Id, p
4. Voir Hucmer, W. Sis., t. 99, p. 556, et dans la Revue de philologie, XIX, 1895, p. #3, un important article de M. Lejay.
lettres adressées à Donat, il avait traité du vers saphique et du vers héroïque ; en reprenant ce sujet, il craindrait de paraitre fastidieux! Il avait donc consacré à la versification des écrits perdus aujourd'hui. S'agissait-il dans cette lettre du vers prosodique ? Il est impossible de l'établir avec certitude.
Ailleurs Virgile nous dit qu'il a écarté de son ouvrage latin les mètres grecs. M. Lejay a supposé que, par les mots metra greca, il fallait entendre non pas la versification grecque, mais la versification prosodique®. Cette hypothèse est ingémeuse, et si M. Lejay a fidèlement interprété la pensée de Virgile, il efface de son œuvre les seuls indices faisant supposer une étude du vers prosodique. Dans cette interprétation, en effet, Virgile opposerait les mètres grecs à l'ensemble de ceux qu'il a énumérés auparavant ; et en fait, il dit des mètres grecs qu'ils diffèrent essentiellement des autres *. S'il s'agissait d'un autre écrivain que Virgile, une distinction aussi nettement établie nous paraîtrait péremptoire. Mais Virgile ne sait pas être clair pendant toute la durée d'un développement. À prendre ce quil dit au pied de Ia lettre, il établit non pas deux, mais quatre catégories ; 1l distingue d'abord l’hexamètre et l'heptamètre qui sont rhéloriques * puis le trimètre, le tétramètre et le pentamètre qui sont poétiques *, puis le saphique et l’héroïque, enfin les mètres grecs. Admettons que les trois premières catégories doivent être réunies en un seul groupe, il reste quelques obscurités. Pourquoi Virgile isole-t-il le saphique et l'héroïque qui sont l’un un pentamètre, l’autre un hexamètre ? Est-ce simplement parce qu'il en a parlé ailleurs ? C'est possible; mais ne pourrait-on pas supposer aussi que cette distinction est plus profonde, et que le grammairien a voulu distinguer du pentamètre et de l'hexamètre rythmiques, le saphique et le vers héroïque prosodiques ? On comprendrait mieux alors qu'il
leur ait conservé leurs noms anciens f.