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Une amputation du bras gauche à deux lambeaux égaux

5. Une désarticulation inter-scapulo-thoracique, c’est-àdire l’ablation de la totalité du membre supérieur y compris l’omoplate et la moitié de la clavicule.

Toutes ces opérations ont été photographiées à une époque où l’on n’opérait pas avec des gants. Le spectateur ne devra donc pas s’étonner de voir les mains et les bras

nus.

1 " Amputation intra-malléolaire du pied droit à lambeau

Il s’agissait d’un cas de tuberculose de la totalité du tarse, où le pied ne pouvait pas être conservé.

On a appliqué la bande d’Esmarch, afin d’éviter au malade, qui était très faible, la moindre perte de sang.

Vous assistez d’abord à la dissection du lambeau talonnier, le pied étant maintenu presque vertical par un assistant.

Le couteau doit raser l’os, de manière à ménager toutes les parties molles du lambeau cutané. Dès que le lambeau talonnier est complètement disséqué, le pied est abaissé et le chirurgien taille un petit lambeau cutané antérieur, qui est relevé à son tour. Il s’assure que la section a été faite jusqu’à l’os.

Il coupe ensuite les deux os de la jambe avec la scie, à deux ou trois centimètres au-dessus de l’interligne articulaire.

Les dernières attaches inter-osseuses postérieures sont sectionnées avec les ciseaux.

Le lambeau est réappliqué provisoirement, afin de s’assurer qu’il s’adapte bien.

Il est alors relevé, pour pratiquer la résection du nerf tibial postérieur, puis la résection de la partie exubérante du tendon d’Achille, qui gênerait la coaptation du lambeau cutané avec la surface osseuse.

Le chirurgien fait alors la ligature des artères tibiale antérieure et tibiale postérieure et des principales artérioles. Puis il réunit partiellement la peau par un surjet de soie. La réunion est complétée avec des agrafes. On place le drain et on applique le pansement.

La pellicule vous montre l’opération complète, telle qu’elle a été exécutée sur le vivant. Vous jugerez qu’elle a duré très peu de temps, comme vous le remarquerez pour les opérations suivantes, parce que le chirurgien n’a fait aucun mouvement inutile.

2 °. Amputation circulaire de la jambe droite au tiers supérieur

La méthode circulaire est la meilleure pour l’amputation de la jambe, car la méthode à lambeau postérieur exige l’intégrité de la presque totalité des tissus du mollet, presque toujours atteints par la lésion qui nécessite l’amputation.

La section de la peau est faite sans reprise, à un diamètre du membre au-dessous du point où l’os sera sectionné.

Le couteau repasse dans l’incision.

Il s’agit alors de disséquer la manchette cutanée en ménageant la couche cellulo-graisseuse.

La manchette est incisée longitudinalement si elle est très conique, et relevée avec des pinces à griffes.

Le chirurgien pratique la section circulaire des muscles superficiels et fait une reprise pour compléter la section des muscles du mollet, qui sont très épais.

Il pratique ensuite la section dite en 8 de chiffre, afin de dégager l’espace inter-osseux.

Vous remarquerez que le meilleur instrument pour faire l’amputation des membres à espace inter-osseux est le couteau inter-osseux à double tranchant.

Le périoste est détaché avec une rugine. Avant de faire la section transversale de l’os on amorce, au niveau de la crête antérieure du tibia, une première section oblique en bas et en arrière, de façon à né pas laisser en ce point un angle saillant, qui pourrait perforer la peau.

On fait alors la section transversale des os, en entamant d’abord le tibia; et on complète la section du péroné avant de terminer la section du tibia.

On pratique la ligature du tronc tibio-péronier et des principales artères, particulièrement des jumelles. L’hémostase terminée, il n’y a plus qu’à faire la suture et le pansement.

3 ° Amputation intra-eondylienne de la cuisse droite

Dans les cas où la jambe doit être sacrifiée entièrement, l’amputation intra-condylienne de la cuisse est souvent préférable à la désarticulation du genou; elle laisse d’ailleurs un moignon très satisfaisant.

