‹ L'enseignement de la musique par l'éducation méthodique de l'oreilleChapitre 4 sur 114 · I-II · texte numérisé non relu

I-II

Parler : faire entendre des mots, des syllabes. Sons (articulés) : un mot = des sons ; un cri = un son ; réunion de mots = phrase.

Chanter : faire entendre des sons de même articulation, mais non semblables — réunion de sons musicaux = mélodie. Le même air chanté par plusieurs personnes reste toujours identique à lui-même. Les paroles de

la chanson, dites seules, ne font pas entendre des sons absolument semblables dans des bouches différentes.

Le son musical a une Intonation fixe.

Le bruit : Son qu'on ne peut reproduire avec la voix et avec un instrument de musique.

La parole ne peut être reproduite que par la voix ; un instrument de musique ne peut la reproduire.

Le son musical peut être chanté (par la voix) et reproduit identiquement par un instrument de musique.

ni

Différenciation des sons par la hauteur. — La gamme. — L'intonation des mots, des syllabes, des voyelles, varie avec le sens des phrases, comme avec les sentiments exprimés.

Reconnaître les différences d'intonation en prononçant la même phrase de façon monotone (toutes les syllabes sur le même ton) en opposition avec la même phrase dite d'abord de façon naturelle.

Recherche de la hauteur relative des sons dans une mélodie (la « Marseillaise v, par exemple), à sons bien différenciés, ou par l'émission de grands intervalles.

Observation de l'effort musculaire plus pu moins grand (produit par les muscles laryngés) suivant la hauteur de l'intonation ; habituer l'enfant à faire cette constatation importante sur lui-même. On a plus de sûreté dans l'intonation ascendante que dans l'intonation descendante (effort plus facilement réglable en montant ; comparer avec un poids soulevé : on atteint plus facilement une hauteur déterminée en soulevant le poids, qu'on ne peut s'arrêter à un point fixé en descendant).

Exemples de production du son par le fil de caoutchouc tendu, la baguette souple vibrante, le diapason tenu légèrement entre les doigts.

Première émission du son musical par les élèves. Conseils sur la tenue, la respiration: (Respirez! émettez le son sur A). Les sons musicaux classés et ordonnés en série.

Émission des 7 sons de la série, puis du huitième, réplique du premier, sans lequel la série paraît incomplète.

Les séries successives : prouver leur identité par la répétition à l'octave supérieure et inférieure d'un même fragment de ohanson connue des enfants. Le son I peut être pris à la hauteur d'un son quelconque de la série.

Chant de la gamme chiffrée, ascendante et descendante. Rectifier immédiatement les intonations douteuses par l'émission du son sur A, la bouche ouverte moyennement, sans serrer les dents ; rectifier également les émissions nasales.

PAR UÊDVCAT10N DE V OREILLE 3

Représentation visuelle provisoire de la série des sons différenciés par la hauteur. Notion de l'intervalle musical.

Pourquoi la hauteur des sons musicaux doit être fixée : à des sons de hauteur différente il faut des signes de hauteur différente.

L'échelle des sons chiffrés.

Émission des sons de la série sur désignation à la baguette. Les élèves doivent être habitués de suite, et très rigoureusement, à attaquer le son au moment même où la baguette se pose sur le chiffre, à le soutenir aussi longtemps que la baguette reste en place et à le quitter au moment même où la baguette est relevée.

Le mouvement mélodique : aseendant ou descendant, suivant qu'on se porte d'une unité plus petite à une plus grande, ou d'une plus grande à une plus petite.

L'intervalle : différence de hauteur entre deux sons différents. Intervalles différenciés en supérieurs (mouvement ascendant), inférieurs (mouvement descendant), conjoints (deux unités successives), disjoints (passage d'une unité à une autre en sautant une ou plusieurs unités intermédiaires).

L'intervalle conjoint (d'une unité à l'unité immédiatement supérieure ou inférieure) s'appelle une seconde.

Interrogations nombreuses: autant que possible éviter les formes catéohistiques ; exemple: Qu'est-ce que la musique? Qu'est-ce qu'un son? mais poser la question en présentant le fait d'abord, chaque fois que cela sera possible.

Exemple : Si je frappe sur la table, que se produit-il? Réponse : un bruit, Pouvez-vous reproduire ce bruit avec la bouche? avec l'harmonium? et quand vous chantez ou que vous entendez chanter, que faites-vous entendre? Est-oe un bruit? Non, c'est une chanson. Qu'y a-t-il dans votre chanson? Dea sons. Et dans les mots que vous prononcez en me répondant? Des sons. Pouvez-vous les faire entendre sur l'harmonium? sur une flûte? avec une cloche? Non. Et les sons que vous chantez, pouvez-vous les reproduire exactement sur l'harmonium? Oui. Comment se nomment-ils dono? Sons musicaux. Pourquoi? Parce que je puis les faire entendre sur l'instrument et avec ma voix, etc...

Exercises. — Chanter et répéter à plusieurs reprises la série des sons (gamme) en variant les toniques, jusqu'à ce qu'elle soit retenue et assimilée. La faire redire de mémoire sur A, puis chiffrée, individuellement et par groupes.

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