‹ L'enseignement de la musique par l'éducation méthodique de l'oreilleChapitre 11 sur 114 · TITRE IV · texte numérisé non relu

TITRE IV

QUESTION : Représentation visuelle provisoire de la série des sons, différenciés par la hauteur. — Notion de l'intervalle musical.

Nécessité do représenter par des signes la hauteur relative des sons musicaux*

A deê sons de hauteurs différentes, îl faut des signes de hauteurs différentes.

22. — tfous avons constaté que, si les mots, ou même de simples syllabes, lit une intonation plus ou moins grave, plus ou moins aiguë, il est à peu près

impossible de prononcer à plusieurs reprises la même phrase avec une intonation rigoureusement identique à elle-même.

Cela n'a pas d'importance pour la voix parlée ; dans une conversation, chacun parle à son tour. Mais qùand on chante, il arrive bien souvent que plusieurs individus chantent ensemble la même mélodie ; il est donc nécessaire, comme nous venons de le voir, de fixer d'une façon absolue la hauteur de chaque son musical envisagé dans ses rapports avec les six autres.

23. — Comment représente-t-on la parole ? avec des signes dont chacun est la représentation d'un son ou d'une articulation déterminés. C'est ce qui constitue l'alphabet: les lettres de l'alphabet figurent des différences d'articulation.

Les sons musicaux différant par la hauteur, leurs signes devront figurer des différences de hauteur, et seront tels qu'on puisse,, dès le premier coup d'œil, établir entre eux les rapports engendrés par ces différences.

Pour monter ou descendre, de quoi se sert-on ? D'un escalier, d'une

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échelle. Tout le monde connaît l'échelle double, d'un usage courant et journalier; on sait aussi qu'un livre placé sur un rayon plus élevé d'une bibliothèque est dit plus haut qu'un autre placé sur un rayon plus bas.

Il nous est donc possible de figurer la série ou gamme ascendante et descendante par une échelle double à sept barreaux, dont chacun portera un des sept sons, le huitième (répétition du premier) occupant le sommet de l'angle formé par l'échelle.

L'échelle musicaux.

des sons

Voilà notre échelle : chaque échelon est numéroté par un chiffre romain en partant du plus bas. Au fur et à mesure que le maître place un chiffre, il en donne l'intonation aussitôt reproduite par les élèves.

24. — Avec une baguette, indiquant successivement chaque chiffre, il fait chanter à plusieurs reprises la gamme ascendante et la gamme descendante. Montrant alors avec la baguette le son I, le maître le fait entendre avec la voix (sons réels choisis de si^ à ré), en frappant deux temps de la main gauche.

L'émission se fait d'abord sur A : les élèves la reproduisent. Dès que la correction est obtenue, le maître explique que ce premier son sera appelé I et qu'on le chantera en disant : un (ce qui signifie : 2er degré; — pour aller plus vite on dit simplement : un).

On répétera fréquemment que tout chiffre ainsi prononcé désigne toujours un degré de la gamme, abstraction faite du nom que pourrait porter le son désigné par ce nombre et rapporté au diapason normal.

Reprenant ensuite ce son I sur A, il le fait suivre du son II, en procédant de semblable façon.

Puis il aborde de même et successivement tous les sons de la série.

25. — II recommande d'attaquer le son au moment précis où la baguette se pose sur un des chiffres, de le soutenir aussi longtemps que la baguette reste en place et de cesser de le faire entendre au moment précis où la baguette est relevée.

Il est nécessaire que le maître apporte une grande précision dans le maniement de la baguette indicatrice, la moindre hésitation du geste entraînant un flottement immédiat dans l'intonation.

Ces recommandations sont de la plus extrême importance pour obtenir ultérieurement des enfants la netteté des intonations et la rigueur du rythme. Le maître veillera donc avec le plus grand soin à l'exécution stricte de ces prescriptions, et cela dès le début, les bonnes habitudes s'acquérant aussi aisément que les mauvaises, qui souvent sont indéracinables.

L'enseignement pré" liminaire au tableau noir. Indications à la baguette. Comment la manier.

