Epit. IV, p
rences essentielles. Pour lui, la rhétorique c'est l'art de parler copieusement et sans doute aussi, de savoir emplover des termes étranges, d'user habilement des procédés que nous avons indiqués plus haut et dont le résultat est de voiler la pensée. Enfin à la dialectique Virgile a emprunté, ce qu'elle a de mauvais ; il ergote plutôt quil ne raisonne.
Nous avons refusé, on se le rappelle, de reconnaître les caractères de l'enseignement scolastique aux méthodes usitées dans les écoles de la Gaule au iv° siècle, [ls apparaissent au contraire dans Virgile avec une évidence indéniable.
Le raisonnement outré, si cher à la scolastique, s'étale à chaque page des Epitomae et des Lettres. Virgile n'en était pas l'inventeur, les grammairiens du v‘ et du vif siècle que nous avons conservés accusent déjà cette tendance; mais Virgile l’a accentuée, encouragé peut-être par des auteurs qu'il a pratiqués et qui aujourd'hui sont perdus ou n'ont pas été publiés. Si brièvement qu'il étudie les parties du discours, 1l n'oublie pas de se poser des questions à tout propos ; les mots quaeritur, quaestio reviennent fréquemment !. Et ces questions portent sur les objets les moins importants et Îles moins dignes d'occuper l'attention dans un livre élémentaire. Pourquoi, dans la grammaire, le pronom est-il placé avant le verbe ‘? pourquoi la signification du verbe est-elle étudiée après sa conjuœaison *? pourquoi distingue-t-on des genres “? pourquoi le féminin vient-il après le masculin *? etc.
Ces questions sont l’écho des sottes préoccupations et des extravagances que Virgile prête aux grammairiens vrais ou imaginaires de son temps et que nous avons déjà signalées. Les débats diurnes et nocturnes sur l'utilité du verbe 6, sur le vocatif de eyo 7, sur les verbes inchoatifs 5, auraient fait la réputation des grammairiens dialecticiens du xur° siècle. L'une des difficultés qui empèchaient Mit-
1. Quaerilur (Epist. NN, p. 143): quaeslio (Epist. ME, p. 144, 145, 147, 148,156, ete.): requirendum est (Epist. TEE, p.148).