‹ L'enseignement de la musique par l'éducation méthodique de l'oreilleChapitre 86 sur 114 · DO RE RE DO · texte numérisé non relu

DO RE RE DO

I II II viii

Comment s'appelle cette transformation dans l'agencement de deux sons semblables, c'est-à-dire portant même nom et même chiffre? — Un renversement. C'est aussi le nom qu'on donne à l'opération qui consiste à reporter à l'octave supérieure le son le plus grave d'un accord ; on renverse cet accord et on en produit un nouveau qui renferme les mêmes sons, dans un ordre différent et qui par conséquent a une sonorité différente. Premier renversement. Cet accord, dans lequel le son le plus grave de l'accord parfait primitif est chanté à l'octave supérieure, se nomme premier renversement de l'accord parfait majeur : on doit de suite faire rechercher sa composition par les élèves, comme on l'a fait pour l'accord fondamental. On peut le considérer comme se composant de :

lo TIERCE MINEURE et QUARTE JUSTE superposées, ou

2<> SIXTE MINEURE englobant une TIERCE MINEURE.

On constate, en faisant le même travail pour les accords du quatrième et du cinquième degré, que les renversements»de ces accords ont même composition. Il en est ainsi de tous les premiers renversements des accords parfaits majeurs.

297. — Le même travail est fait pour les premiers renversements des accords mineurs (IIe, IIIe, VI6 degrés) dont la composition est reconnue :

1° TIERCE MAJEURE et QUARTE JUSTE superposées, ou

2° SIXTE MAJEURE englobant une TIERCE MAJEURE.

Accord

parfait le.r renversement

PAR L'ÉDUCATION DE L'OREILLE

Le premier renversement de la quinte diminuée, analysé, se trouve être composé de :

lo TIERCE MINEURE et QUARTE AUGMENTÉE superposées,

ou

2° SIXTE MAJEURE englobant une TIERCE MINEURE

Accord

r.r renversement

298. — On demande aux enfants s'il serait possible de faire une Deuxième renverse' nouvelle opération de ce genre, c'est-à-dire un second renversement, en partant de Tordre déterminé, pour les sons, par l'accord du premier renversement. Sur' réponse affirmative, on recommence en partant du son III que l'on transpose à l'octave supérieure et l'on obtient le second renversement. Analysé comme le premier, il est reconnu que :

Le 2e renversement d'un accord parfait majeur comprend : 1° QUARTE JUSTE et TIERCE MAJEURE superposées,

ou

2° SIXTE MAJEURE englobant une QUARTE JUSTE.

Accord

parfait l**.r r« rivera* 2* reniera* •

Le 2» renversement d'un accord parfait mineur comprend :

1° QUARTE JUSTE et TIERCE MINEURE superposées, ou

2» SIXTE MINEURE englobant une QUARTE JUSTE.

Accord parfait

l'.r rcntcra1. 2* renversé

Le 2e renversement d'un accord de quinte diminuée comprend : 1° QUARTE AUGMENTÉE et TIERCE MINEURE superposées,

ou

2° SIXTE MAJEURE englobant une QUARTE AUGMENTÉE.

Accord de 5te

Enseignement de la musique.

Composition (en intervalles harmoniques) des renversements des accords parfaits majeur et mineur, ainsi que de l accord de quinte dimi~ nuée.

299. — Les élèves retiennent facilement ces notions qui peuvent se résumer ainsi :

Un accord parfait fondamental se compose d'une 5te, comme plus grand intervalle, englobant une 3ce, comme plus petit intervalle.

Un 1er renversement se compose d'une 6te, comme plus grand intervalle, englobant une 3ce, comme plus petit intervalle.

Un 2e renversement se compose d'une 6te, comme plus grand intervalle, englobant une 4te, comme plus petit intervalle.

Dans le 2e renversement de l'accord du VIIe degré, cette quarte est toujours augmentée.

Ces notions très sommaires peuvent être données en une très courte leçon qui sera suivie immédiatement d'exercices de lecture à trois parties disposées sur trois portées au tableau noir. (Il serait désirable que, le plus tôt possible après l'exercice au tableau, les élèves aient en main les parties séparées de ces exercices qui, d'ailleurs, se trouvent dans le livre de V élève du présent manuel.)

Distinction des ac- 300. — Au cours de ces exercices, on complétera les notions déjà cords consonaats et données sommairement sur la consonance et la dissonance» nants?CC° " 8B°" ^n arrêtera, par exemple, le chant à trois parties à un moment où les voix font entendre une agrégation de trois notes telles que celles-ci :

Exercices appropriés.

Son I sur la 1r.e ligne

etc.

Laissant alors les voix soutenir les trois sons, pendant un moment, on frappera ces sons à l'harmonium ; les voix se taisant aussitôt, les enfants entendront sur l'instrument les sons qu'ils chantaient à l'instant même; on posera des questions sur l'impression éprouvée quand cette agrégation de notes est entendue seule ainsi, en dehors des mouvements mélodiques produits par les sons qu'on aurait proférés avant et après.

301. — A-t-on une impression aussi agréable, moins agréable ou plus agréable quand on entend simultanément les trois sons DO-MI-SI que lorsqu'on entend simultanément les trois sons DO-MI- LA ? (on frappera alternativement à l'harmonium les deux accords.)

A quoi tient l'impression plus dure, plus ûpre pour l'oreille ? — A une dissonance. Entre quels sons se produit cette dissonance?

