L'ENSEIGNÉ MENT DE LA MUSIQUE
Il est important d'insister sur ce point, pour créer chez l'enfant le sens de la tonique ; pour cela, répéter à plusieurs reprises la comparaison entre les deux séries I-VII et I-VIII; faire remarquer que, aussi bien, en descendant de VI M, l'arrivée sur I donne cette sensation de repos et d'arrêt que ne donnerait pas la descente de VIII-II. Le sentiment tonal s'éveille très vite chez l'enfant ; il ne -faut rien négliger pour le rendre aussi net que possible et son fondement est tout entier, dans notre système musical, basé sur la tendance de la mélodie au repos sur une tonique.
34. — On fera remarquer que les degrés de la gamme conservent toujours leur dénomination : quel que soit le son musical par lequel commence cette gamme (et le maître fera entendre successivement, en les chiffrant, des gammes de tonalités différentes), le premier degré est toujours la Ionique; le cinquième, la dominante, etc.
On pourra dès maintenant dire que, la tonique étant le degré sur lequel, comme on l'a vu dans la gamme, la plupart des mélodies finissent, ce premier degré indique la tonalité d'un morceau de musique (on verra plus tard ce que signifie ce mot tonalité qu'on doit simplement retenir). On peut dire dès maintenant que les sons constituant la mélodie sont tous compris dans la gamme dont cette tonique est le premier degré, et qu'ils reçoivent leur dénomination par rapport à cette tonique.
Exemples à l'appui: 35. — Le maître donnera des exemples, afin de bien faire saisir ioue^sur rhammton Cette notion si imPortante à acquérir dès le début ; il chantera et à des hauteu™™iff£ Jouera sur l'harmonium diverses mélodies très simples et non modurentes. lantes, transposées dans différentes tonalités, en nommant les degrés.
Exemple : J'ai du bon tabac :
en DO un dcuv ln>js un deux deux trois quatre quatre trois trois
La fonction du degré ne change pas avec la hauteur du son I.
Elle est invariable.
Tonique. Tonalité d'un morceau de musique.
(continnet à nommer les degrés par leur chiffre; en MI , ii m , ii ii m IV iv
lté - re III III
J'ai du bon tii . bac dans ma In . ba enLA i n m , n n m IV !V
tiè . re III III
J'ai du bon ta . bac dans ma ta . ba . tiè - re
PAR L'ÉDUCATION DE L'OREILLE
Il chantera très lentement, en articulant nettement chacun des sons et en les indiquant, d'après leur rang numérique, sur les doigts de la main gauche ; les enfants reprendront ensuite le chant avec lui, et se rendront compte ainsi que, lorsqu'ils chantent, les sons qu'ils émettent font toujours partie de la gamme dont la tonique est le premier degré.
On fera remarquer, et, par de nombreux exemples, on insistera sur cette remarque, que, si Ton s'arrête au milieu d'un chant (comme, dans l'exemple cité J'ai du bon tabac, sur III) on n'a pas la sensation de repos, d'achèvement de la phrase musicale, que donnera, à la fin de la chanson, l'arrêt sur I ; et on rapprochera cet exemple de ce qui a été dit au sujet de l'achèvement de la gamme ascendante par le VIIIe degré, réplique aiguë du I«* degré.
On pourra chanter ainsi : < La tour, prends garde. — J'ai descendu dans mon jardin, » en choisissant toujours des chants connus des enfants et, autant que possible, dont la mélodie se meut entre le premier et le cinquième degré, pour avoir la possibilité de compter sur les doigts.
Cet exercice une fois assimilé, on pourra utiliser des chants de tessiture plus étendue, comme : < Ah! vous dirai- je, maman. — // était un petit navire, » en faisant observer chaque fois que, si le chant commence quelquefois par III ou V, il finit toujours par I.