TITRE XVIII
QUESTION : La mesure à 4 temps.
240. — Faisant chanter (comme il a été fait précédemment T. XII) g****' ™tums les premières mesures de la chanson a Frère Jacques», le Maître rap- JJJJjJJ " mtiKm ' pellera sommairement ce qui a été dit au sujet de la mesure à 2 temps :
Certaines syllabes des mots sont plus longues, plus appuyées que d'autres : par leur comparaison, on est parvenu à déterminer leurs différences à cet égard.
On a groupé ces syllabes, puis les sons qui les accompagnent, par séries de deux, se succédant alternativement, d'un frappé à un autre frappé, en passant par un levé intermédiaire, les temps du frappé et du levé étant égaux ; les successions de durées égales^ appelées temps (successions de groupes frappé + levé), ont été appelées mesures à deux temps.
Les signes de ces temps ont été appris : chacun d'eux forme une unilé de temps : la somme (addition ou total) de tous les temps égaux compris entre deux barres de mesure, Si été qualifiée d'UNITÉ DE MESURE. Ce total se représente par la figure de durée qui remplirait à elle seule toute la mesure et qui est à proprement parler V unilé de mesure.
On sait aussi que tous ces signes représentent des divisions en parties égales d'une UNITÉ DE DURÉE, la ronde o ; que cette unité n'a pas une durée absolue, mais que le son qu'elle représente a une durée relative, variable, déterminée par la rapidité plus ou moins grande avec laquelle nous chantons ou jouons un air, une mélodie.
241. — Nous avons donc reconnu que, dans la chanson Frère Jacques, %M oWi de la les syllabes Frè, de frère, et Jac, de Jacques, sont appuyées, accentuées plus mesrnf fl ù â tenipA, fortement que les autres : battant la mesure, nous les avons accompagnées
d'un abaissement de la main, d'un frappé : elles ont été dites sur le premier des deux temps de nos mesures successives.
Poussons plus loin notre analyse : cherchons si, parmi ces syllabes, Frè, Jac, dor9 vous, il n'en serait pas de plus appuyées encore, ou si toutes sont accentuées avec la même force.
En prononçant à plusieurs reprises avec les accents, les mots « Frère Jacques, Frère Jacques, Dormez-vous, Dormez-vous », un certain nombre d'enfants arrivent assez rapidement à reconnaître, dans les quatre syllabes classées comme fortes, des degrés différents de force. Il est nécessaire que cette constatation soit faite par eux, et le maître doit leur laisser le temps nécessaire pour y arriver ; cela n'est pas sans créer un certain brouhaha dans la classe, mais il importe peu : l'essentiel est que le fait soit constaté par les enfants eux-mêmes.
242. — Quand on a différencié les syllabes en fortes et demi-fortes, et qu'il ne reste plus qu'à trouver la quantité de leur groupement, le meilleur
procédé, pour arriver à une prompte solution de la question, consiste à étendre les^doigts de la main gauche et, avec l'index de la main droite, à compter'sur les quatre derniers doigts de la main gauche, en marquant un doigt pour chaque syllabe, à partir du premier accent fort : Jac.
Laissant sans compter les deux premières syllabes Frè~re, on marque chacune des syllabes sur un doigt, en revenant au 1er doigt, à chaque accent plus fort :
Frè.re I Ja.tqiics, fpè. re I Ja eques,frè -re I Ja.cques, frè.ce | doigtsrO 0 I 1 2 3 4 | T^2 3 4 | 1 2 3 4 |etc.
Au bout de trois ou quatre retours sur Jac, on a acquis le sentiment des quatre temps par le décompte des doigts, et le premier temps se dégage de lui-même par son accentuation beaucoup plus énergique.
On expliquera plus tard comment, par un procédé analogue, on peut reconnaître la mesure d'une mélodie et sur quel temps commence cette mélodie.
243. — On aura donc reconnu que Ja et vous sont accentués plus fortement encore que Frèet 2>or; nous sommes dès lors en présence d'un groupement nouveau des sons, dans lequel, en donnant la prédominance aux accents les plus forts, une syllabe sur quatre sera plus fortement appuyée que les autres.
J J |J J J J- |J J J*J | J J J J | jj
Frè.re Jacques, Frè-re Jacques, Dormez - vous? Dormez - vous?
