‹ L'enseignement de la musique par l'éducation méthodique de l'oreilleChapitre 84 sur 114 · TITRE XXIII · texte numérisé non relu

TITRE XXIII

QUESTION : Audition de trois et quatre sons simultanés ; notions sur les accords et leurs renversements.

290. — Jusqu'ici, les élèves ont été exercés à écouter et à entendre des intervalles dont les deux sons constitutifs étaient, de temps à autre et systématiquement, frappés simultanément.

Il est utile maintenant d'étendre ce genre d'exercices, et d'envisager l'audition de trois, puis de quatre sons simultanés, et d'acquérir par cette étude la notion de l'harmonie élémentaire des sons ; notion sans laquelle la connaissance réelle de la TONALITÉ reste toujours incomplète.

291. — Le procédé à employer est le même que celui qui a été indiqué au Titre X, pour l'audition de deux sons simultanés.

Le maître fait chanter les trois sons I, III, V, puis, en les nommant, avec leur son réel, DO, MI, SOL. L'émission se fait d'abord en mesure, chaque son durant deux temps assez espacés ; on resserre progressivement cette émission, de façon à faire entendre les trois sons successivement avec la vitesse la plus grande possible, mais sans qu'elle cesse d'être compatible avec une justesse absolue.

Cet exercice une fois fait et bien réalisé, le maître fait chanter les sons I, III, V, III, I ou DO, MI, SOL, MI, DO, d'abord avec ensemble, puis en laissant chaque enfant libre de les dire avec une rapidité d'émission arbitraire, mais sans préoccupation de l'ensemble. Il arrive, après un très court moment, que les trois sons sont proférés simultanément : on interrompt alors l'exercice, après avoir recommandé que chaque enfant, au signal donné, soutienne le son qu'il émettait à ce moment même.

A une question du maître, les enfants reconnaîtront immédiatement qu'ils entendent réellement les trois sons chantés, qu'ils les ont . réellement écoulés, puisque chacun d'eux vient de les proférer.

292. — Ce qu'on vient de faire est exactement ce qu'il convient de faire lorsqu'on veut écouter plusieurs sons simultanés et les reconnaître. Il y a cependant une différence dans les deux actes : dans l'exercice précédent, en cessant de répéter la succession des trois sons et en se fixant sur un seul, différent pour chaque groupe d'élèves, on entend réellement les trois sons, puisqu'ils sont proférés ensemble par différentes voix. Quand on veut se représenter, analyser et reconnaître plusieurs sons simultanés qu'on vient d'entendre et qui ne sont pas soutenus, il faut les reproduire de mémoire, à haute voix, à voix basse, ou quand on est plus exercé, mentalement, les penser comme on pense un mot, une phrase, et les analyser en les repensant successivement, de la même façon qu'après avoir pensé un mot, on répèle mentalement, si on veut l'écrire, pour en retrouver l'orthographe. Les deux opérations sont identiques, qu'il s'agisse de mots ou de musique : ici, épeler

But de cette étude.

Procédé à employer :

faire une analyse de chaque son et les réunir dans sa mémoire, en en rapprochant le plus poasible V intonation.

Condition de l'analyse des sons simultanés.

les sons consiste : 1° à reproduire le son qui a le plus frappé l'attention ; 2° à rechercher par mouvements conjoints les sons concomitants.

293. — Ces explications données, le maître frappe à l'harmonium un accord de trois sons I-III-V ou IV-VI-VIII, ou V-VII-II, c'est-à-dire un des accords parfaits majeurs d'une tonalité quelconque; (puis il demande qu'on lui dise :

1° Combien de sons ont été frappés ? chantez le plus aigu? le plus grave, etc.) ;

2° Quels intervalles ils forment entre eux dans leur succession? Cette recherche se fera toujours en donnant l'intonation des secondes successives conjointes et en indiquant, à mesure qu'on les retrouvera, les sons constitutifs de l'agrégation analysée.

