Id., p
6. La strophe saphique avait, il est vrai, été aussi adaptée à la versification rythmique (Voir Havet-Duvau 3, $ 506), mais le vers héroïque rythmique était-il différent d'un hexamétre ? — Cette distinction du vers hexamètre et du vers héroïque se retrouve chez Aldhelm dans la théorie du vers dactylique. Ï se peut que le grammairien Virgile soit pour quelque chose dans cette disüinction inutile. Voir plus loin, chap. X.
La prudence, on le voit, nous défend de profiter pleinement de l'hypothèse de M. Lejay. Laissons ce passage ambigu, et cherchons dans les autres parties du livre ce qui pourrait nous renseigner plus exactement sur les connaissances de Virgile en fait de versification prosodique. Virgile parle de la quantité à plusieurs reprises, mais en termes équivoques !: « Svilabarum naturas quis facile intellegit, cum tam saepe motantur, ut a nemine omnino deprehendantur, quia secundum pedum statum flexibiles sunt. » C'est bien là un aveu que la quantité lui était inconnue. Il ajoute : « Etenim secundum necessitatem mensurandorum pedum de duabus syllabis una efficitur et longa vocatur ut audi, vade, aula », ce qui corrobore notre affirmation. Dans le chapitre De metris, il demande aux poètes : « Üt primum discribendarum literarum notitiam habens singularum modos mensurasque depinguat syllabarum ? ». Entend-il par là la mesure métrique des syllabes ou, plus humblement, ne demande-t-il pas au poète de savoir séparer correctement les syllabes * ? Voilà pour l'étude technique de la quantité, Virgile ne nous apprend rien et il semble l'ignorer complètement. D'autre part, dans les citations qui abondent dans son œuvre, on ne trouve pas un exemple certain de vers prosodique. M. Sittl avait signalé un groupe de mots constituant un hexamètre dactylique qui d'ailleurs était faux ‘. M. Lejay en a ajouté un second, également faux ? ; nous en signalons un troisième 6 ; il n’est pas plus régulier que les autres. Si Virgile a cru citer des vers prosodiques, — et nous en doutons pour notre compte, — reconnaissons qu'il n'était pas très scrupuleux ; pour trois vers qu'il cite, il aurait pu les choisir corrects ; et si, comme il n’est pas impossible, il a forgé luimême ces exemples, on voit combien il avait raison de se méfier de la quantité.
Il est regrettable que Virgile ne se soit pas nettement expliqué sur toutes ces questions ; car, en le voyant d’une part mentionner