Les hauteurs des sons figurées par leur place sur V échelle* Mouvements ascendant et descendant.

Sens et qualifications de ces mouvements.

26. — En considérant notre échelle, nous pouvons dire que le son I est plus BAS que l'un quelconque des autres sons, que le son II est plus HAUT que le son I et plus BAS que l'un quelconque des autres sons.

Quand on monte un escalier, une échelle, de quelle nature est le mouvement qu'on fait? Comment le qualifie-t-on ? On dit qu'on fait un mouvement ascendant. Puisque nous avons figuré les hauteurs différentes des sons musicaux par une échelle, nous pourrons dire que pour aller du son I au son II (de bas en haut) nous faisons un mouvement ascendant ; inversement pour aller du son II au son I (de haut en bas) nous faisons un mouvement descendant.

D'une façon générale nous dirons que : pour aller d'un son chiffré à un son d'un chiffre plus grand, on fait un mouvement ASCENDANT ; inversement, .pour aller d'un chiffre plus grand â un chiffre plus petit, on fait un mouvement DESCEN- DANT.

Lin terrai le : sadéfi.- 27- — Entre deux barreaux de notre échelle il y a un vide ; comniiwn tirée de sarepré- ment nomme-t-on ce vide? — Un espace? plus exactement un inlere Dalle- C'est justement le nom que l'on donne à la différence de hau-

des sons.

teur qui sépare deux sons différents :

Nous dirons donc:

on l'appelle un intervalle.

La difféi ence de hauteur entre deux sons musicaux différents se nomme INTERVALLE.

Quali fications de i* intervalle par rapport au

mouvement mélodique.

28. — Un son représenté par un chiffre plus élevé qu'un autre est placé plus haut : il lui est donc supérieur en hauteur; l'intervalle qui les sépare est donc un intervalle supérieur; pour aller de l'un à l'autre en montant, on fait un mouvement ascendant; donc tout intervalle supérieur est ascendant.

Inversement, un chiffre plus bas indique que le son représenté est inférieur à un autre de chiffre plus élevé ; on dit que l'intervalle qui les sépare est un intervalle inférieur; pour aller de l'un à l'autre en descendant, on fait un mouvement descendant ; donc tout intervalle inférieur est descendant

Ainsi donc, quand on parle des intervalles, on les qualifie de supérieur ou ascendant, d'inférieur ou descendant.

Un seul intervalle 29* — L'intervalle qui sépare deux chiffres consécutifs comme disjoints " lS& fV"VI* (V"IV) e8t intervalle conjoint ou DE SECONDE.

Tout autre intervalle est qualifié de disjoint (passage d'un son à un autre, en sautant une ou plusieurs unités intermédiaires).

Par extension, on dit aussi d'un mouvement qui porte la voix d'un son au son immédiatement supérieur ou inférieur (III-IV) (VI- V), que c'est un mouvement conjoint.

Tout autre mouvement de la voix d'un son à un autre est dit

mouvement disjoint.

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30. — Pour s'assurer immédiatement que toutes ces notions ont été Interrogations, Comcomprises et assimilées. le maître posera une série de questions, went A"** procéder Pour ces interrogations, qu'elles soient individuelles ou collectives, on procédera toujours de la même façon :

Le maître chante, puis joue deux sons très lentement. Il prévient les enfants qu'ils doivent :

1° Ecouter ;

2° Retenir;

3° Répéter sur A;

4° Compter l'intervalle ;

5° Donner la réponse.

Il faut exiger très strictement ce travail de la part de l'enfant et insister beaucoup sur cette façon de procéder dont dépendent pour une grande part les progrès ultérieurs.

a) Du son II au son I, le mouvement est-il ascendant ou descendant? — Pour quelle raison? — Quel mouvement fait-on pour aller de III à IV? de VI à VII? de V à II ? de VII à III ? etc.

b) Le maître chante deux sons conjoints : il demande quel mouvement il a fait ? si c'est un intervalle conjoint ou disjoint, supérieur ou inférieur? Il refait le même exercice en vocalisant sur A et pose les mêmes questions.