' 3° Quels rapports d'intervalles existent entre eux .comparativement au son le plus grave?

4° Quel degré ils occupent dans la gamme, le premier degré ayant été donné ou recherché avec le la du diapason.

Il va sans dire que, s'il s'agit de nommer les sons, on se bornera au ton d'ut, après avoir donné le la au diapason ou à l'harmonium. Si les élèves ont suivi, dans les études précédentes, la marche indiquée, en faisant des exercices sur le chromatisme, on pourra sortir du ton d'uf et frapper quelques accords dans les tons de fa, sol et ré majeurs. Mais au début, il est préférable de se borner au ton d'ut, quand on nomme les sons ; si Ton demande des indications chiffrées, on peut prendre une tonique quelconque et il sera bon de la varier fréquemment.

Quand les accords auront été ainsi entendus, et au fur et à mesure que l'un d'eux sera étudié, on le qualifiera, suivant le cas, d'accord parfait MAJEUR ou MINEUR FONDAMENTAL. On en fera rechercher la composition exacte par les élèves, EN SE GARDANT BIEN DE LA LEUR DONNER D'EMBLÉE.

Qualification des 294. — Cette recherche une fois faite, on observera que le qualifixords étudiés. Qtfx de MAjEUr s'applique à tout accord parfait dont la

PREMIÈRE TIERCE est MAJEURE (les tierces superposées se comptant de bas en haut). De même l'accord partait est dit MINEUR, quand sa PREMIÈRE TIERCE est MINEURE.

Les enfants seront amenés à rechercher les degrés sur lesquels, dans la gamme majeure, on peut superposer ainsi deux tierces dont la première est majeure, la seconde étant mineure ; et réciproquement, les degrés sur lesquels on peut superposer deux tierces dont la première est mineure, la seconde étant majeure. (Ils doivent d'ailleurs connaître déjà l'emplacement des différentes tierces de la gamme majeure.)

Les élèves trouveront ainsi d'eux-mêmes que le 7e degré ne peut porter que deux tierces mineures superposées. On insistera sur cette notion que, dans la gamme majeure, si l'on fait entendre simultanément ou successivement deux tierces mineures superposées, le son le plus grave est toujours VII ; le plus aigu, IV; le son intermédiaire II ; et qu'on sait ainsi, à l'audition de ces sons, qu'ils appartiennent à une gamme dont la TONIQUE est placée

un DEMI-TON AU-DESSUS DE LA NOTE LA PLUS GRAVE DES DEUX TIERCES SUPERPOSÉES.

Donc cet accord ne peut s'entendre que sur un seul degré dans chaque tonalité majeure et ce degré est toujours le VIIe dans la gamme majeure.

Il sera bon d'insister sur ce point essentiel, dont la connaissance est absolument nécessaire pour la recherche, à laquelle on s'exercera ultérieurement, de la tonalité d'une mélodie donnée et de la qualité tonale des sons dont cette mélodie est formée.

295. — On pratiquera, concurremment avec la notion qe ces accords fondamentaux, des exercices de lecture à trois voix sur des accords isolés, en se guidant sur les modèles donnés ci-après, qui seront transcrits sur trois portées.

Quintes Justes ^

pt majeures inférieures

Quintes Justes

et 3e.*" mineures inférieures

Quinte diminuée a tierces minr.ea

Accords parfaits majeurs ( fondamentaux )

tt m m

Accord* parfaits mineurs (fondamentaux)

Accord de || quinte diminuée

296. — Cet enregistrement une fois fait, il sera nécessaire de don- jvotton du renversener aux élèves la connaissance des deux renversements de chacun de ment des accords. ces accords.

Pour leur faire comprendre ce double renversement, duquel on peut déjà rapprocher la notion qu'ils ont acquise du renversement des intervalles, on fera chanter par les trois groupes l'accord parfait du Ie' degré

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