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Les Projections Fixes et Hnimées et par la Photographie Stéréoscopique
IACous avons obtenu du Docteur DOYEN le monopole de l’édition de sa collection de pellicules cinématographiques et de clichés stéréoscopiques.
L’innovation du Docteur DOYEN, d’utiliser le cinématographe pour l’enseignement de la technique opératoire, remonte au mois de juillet 1898.
Nous ne pouvons mieux indiquer au monde scientifique l’utilité du cinématographe pour l’enseignement delà chirurgie qu’en citant les lignes suivantes, extraites de la conférence faite par le Docteur DOYEN en avril 1903, au Congrès International de Médecine de Madrid :
« J’ai présenté, pour la première fois, le cinématographe comme un instrument de vulgarisation et d’enseignement de la technique opératoire, à la réunion de l’Association médicale britannique, en 1898, à Edimbourg.
Les démonstrations qui eurent lieu en 1899 à Monaco, sous le patronage de S. A. S. le prince Albert 1 er , puis, la même
année à l’Université de Kiel, sur l’ordre de S. M. l’empereur Guillaume II, et au Congrès international de gynécologie d’Amsterdam; en 1900, au Congrès international de la Presse médicale à Paris, et à la Société de gynécologie de Londres; en 1901, à la réunion de l’Association médicale britannique à Cheltenham; en 1902, à,l’Exposition des Moyens d’Enseignement de la médecine, à Berlin, où le Comité m’a décerné une médaille d’or pour mon nouveau cinématographe et pour l’application de cet appareil à l’enseignement de la chirurgie, enfin, la même année au Musée polytechnique de Moscou, ont consacré la valeur de cette nouvelle méthode d’enseignement.
Mes premières démonstrations ont soulevé bien des critiques. J’ai poursuivi mon but avec persévérance.
Vous allez juger vous-mêmes de la valeur des projections animées pour la vulgarisation de la technique opératoire.
Vous verrez que le cinématographe supplée à l’insuffisance des autres moyens de démonstration. Un exemple entre cent: un des instruments qui ont été le moins compris est mon écraseur à double levier. Vous allez le voir fonctionner, dans les opérations que je vais projeter sur l’écran. Vous comprendrez mieux en quelques minutes, devant la scène animée, les avantages et le maniement de ce nouvel instrument d’hémostase, que par la lecture de tout ce que j’ai publié à ce sujet. Vous verrez qu’en dix ou quinze secondes les plus gros pédicules sont réduits presque sans effort à l’épaisseur des tissus fibro-celluleux, qui seuls résistent à la compression énorme de près de deux mille kilos.
Vous remarquerez aussi que plusieurs centaines de per-
sonnes suivent sur l’écran du cinématographe tous les détails d’une hystérectomie abdominale, par exemple, que dix élèves à peine peuvent observer sur le vivant.
Le cinématographe me paraît donc devoir être employé dans les cours théoriques de médecine opératoire, que devraient suivre tous les jeunes étudiants avant d’être admis dans les salles d’opérations.
On évitera ainsi qu’ils n’encombrent l’amphithéâtre et qu’ils ne viennent gêner le chirurgien, sans aucun profit pour eux-mêmes, puisque la plupart ne voient rien, et que ceux qui voient ne sont pas assez préparés à comprendre.
Le cinématographe permettra également de conserver à titre documentaire les opérations des anciens chirurgiens. Combien il serait précieux de revoir aujourd’hui sur l’écran lumineux les opérations de Langenbeck l’aîné, de Maisonneuve, de Volkmann, de Billroth ou de Péan! Les documents que nous laisserons désormais, grâce au cinématographe, permettront aux chirurgiens futurs de mieux juger les progrès accomplis.
Il me reste à signaler une des particularités imprévues de la cinématographie: le cinématographe est le meilleur maître du chirurgien qui lui a confié ses opérations. C’est grâce à ce merveilleux instrument que j’ai amélioré ma technique, que j’ai supprimé des opérations bien des manœuvres inutiles. Opérez simplement; l’opération sera brève et couronnée de succès.
Hâtez-vous lentement: le temps, pour l’opéré, c’est la vie.
Le cinématographe m’a permis de me justifier également de cette critique, que j’opérais trop vite, et vous jugerez sur l’écran que mes mouvements ne sont pas précipités.
Mes opérations durent peu de temps, parce que tout est bien réglé et parfaitement ordonné, parce que la technique est simple et précise, parce que tout est fait avec méthode et sans rien laisser au hasard.
Il serait judicieux d’opérer avec lenteur, si cette lenteur était un des principaux facteurs du succès ; il en est tout autrement: une opération longue épuise le patient par des manœuvres lentes et inutiles, qui contusionnent les tissus destinés à la réparation et compromettent leur vitalité.
Le cinématographe est à la portée de tous. Son maniement est facile pour un homme du métier. La condition indispensable pour obtenir de bonnes épreuves est de choisir une salle d’opérations bien éclairée. Commencez par un cas typique : vous risquerez tout au plus de perdre 50 ou 60 mètres de pellicule. Quant à l’opéré, il ne sera jamais davantage en sécurité, car vous aurez préparé avec un soin tout particulier l’opération que vous exécuterez devant le cinématographe.
L’enseignement de la technique opératoire par le cinématographe doit être fait de la manière suivante :
Le professeur décrit d’abord les différents temps de l’opération en projetant des positifs fixes qui représentent les instruments nécessaires à l’opération, puis les dessins schématiques et des photographies d’après nature. Lorsque les élèves ont bien compris, le professeur projette sur l’écran la
pellicule cinématographique, en donnant des explications complémentaires. »
Le succès récent des démonstrations cinématographiques du Docteur DOYEN au Congrès International de Médecine de Lisbonne et dans divers milieux scientifiques nous a engagé à éditer les films du Docteur DOYEN dans des conditions exceptionnelles qui les mettent à la portée de tous les centres d’enseignement.
Nous tenons tout particulièrement à faire observer que nous entendons faire une édition exclusivement scientifique des films chirurgicaux du Docteur DOYEN, pour servir à l’enseignement de la technique opératoire et à la démonstration des progrès réalisés par les grandes opérations chirurgicales .
Tout exemplaire de films cinématographiques représentant le docteur DOYEN pourra être saisi comme contrefaçon s’il n’est pas revêtu de notre marque de fabrique et de la signature du docteur DOYEN.
Les films chirurgicaux du docteur DOYEN sont au nombre d’un peu plus de cinquante et représentent autant d’opérations distinctes, parmi lesquelles nous citerons : la thyroïdectomie, la néphrectomie, la gastro-entérostomie, l’ablation de l’appendice, les amputations et les résections, l’évidement osseux, la craniectomie temporaire, l’ovariotomie, l’hystérectomie abdominale et vaginale, etc.
Ces films ont été groupés en séries.
Chaque conférence comprend quatre ou cinq films cinématographiques, d’une longueur totale d’environ 300 mètres.
Le résumé de chaque conférence a été rédigé par le docteur DOYEN.