Ces trois dernières questions peuvent n'être posées que plus tard, après étude de la seconde: il est utile toutefois de les poser dès maintenant, même si l'on obtient peu de réponses satisfaisantes.

c) Le maître chante plusieurs sons conjoints, en donnant d'abord le son I et en vocalisant les autres sur A. Les enfants répètent les sons, puis en donnent le chiffrage en le chantant :

d) Le maître indique I-II-III-IV-V, par exemple, avec la baguette; il passé rapidement sur III-IV pour arriver à V : les enfants doivent donner les sons I-II, penser ou chanter bds les sons III-IV et chanter V. Cet exercice peut être répété sur. tous les degrés de la gamme.

e) Le maître chante I-III et demande quels sont les chiffres des sons chantés. La réponse trouvée, les enfants chantent le degré interriiédiaire. Même exercice entre I-IV, I-V, I-VI, puis en descendant de VIII aux degrés inférieurs.

Chacun de ces exercices est indiqué d'abord vocalement par le maître, puis repris avec l'harmonium ou le piano.

Ex. : I-II-III — HII-IV-V - I-IV.

Enseignement de la musique*

Sommaire-Résumé de la 2e Leçon

(TITRES V à IX)

Revenir sur les notions acquises dans la première leçon : reprendre, s'il en est besoin, les explications ; s'assurer par des interrogations appropriées qu'elles ont été retenues et comprises; le maître émet des sons différents, les fait écouter et répéter.

Exercices d'intonation sur la série numérique, inscrite au tableau.

1° La gamme ascendante et descendante, chantée lentement* Les respirations sont faites au commandement : « Respirez ! » proféré aussitôt après le relèvement de la baguette indicatrice.

2° Exercices de secondes ascendantes et descendantes :

III, II-III, III -IV, etc. Vm-VTI, VII-VI, VI- V, etc.

Toute intonation douteuse sera rectifiée par rémission immédiate sur A.

Le terme de degrés employé pour désigner les différentes intonations des sons composant la gamme, d'après leur rang sur l'échelle des sons.

Dénomination de chaque degré. Elle est constante, invariable par rapport au son I, quelle que soit la hauteur sonore qu'on lui attribue. Notions très succinctes sur les tonalités différentes (dues au déplacement en hauteur du son I) données à l'aide de chants transposés en divers tons.

Différenciation des sons par le timbre (rapproché de la couleur), l'intensité (force, nuances, expression, douceur). Comparer avec la parole

La différence de timbre et d'intensité n'affecte pas la hauteur d'un son. Deux sons de timbre, d'intensité ou d'expression différents, sont identiques, s'ils ont la même hauteur*

Les sons diffèrent par la durée (rapidité avec laquelle ils se suc* cèdent).

Recherche de la notion « durée du temps » par le mouvement régulier du pas, marquant chaque syllabe d'une phrase parlée ; on constate que certaines syllabes durent le temps de deux pas, durée double par rapport à celles qui ne durent que le temps d'un pas.

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Même expérience en doublant la vitesse de la diction ; durée deux fols moindre de chaque syllabe : le rapport des durées n'est cependant pas modifié.

La durée est une quantité : on peut donc la mesurer. Les raisons de la nécessité d'indiquer, par des signes d'écriture, la durée des sons musicaux.

Choix d'un signe conventionnel de durée (deux battements égaux du pas ; marche au pas cadencé). Sa représentation © par analogie avec la forme de la bouche quand on chante A. Son nom : bouche ronde ; ronde.

On la figure, en regard des chiffres, sur l'échelle des sons.

Le geste de la main, régulier et précis, substitué au battement du pied. Comment on doit l'exécuter au moment même où le son est émis.

Il est nécessaire de s'exercer à faire les mouvements alternatifs d'abaissement et d'élévation de la main en comptant régulièrement un — deux jusqu'à ce que le geste soit devenu machinal. Revenir à de nombreuses reprises sur cet exercice : au début, on lira toujours au moins une fois la leçon sans y assoeier le geste de battre la mesure, l'enfant ayant toujours tendance à regarder sa main. Il faut un certain temps pour l'habituer à associer le geste à l'intonation.