Vous assistez d’abord à la dissection du lambeau cutané antérieur, qui est relevé jusqu’au point où l’os sera sectionné. Les muscles postérieurs sont coupés presque transversalement par transfixion, le périoste est détaché et l’os est sectionné.

Vous voyez que. l’amputation elle-même dure très peu de temps parce qu’il n’a été fait aucun mouvement inutile.

Le chirurgien pratique alors la résection du nerf sciatique, puis il lie l’artère et la veine fémorales. Le lambeau antérieur est réappliqué.

Dans ce cas il a été suturé à points séparés avec du crin de Florence.

4 ° Amputation du bras gauche à deux lambeaux dans un cas de cancer épithélial de la main et de l’avant-bras

Les deux lambeaux sont taillés par transfixion, d’abord le postérieur, puis l’antérieur. Les quelques fibres musculaires qui restent autour de l’os sont coupées circulairement et le périoste est mis à nu par une reprise du couteau.

L’humérus est sectionné avec la scie à dos mobile. Le chirurgien fait ensuite la résection du nerf médian, puis des nerfs cubital et radial. Il lie l’artère humérale superficielle et l’artère humérale profonde et pratique la suture du lambeau avec des agrafes. Il n’y a plus qu’à placer les drains et à appliquer le pan-ement.

5 ° Désarticulation inter-seapulo-thoracique

du côté droit, pour ostéo-sarcome de l’humérus et de l’omoplate

Cette operation est une des plus intéressantes qu’il m’ait été donné de cinématographier. C’était la première amputation inter-scapulo-thoracique que je pratiquais.

La technique a été déterminée mentalement sans avoir été essayée à l’amphithéâtre. Vous remarquerez que j’ai réalisé cette opération, qui est très longue entre les mains de presque tous les chirurgiens, en quelques minutes, parce que j’ai imaginé un procédé qui permet de la faire avec une sûreté et une simplicité remarquables.

Il s’agit du bras droit. Je commence par faire en avant une incision mettant à nu la clavicule et je sectionne la clavicule avec une petite scie à main, en prenant soin de ménager les vaisseaux sous-jacents. Le bras est alors relevé et je taille avec le couteau un vaste lambeau cutané postérieur, suffisant pour recouvrir la plaie qui doit résulter de l’amputation. Ce lambeau doit comprendre une partie de la peau de l’épaule. Le lambeau cutané est disséqué jusqu’à l’angle inférieur de l’omoplate. Le couteau plonge au-delà de l’angle de l’omoplate, dans la masse musculaire, et détache l’omoplate de toutes ses attaches. On voit apparaître le muscle grand dentelé, qui recouvre les côtes.

Le bras est attiré en haut par un aide et au bout de quelques instants le membre n’est plus en rapport avec le tronc que par le faisceau vasculo-nerveux, qui a été ménagé par l’instrument tranchant

Une grande pince courbe est appliquée sur le faisceau vasculo-nerveux, qui est sectionné, et le membre est enlevé.

Je pratique enfin la ligature séparée de l’artère et de la veine axillaires, puis la résection des principaux troncs nerveux et la ligature des artérioles qui peuvent donner du sang.

Vous voyez que le lambeau se réapplique très bien. Il reste à faire la toilette de la plaie, la suture, le drainage et le pansement.

Les quatre premières opérations que je viens de vous présenter vous enseignent à peu près tout ce qui peut se faire comme amputations dans la continuité des membres, puisqu’elles comprennent trois amputations à lambeaux et une amputation circulaire.

La désarticulation inter-scapulo-thoracique est une opération tout à fait exceptionnelle et qui n’a été exécutée que par très peu de chirurgiens. Depuis que j’ai cinématographié cette opération, j’ai fait deux autres désarticulations analogues par la même technique; les trois malades ont guéri sans le moindre incident.

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