‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 110 sur 404 · Epist. Il, p · texte numérisé non relu

Epist. Il, p

+. Epist. Ill, p. 138.

$. Ebert, /Jist. de la lite. 1, p. 642. —TenTel-Schwabeñ, #97, 1.

L'enseignement des lettres rlassiques. 8

et les Regulus, les théories en cours parmi elle attirent notre attention; or que les idées prêtées à d'autres par Virgile leur appartiennent réellement, ou qu'elles soient son bien, elles n'ensont pas moins instructives pour l’objet de nos recherches, oomme nous allons le voir.

Virgile assigne comme but aux études la possession des connaissances divines et humaines; celui qui s'en est rendu maitre est digne du nom de philosophe t. Il indique par quelles disciplines 1l a mérité ce titre. « Notre philosophie, écrit-il, comprend plusieurs arts dont Îles principaux sont: la poésie, la rhétorique, la grammaire, la leporia, la dialectique, la géométrie et les autres qui visent moins à être utiles qu'à satisfaire la curiosité ?. » La leporta que nous n'avons pas traduite, faute de lui trouver un équivalent français, semble être l'art de répandre des grâces dans le style, art puissant, dit Virgile, mais parfois trompeur #.

Virgile définit les arts libéraux. A côté de formules où nous retrouvons, délayées et obscurcies, des définitions connues t, il en présentede plus originales et aussi de plus étranges. Ainsi il dit de la dialectique qu'elle mord, c'est-à-dire, semble-t-il, qu'elle soumet à une critique rigoureuse tous les mots susceptibles d’être lus, prononcés et écrits ”, et de la géométrie qu’elle indique l'usage des plantes f. Il établit entre la poésie et la rhétorique une différence curieuse : « La poésie, dit-il, dans une langue que nous ne prétendons pas rendre exactement, satisfaite de sa propre variété, est étroite et obscure ; la rhétorique, joyeuse de son charme, étale son ampleur et sa beauté, non sans user pompeusement des mètres, pieds, accents, tons et syllabes 7, »

4. Epit., IV, p.17. Cette définition rappelle celles de Cicéron (De legibus, 1, 58; — Tusculanes, 1, 6+, etc.i. — Cf. saint Augustin, De Civit. Dei, VIT, 2.

3. Id., p. 18. Ce sens est confirmé par les expressions : «a rhetoribus ac leporicis » (Epil. IV, p. 16) et « de rhetoribus et leporicis mentiuncula facta est » (tid., p. 17).

4. Citons, par exemple, pour la grammaire (id., p. 19) : « Grama est litleralurae pervidalio { perviatio, corr, de Stowasser ap. Strangl, Wochenschrift für Klass. Phil., 1890,p. 6t3] quae quasi quaedam lotius lectionis semitula est unde et a perilis lilera interpretalur legitera, quod est legendi itinerarium. »

5, Id. Nouslisons Dialecta est mordatrix plutôt que moderatrix (correction d'Ernault, De Virgilio Marone, p. 39). Le contexte (exinlerans quodammodo atque efjibrans viscera sententiarum, medullas sensuum, venas fonorun) explique mordatrir. Stowasser(ap. Strangl, op.cit., p.6+3) propose mordicatrix.

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