‹ L'enseignement de la musique par l'éducation méthodique de l'oreilleChapitre 5 sur 114 · TITRE I · texte numérisé non relu

TITRE I

QUESTION : Le son. — Le son parlé. — Le son chanté.

Dispositions préliminaires.

Pour émettre un son musical, l'enfant a besoin d'un {gpptn) sur une consonne.

un n(a|3Mt',

Parler: faire entendre des mots, syllabes, voyelles, consonnes, sons.

1. — 1° Faire chanter par un enfant une chanson quelconque — chant scolaire, ronde enfantine, etc. — paroles et musique.

2° Faire dire les paroles seules, sans la mélodie. ,3° Faire chanter la mélodie sans les paroles.

2. — On remarquera immédiatement que cette troisième question restera, dans le plus grand nombre des cas, sans réponse. L'enfant hésite ; il semble Qjwaô ne pouvoir séparer la mélodie des paroles qu'il est habitué à prononcer en même temps qu'il chante.

Cette hésitation ne peut avoir qu'une cause : l'enfant trouve, dans les sons articulés qu'il profère avec le chant, un appui pour l'émission des sons musicaux. Privé de cet appui, il est désorienté et ne sait plus comment émettre les sons dont se compose la mélodie de sa chanson. Il est donc nécessaire de lui faire comprendre de suite qu'il peut chanter cette mélodie sur la voyelle A, qui se profère tout naturellement en ouvrant la bouche; mais comme, à ce premier essai, l'enfant, ne sachant pas chanter, a besoin d'appuyer l'émission du son sur une consonne, on lui conseillera de prendre cet appui sur la consonne L qui est, de toutes les consonnes, celle qui nécessite l'effort musculaire ie plus limité, c'est-à-dire de chanter : ta, ta, ta....

3. — L'enfant ayant accompli les trois actes demandés, il s'agit de l'amener à constater par lui-même en quoi ils diffèrent.

A cet effet, on lui posera une série de questions l'amenant graduellement à reconnaître ces différences :

Qu'as-tu fait la première fois? — J'ai chanlé et parlé en même temps.

La seconde fois, j'ai parlé seulement.

La troisième fois, j'ai chanté seulement.

Qu'as-tu fait en parlant? — J'ai prononcé des mots.

Qu'y a-t-il dans ces mots? L'enfant répondra certainement : « des syllabes. »

Et dans les syllabes? La réponse sera sûrement : « des lettres ». — Ce n'est pas ce que je demande ; une lettre est un signe qui représente quelque chose. Voici un signe (A) — que représente- t-il? un A. — Qu'est-ce que A (son A et non pas la lettre A) ? Qu'est-ce que O? I? U? — Ce sont des voyelles, répondra l'enfant. — Mais qu'est-ce qu'une voyelle? Qu'y a-t-il dans le mot « voyelle ». — Il y a voix.^ Qu'est-ce qu'on entend quand on entend la voix? Des mots? — Non, si je crie, on entend ma voix; si je chante, on l'enlend aussi. — Qu'est-ce qui sort de ma bouche quand je crie, que je chante, que je parle? L'enfant finira par répondre : < des sons ».

PAR L'EDUCATION DE L'OREILLE

On ne peut donc entendre une voix sans entendre des sons. Dans la parole, il y a des sons; dans le chant, il y a des sons ; dans le cri, il y a un son.

4. — Tq,us ces sons sont-ils semblables? Non, assurément. — On les distingue facilement les uns des autres.

L'action de faire entendre des sons articulés s'appelle parler. Quand on chante, que fait-on entendre ? — Des sons, c'est entendu ; mais la réunion de ces sons? Elle forme un air, une mélodie. — Et que fait-on quand on chante un air, une mélodie ? — On fait de la musique.

Peut-on faire de la musique autrement qu'en chantant ? Oui ; avec des instruments de musique. — Faire citer aux enfants ceux qu'ils connaissent. Les instruments chantent aussi comme la voix, et les mêmes air*.

Un mot — des sons.

Un cri = un son.

Chanter : faire entendre des sons, un air, une mélodie.

Musique, sons musicaux.

La voix, les instruments de musique.

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