours séparé du suivant par deux temps moins forts (Tit. XX).
393. — Reprenons maintenant cette même phrase : « Voulez-vous, je vous prie, m 'indiquer le chemin P » et prononçons la avec une réunir***** 'une rapidité normale. Ne remarquez-vous pas une différence de force deux mesures à 3 temps
De même qu'on a réuni deux mesures à l temps en une seule peut seule
entre les syllabes que nous avons classées précédemment, dans une diction plus lente, comme portant des accents de force égale?
« Voulez | VOUS, je vous | PRIE, m'indi | QUER le che | MIN ? »
Il se produit ici ce qui s'est produit pour Frère Jacques, dit avec plus de rapidité : on constate de suite que, de deux en deux fois, chaque temps fort a une force plus grande : les syllabes pri(e) et min sont certainement plus accentuées que vous et quer :
1 2 3 4 5 6 1 Voulez-vous je vous | PRIE m'indi quer le che | MIN.
Nous pouvons donc classer ces deux syllabes PRIE et MIN comme temps forts de deux mesures comprenant six syllabes chacune.
(La première syllabe de la première mesure manque : nous savons déjà que nous la remplacerons par une durée de silence équivalente).
Les mesures ainsi 394. — Dans quelle catégorie classerons-nous ces mesures? Elles
formées par la réu- sont formées en réalité par la réunion de DEUX MESURES à 3 temps,
^emps\ontd^esZreàs dont la Premîère Porte un accent plus fort sur son premier temps,
à 9 temps, dont chaque Étant donné que nous ne pourrions battre six temps dans un mou-
4wS«ri*«^ "nlr0i- vement aussî raPîde> et surtout que le premier temps de la seconde p 1 9 e ' des mesures ainsi réunies est FAIBLE par rapport au premier
temps de la première mesure, nous considérerons cette mesure (formée par la réunion des deux mesures à trois temps) comme une MESURE A DEUX TEMPS, dont chaque temps est divisé en trois fractions (parties) égales.
Ainsi le premier temps sera fort et la quatrième division de la mesure qui coïncide avec le deuxième temps sera faible.
Battue de cette me- 395. — Pour battre cette mesure, nous prendrons la battue de la sure Décomposition du mesure à 2 temps, en pensant nos trois divisions (fractions du temps) t6mp*' pendant chaque mouvement de la main correspondant à un temps. Ce
sera comme si nous comptions, tout haut et de façon égale, les trois temps de deux mesures consécutives à 3 temps, en prolongeant le son de la diphtongue sur chaque fraction : | ÛN-un-un, DEU-eu-eux | et en accentuant davantage la syllabe d'émission qui coïncide avec le frappé ou le levé.
Nous pouvons dès maintenant, après nous être exercés quelques instants au rythme de cette battue, lire la gamme mesurée en ce genre de mesure.)
Chiffrage de ces me- 396. — Gomment indiquerons-nous le chiffrage d'un semblable sures. groupement? Si nous prenions un des chiffrages des mesures à deux
temps, comment pourrions-nous savoir quç chaque temps doit être divisé en trois parties égales? Cherchons la solution de ce petit problème.
Quel est le fait qui doit être mis en évidence? — C'est la division du TEMPS en trois parties. — Le point essentiel est donc de représenter par un chiffre la fraction du temps.
PAR L'ÉDUCATION DE L'OREILLE 201
Quelle figure de durée choisira-t-on pour ce temps ? — Une des figures de durée o.
J.J • qui représentent l'unité de mesure de l'une quelconque des mesures à 3 temps, puisque chacun des temps de notre nouvelle mesure représentera lui-même la durée d'une des deux mesures à trois temps réunies pour ne faire qu'une mesure. *
Jl 3 3 3
• #-? respectivement i»
Tt O
Nos mesures nouvelles, se composant de 2 fois g- 2 fois ^ ou deux
fois devront donc être chiffrées par — ^— > — ^— ou — g— ;
c'est-à-dire gi ^ ou g» C'est l'évidence même; et le chiffrage nous
indique bien ce que nous avons besoin de savoir : que chaque temps est divisé en 3 el qu'il y a 6 de ces divisions par mesure, sachant bien que ce nombre 6 représente 2 FOIS TROIS DIVISIONS D'UN TEMPS, c'est-à-dire une mesure à 2 TEMPS.
397. — Nous pourrons également grouper des mesures à 3 temps TROIS par TROIS, puis QUATRE, par QUATRE quand nous reconnaîlrons que, dans des séries de sons groupés trois par trois, il se produit un accent plus fort tous les trois ou tous les quatre groupes*
Nous chiffrerons ces nouveaux groupements par : 3 fois 3 9 3 fois 3 9 3 fois 3 9 . ,
— 2 — ou f ' — 4 — ou 4 ' — 8 — ou S' pour groupements par
trois ou ternaires ;
4 fois. 3 12 4 fois 3 12 4 fois 3 12
— 2 — ou 2 ' 4 — °U "4 ; — 8 — OU 8~ pour groupements
par quatre»
398. — La représentation de ces mesures en figures de durée, avec les silences correspondants, peut se faire ainsi qu'il suit:
Division des lump» en 3 ei. t»iiriu:e* correspoudâiii.s Signes de ou
* Il Puce j» — M— «-J2EZL.
„„ii.r.1eUM,ip* «niU-rti- Chiffra** dp uicHurfr de la mesure
2 mesures \* 3 réunit»
tem'ps- ]
2 mesures i 3 réunies
2 in rai lire s | A 3 réuni os
g . prononçai 2 six deux (p-a asit«-e>
0 prononcer.