Comment on évalue la durée (le temps) : par le mouvement d'un objet qui se déplace, mouvement représenté par une longueur, un espace limité par des divisions égales (cadran d'une horloge, d'une montre, parcouru par les aiguilles) ; les divisions égales font connaître le temps mis à les parcourir, par comparaison avec un autre espace, pris comme représentation d'une unité de temps. (Notions très succinctes; on les approfondira plus tard.)

Le nom des intervalles simples. Étude de la seconde. — Récapitulation des notions précédentes (mouvements, durée des sons) ; chaque son de la série pouvant être comparé avec chacun des six autres, il y a sept intervalles possibles.

Leur dénomination est établie d'après le nombre d'unités qui les sépare, si on les compte dans l'ordre où ils sont entendus dans la série.

Leur constitution numérique résulte du nombre de sons conjoints qui séparent deux sons entendus consécutivement.

Revenir sur la distinction des intervalles ascendants (supérieurs) et descendants (inférieurs).

Reprise des exercices de seconde.

Couper les exercices de lecture d'interrogations nombreuses et variées, individuelles ou collectives.

On procédera toujours de la même façon :

Le maître chante deux sons, ou les frappe à l'harmonium (ou bien il fait ces deux actes simultanément). Ces sons doivent être émis lentement et soutenus un certain temps.

Les élèves doivent :

1° Écouter les deux sons attentivement ;

2° Les retenir et les répéter sur la voyelle A ;

3° Compter l'intervalle ;

49 Nommer les chiffres des deux sons ;

5° Dire si la seconde est ascendante ou descendante.

Le maître exigera rigoureusement que cette progression soit régulièrement suivie et répétera cet exercice un très grand nombre de fois. Cest, en somme, le plus important de tous, puisque de l'enregistrement des secondes, ainsi fait dans la mémoire, dépend la compréhension de tous les autres intervalles.

Extension de la série (gamme) à des sons supérieurs à VIII et inférieurs à I. Étude des octaves II-II, III~III, etc....

Faire chanter la série ascendante de I à VIII, en répétant plusieurs fois le son VIII. Puis faire entendre Footave VIII-I, I-VJLLl. Identité des deux sons. Les frapper simultanément à l'harmonium : on a plus de peine à les différencier que si on frappe simultanément I-II ou III-IV (intervalles dissonants), ou tout autre intervalle consonant (tierce, sixte, quinte, quarte).

Un chant transposé à Foctave reste identique à lui-même.

Reprendre la série ascendante : demander si, en partant de VIII, on peut ajouter d'autres sons supérieurs à VIII, et ordonnés de même façon que la série qu'on vient de chanter. Chiffrage des nouveaux sons, recherchés un par un par les élèves.

Procéder de même pour la série inférieure. Ajouter, à mesure de leur indication, les chiffres supérieurs ou inférieurs à l'échelle inscrite au tableau.

Reprendre la série I- VIII, y ajouter le son II supérieur, et, en redescendant, le son VII inférieur.

Possibilité d'ajouter ainsi de nouvelles séries les unes aux autres, chacune étant la reproduction de la précédente à une hauteur différente.

Notion et nomenclature des intervalles redoublés : leur comparaison avec les intervalles simples.

Exercices progressifs pour l'identification des octaves entre degrés similaires de deux séries consécutives.

Étude par audition d'un chant scolaire, très simple, très court, à deux temps, chaque syllabe correspondant à un son (un temps), de temps à autre à deux temps ; en dicter les paroles.

Chanter ou jouer la mélodie sans interruption, une première fois avec les paroles, une seconde fois sans les paroles, les élèves suivant les paroles. Reprendre et répéter la première phrase : les élèves la chantent ; puis la seconde phrase, reprise de même par les élèves, et ainsi de suite jusqu'à la fin.

Reprendre le chant par deux phrases à la fois, répétées par les élèves, puis le chant en entier.

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