Pour trouver réponse à ces questions on fera entendre à l'harmonium les agrégations successives :

Son l sur la lr.e ligne i>

ou dan» Tordre inverse

PAR L'ÉDUCATION DE L'OREILLE 147

De quels intervalles superposés se composent ces agrégations? Si on les considère comme une agrégation d'un grand intervalle en englobant un plus petit, quels sont ces intervalles?

302. — Existe-t-il un intervalle (ou un renversement de cet intervalle) commun à toutes ces combinaisons? Si oui, quel est-il? —

Quand on aura reconnu que, dans toutes ces agrégations dissonantes, il entre toujours soit un intervalle de seconde (ou 9m0), soit une 7me (renversement de la seconde), quelle conclusion tirera-t-on? — Que c'est toujours la 2*« ou la 7me qui est la DISSONANCE, de quelque façon qu'elle se présente dans une agrégation de sons simultanés. {Plus les noies dissonantes son! rapprochées, plus Pimpression est nette.)

Il faut arriver à cette conclusion que les sons consonants sont ceux que l'oreille n'éprouye pas le besoin de séparer ; les sons dissonants sont ceux que l'oreille a besoin de modifier, en les remplaçant par d'autres sons.

On comparera entre elles, les 2des majeures et les 2des mineures ; les 7mes mineures et les 7mes majeures ; et on arrivera à cette conclusion que plus la 2de est petite, plus elle est dissonante, plus la 7me est grande, plus elle est dissonante : plus la dissonance est désagréable, plus grand est le besoin d'un repos immédiat pour l'oreille.

303. — Plus tard, quand les enfants auront acquis une oreille musi- Tendance des dissocie plus expérimentée, on pourra insister sur le caractère d'instabilité de nances à se dissocier ces agrégations, sur les tendances des dissonances à descendre généralement ^nance^^ * °°n' sur le degré immédiatement inférieur.

Deux sons dissonants ont tendance à se dissocier, en se rapprochant ou en s'éloignant pour faire entendre une consonance.

Poussant plus loin l'éducation du sens de la détermination mélodique des dissonances, on fera constater que, quand elles sont isolées, c'est-à-dire en dehors des progressions régulières, les 7meB majeures ont une tendance à monter d'un demi-ton ; que les 7me» mineures ont, au contraire, une tendance à descendre d'un degré; que l'adjonction à une 7me majeure d'une tierce ou d'une quinte simultanée modifie quelquefois la tendance, soit en renforçant, soit en diminuant l'attraction vers le grave ou l'aigu ; exemple : j

comparer

Dissonance Cofsonance D. D. C. D. C. D D. C O. C. D. C B.C. D U C.

On frappera d'abord la 7»e et on fera rechercher quel son serait le plus agréable à entendre immédiatement après. (Cette observation ne vaut que pour la dissonance de 7me : pour la seconde frappée dans ces conditions, on reconnaîtra facilement que la détermination mélodique de la dissonance est une tendance à descendre sur le degré immédiatement inférieur.) On

rendra plus sensible la tendance en frappant d'abord la noie qui doit former dissonance, et ensuite les autres notes ; exemple :

Les élèves feront vite cette observation que le son dissonant a toujours une tendance vers un son complétant l'accord dont font partie tes sons frappés en second lieu ; par exemple :

DO

en a) le SI a tendance vers DO complément supérieur de MI

DO

en b) le RÉ a tendance à compléter par la tierce DO raccord de la

dont on a frappé ensuite les deux notes

304. — Mais il peut atTiver que, pour la seconde supérieure, la tendance soit nettement ascendante ; c'est lorsque te son dissonant «st frappé ou chanté avec un accent très marqué, par exemple :

Quand le son dissonant est une seconde inférieure, la tendance est descendante.

En faisant entendre successivement les agrégations suivantes, l'élève arrivera à trouver quelle est la meilleure marche de la dissonance ; il reconnaîtra aussi que l'adjonction d'une quinte (ou d'une quarte) à l'agrégation renforce cette tendance de la dissonance vers l'aigu ; au contraire, l'adjonction d'une tierce (ou d'une sixte) renforce la tendance descendante de la dissonance. Il en est de même d'une agrégation de 4t6 et de 7me.

Il ne s'agit pas ici d'un fait général ; mais il se produit très fréquemment ainsi, et, si l'on veut que l'élève arrive à une formation musicale complète de l'oreille, il est bon de lui faire connaître toutes ces tendances des sons simultanés.

305- — Ces notions d'ailleurs ne seront données qu'à des élèves déjà avancés, ou à ceux qui manifesteront de bonne heure des dispositions et un instinct musical plus marqués ; et ils sont assez nombreux.

Il est, en tout cas, nécessaire que les maîtres possèdent ces notions, qui, je le répète, et contrairement à te pratique admise gènènAement, sont partie essentielle et importante de l'éducation musicale de l'oreille.

306. — Plus tardivement enfin, lorsque les élèves auront acquis l'habitude de discerner rapidement les trois sons composant un accord, on fera des exercices progressifs pour étendre cette connaissance à l'audition de quatre sons simultanés.

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On commencera en intercalant dans une septième la tierce et la quinte : cette agrégation est assez facilement discernable, si Ton remarque qu'elle se compose de tierces superposées. En partant du son qui a le plus frappé l'oreille et qu'il devra reproduire, l'élève descendra ou remontera par mouvements conjoints jusqu'aux sons extrêmes, en nommant au passage les sons frappés et soutenus par l'harmonium.

Pour les accords parfaits ou leurs renversements, le quatrième son s'obtient toujours en doublant à l'octave une des notes constitutives de raccord, ou bien, supprimant une ou deux de ces notes, en doublant à l'octaVe la ou les notes restantes. Ex. :

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