244. — Il semble, au premier abord, qu'il n'y ait dans le groupement précédent qu'une réunion pure et simple de deux mesures à deux temps, entre lesquelles on aurait supprimé, une fois sur deux, la barre de mesure.
Malgré les apparences, cela n'est pas exact : l'accentuation de la phrase n'est pas la même ; nous avons bien un temps fort de deux en deux temps, mais le second temps fort de chaque mesure est moins fort que le premier et surtout moins fort qu'il n'était quand nous mesurions ces paroles à deux temps, alors que chaque premier temps était prononcé avec une force équivalente ; les vraies syllabes fortes sont donc Jac et vous.
Dans notre définition de la mesure, nous avons appris que tout premier temps d'une mesure était un Frappé: nous pouvons ajouter que dans toute mesure le PREMIER TEMPS SEUL EST FRAPPÉ; nous l'avons déjà dit et cela se vérifiera toujours par la suite: le premier temps d'une mesure est seul un temps fort frappé.
Si donc nous voulons battre cette mesure à quatre temps, nous ne devrons frapper que le PREMIER /emps, le plus fort des quatre.
Battue de la mesure 245. — Nous allons apprendre la série des gestes qui nous perà 4 temps. mettront de frapper un temps sur quatre.
Syllabes fortes se reproduisantaprès 4 tempe égaux.
Composition rythmique de la mesure à 4 temps.
PAR L'ÉDUCATION DE L'OREILLE
La figure de cette battue à 4 temps se présente ainsi :
haut,
gauche 2
3 droite
On la marque avec la main, en remuant le bras le moins possible, et en disant bas, gauche, droite, haut; bas, gauche, droite, haut; etc.
On s'y exerce en appuyant l'avant-bras sur la table, la main relevée : au premier temps, on l'abaisse à plat sur la table ; on la fait tourner, autour du poignet, vers la gauche, en disant : deux ; on la ramène de môme à droite, en disant : trois; on la relève, en disant : quatre, et on recommence ainsi, en donnani à chaque mouvement (temps) une durée parfaitement égale et en s'attachant à faire le geste de façon précise et nette, bien que toujours avec souplesse.
La mesure à 4 temps peut donc être définie : UNE MESURE OU UN TEMPS SEUL SUR QUATRE TEMPS ÉGAUX, EST FRAPPÉ (TEMPS FORT) : CE TEMPS EST TOUJOURS COMPTÉ COMME PREMIER.
246. — Nous connaissons tous les intervalles qui composent la mélodie de notre chanson ; nous pouvons donc la figurer sur la portée en mesures renfermant quatre valeurs égales en durée (temps). Ces quatre valeurs peuvent être des rondes, des blanches ou des noires.
Si ce sont des rondes, comment indiquerons-nous numériquement Chiffrage de la mela durée de la mesure ? «urc a 4 temP8-
Que représente la ronde ? — L'UNITÉ de durée, — Quel est le chiffre qui représente l'unité? — C'est 1. — Combien prendrionsnous de ces rondes pour notre mesure si chaque ronde était unité de temps? — Quatre. — - Comment alors exprimerons-nous que notre mesure renfermera quatre fois Vuniié de durée (o =1)?
Qu'avons-nous fait pour les mesures à 2 temps? Nous ferons
de même ici : nous indiquerons le chiffrage de la mesure par -j (cette
mesure n'est plus usitée). Quelle sera alors l'UNITÉ DE MESURE? — La quadruple ronde, ou deux brèves (ou quatre rondes réunies var une liaison).
247. Si ce sont des blanches (moitiés de ronde), qui représentent chaque temps, le rapport de la blanche à la ronde étant |> le total
de la mesure sera ^- Quelle sera alors l'unité de mesure? — La
double ronde ou brève, figure de note dont la durée remplira toute la durée de la mesure.
248. — Si ce sont des noires qui représentent nos unités de temps, la noire ( J « - ) égalant un quart de ronde, nous donnera pour la
même raison le chiffrage ^ ou simplement 4 ou C (signe qui a déjà
été mentionné précédemment, ainsi que toutes les notions qu'on vient d'exposer, mais qu'il est bon de répéter ici.)
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