4 six quatre
6 prononce*:
8 six huit
3 mesure:»
[ h 3 rouiiies
3 mesures \îi 3 rruinos
3 mesures \h ^ réunies
Ml °» I J^JJ^JJJy
9 prononce:
% ncut deux
9 prononret.
4 neuf quatre
9 proomeex:
S neuf finit
Qualification : Mesures composées par
opposition aux mesures simples, dont elles semblent tirées.
Mesures binaires, mesures ternaires (simples et composées).
J 4 mesures ' A 3 réunie*
4 mesures *3 réunies
A mesures
a 3 rhumes o
ly&WJJ H- J- J- J-
|2 prononcesg d<iu?i» deux
12 prononcer 4 duu/#» quatre
j«J p/OQOQC«|:
8 dnu/f» huit
(Les élèves qui, plus tard, approfondiront les notions musicales, apprendront à connaître d'autres groupements basés sur la division de la croche en trois parties. On rencontre très rarement ces sortes démesures. Pour un cours
élémentaire, la connaissance de la mesure à - suffît : tout au plus aura-t-on
à parler de
399. — Les mesures ainsi constituées sont appelées MESURES COMPOSÉES parce qu'elles semblent composées par la réunion, en une seule mesure, de deux, trois ou quatre mesures à 3 temps.
Cette division du temps en 3, 6 ou 12 parties est caractéristique de toute mesure composée : on définit donc la MESURE COMPOSÉE toute mesure dont les temps se divisent en TROIS PARTIES (trois battements).
Les mesures étudiées précédemment divisaient leurs temps en 2 parties (ou 4-8-16) : par opposition aux mesures composées, on les appelle mesures simples; la mesure simple est celle dont le temps se divise en 2 parties (2 battements).
Les mesures simples à 2 et 4 TEMPS sont dites RI N AIRES (celles à 4 temps sont parfois dites quaternaires).
PAR L'ÉDUCATION DE L'OREILLE 203
Les mesures composées qui groupent 2 ou 4 mesures à 4 temps La battue des mesures ou à 2 temps sont dites mesures COMPOSÉES BINAIRES : elles î0"*0*" J*»*» d
(£K DQttUC u@S ftieSUTSS
se battent comme les mesures simples à 2 ou 4 temps. simples. Les mesures simples à TROIS TEMPS sont dites TERNAIRES. Les mesures composées qui groupent 3 mesures à trois
temps (-, 2) sont dites MESURES COMPOSÉES TERNAIRES; 8 4
elles se battent comme la mesure simple à trois temps.
Dans les mesures composées, les ACCENTS sont identiques aux ACCENTS des mesures simples; les premiers temps sont toujours des temps forts, la qualification des autres temps se fait comme dans les mesures simples
400. — Lorsqu'on étudiera, surtout au début, dans les mesures composées,
des sous-divisions du temps (J dans la mesure à \ ; S dans la mesure à ^ :
dans la ' 6
mesure à -), on en fera la lecture très lentement, en décomposant
chaque fraction ternaire du temps en ses divisions, de même qu'on décomposera chaque temps en scandant ses trois fractions : on ramènera ainsi cette étude à une série de mesures à 3 temps, dont une seulement sur deux, sur trois, ou sur quatre, aura son premier temps accentué.
401. — Pour bien faire saisir aux enfants la différence essentielle Rapports et diffé-
qui existe entre une succession de deux mesures à 3 temps, et un rmce* ,dc* m**vru à
6 6 ^ pt^ 'i et ^
groupement de ces mesures en une mesure à-ou^i on fera chanter 2' ï S ?
successivement la gamme à 3 temps (le premier temps de chaque
mesure étant bien accentué) puis à ^e*g' en n'accentuant que le premier temps (un temps sur deux).
On leur fera observer que cette différence est rendue bien plus sensible encore, si on remplace le premier temps de la première
mesure par un silence ; ou que, ce faisant, on chiffre à -g- (bien qu'à g
le rythme soit aussi bien accusé) (1).
402. — Plus tard, quand les élèves seront familiarisés avec la mesure
composée à g , on instituera des exercices tendant à différencier exactement
des mélodies susceptibles d'être interprétées à 3 temp6 ou à-, et Ton recher-
chera les raisons qui peuvent militer en faveur d'une des deux notations.
Ces exercices seront faits conjointement avec les exercices de recherche du temps exact sur lequel commence telle mélodie donnée, et serviront de base aux premières notions élémentaires sur le rythme.
La notation en | ou 403. — Dès maintenant on insistera, comme on l'a fait pour les
-ns préjuge enrien de notations précédentes, sur ce point, que : la notation en— OU en—
fiurttTde tempe?6 ne préjuge rien de la DURÉE RÉELLE de l'unité de temps choisie, cette durée restant toujours subordonnée au sens même de la mélodie, et surtout à son car a. 1ère expressif.
Le choix de la nota- 404. — %On notera que l'emploi de signes de durée impliquant une idée Hon j ou | est déter- de largeur dans l'émission, comme la blanche (ou la noire, à un certain degré), miné par le caractère 86 fait généralement quand la mélodie exprime une idée musicale large et expressif de la mélodie. . 6 . .. . ,
soutenue, d expression grave et calme, la mesure à - étant usitée pour des
mélodies coulantes, ce qui n'exclut pas la lenteur, l'expression gracieuse et élégante ; mais que toutefois, s'il s'agit d'un mouvement vif, c'est toujours
la notation à - qui prévaut. On la rencontre d'ailleurs beaucoup plus fré-
quemment que la notation à - ; c'est pourquoi on l' étudiera presque exclusi-
vement, dans le groupe des mesures composées binaires.
(1 ) G* est une raison tonale qui militerait en faveur de ~-, les accentô forts tombant alors sur I et VIII. Voir le chapitre suivant.
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Sommaire- Résumé de la 16e Leçon