Bonnet, id., p
3. Grég ire avait appris à lire vers huit ans et, semble-t-il, dans l'Écriture. Vitae patrum, 8, 2; De gloria conf., 39.
4. { se peut que la teinte poétique, qui parfois apparaît dans le style de Grécoire, soit due moins à l'influence virsilienne qu'à l'imitation des chants épiques, dont il s'est évidemment inspiré dans certaines parties de l'Historia
Autant qu'on peut s'en rendre compte, ses lectures elles-mêmes furent moins étendues qu'Ozanam et Fustel de Coulanges ne l'ont cru. Non qu'il ait eu de la répugnance à lire les auteurs profanes ; la diatribe contre Virgile, qui se trouve au début du Liber miraculorum, ne prouve rien. Comme d’autres hagiographes, Grégoire prenait plaisir à opposer aux aventures des héros et des dieux antiques les vertus qui avaient illustré les héros de la sainteté. Saint Jérôme, dont il rappelle, dans ce passage même, le songe fameux et les angoisses, avait, lui aussi, jeté l’anathème sur les poètes et les philosophes, sans cesser de les lire et même d'en autoriser la lecture. Grégoire pouvait blämer la mythologie qui remplit les chefs-d'œuvre de l'antiquité sans renoncer à s'en nourrir. En fait, c'est Virgile qu'il connaît le mieux, ou, pour parler plus exactement, c'est à peu près le seul auteur profane qu'il ait pratiqué. C'est à lui qu'il fait les emprunts les plus fréquents comme l'ont établi MM. Kurth !,Max Bonnet ?, Krusch #, Manitius #, qui ont fait une étude attentive de la eSton Il s'inspire de Salluste deux ou trois fois 5. Pour Aulu-Gelle et Pline, MM. Kurth5 et Bonnet ? supposent qu'ils ne les connaissait que de nom *. La liste est close. Voilà les textes classiques que Grégoire avait manifestement connus, et encore fort tard, alors que la formation de son langage et de son goût était déjà presque achevée; voilà les auteurs qui devaient résister à l'influence des versions de l'Écri-
Francorum. (Voir Monod, op. cit., p. 99; Kurth, Hist, poél. des Mérov., p. 215, 221, 297 etc...) Nous laissons de côté cette question qui dépasse l'histoire de la culture classique. Sur le goût de Grégoire pour la poésie, voir Krusch, Introduction du Lib. Mirac., p. #59, et Manitius, Neues Archir, XXI, p. 556.
1. Grégoire de Tours et les études classiques au VE siècle (Rev. des Questions historiques, 1878, t. II , P- 588). Kurth (id., p. 591) suppose que Grégoire avait appris par cœur certains passages de Virgile, choisis exclusivement dans les huit premiers chants de l'Énéide. Ce sont en effet souvent les mèmes vers
ou les mêmes expressions qu'il cite. 11 s'est même demandé si Grégoire
n'avait pas connu ces quelques textes dans une anthologie. Bonnet, Krusch, Manitius ont montré que Grégoire avait une connaissance plus large de Virgile et qu'il a fait des emprunts à HE toutes les parties de son œuvre.