‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 134 sur 404 · Tertullien, De idol., 10 {M. 1, col · texte numérisé non relu

Tertullien, De idol., 10 {M. 1, col

le deuxième livre du De doctrina christiana. 11 expose qu'il est indispensable de connaître l'histoire, l'histoire naturelle, l'astronomie, l'architecture, la médecine, l'agriculture... la dialectique, la rhétorique, l'arithmétique, les tropes, etc., pour comprendre l'Écriture !. Il n'est jusqu'à la philosophie païenne à laquelle on

ne puisse faire d'utiles emprunts ?. Donc, dans la pensée des Pères, la lecture sacrée était intéressée, elle aussi, à la conservation des lettres profanes. Nous trouvons là un second motif d'une extrême importance, puisque l'interprétation de l'Écriture est le but suprême vers lequel le clergé doit orienter son effort intellectuel.

Nécessité de ne pas être inférieurs aux laïques, qu'ils soient chrétiens ou païens, exigences de la lecture sacrée, voilà, nettement dégagés, les deux motifs pour lesquels des Pères de l'Église ont admis l'usage des lettres profanes dans l'éducation chrétienne.

Le principe admis, restait à déterminer comment et dans quel sens l'enseignement ancien se continuerait. Les Pères du 1v° siècle acceptaient bien l'héritage des anciens, mais, comme dit Ozanam, « sous bénéfice d'inventaire ? ». Ils avaient justifié l'emploi des auteurs profanes par une réminiscence biblique : comme le peuple hébreu, au sortir de l'Égypte, le christianisme avait emporté les vases d’or et d'argent de ses ennemis *. C’est par une allégorie, encore empruntée à l'Écriture, qu'ils montrèrent la nécessité de les purifier : « Saint Paul avait lu, dans le Deutéronome (XXI, 12), dit saint Jérôme 5, qu'il faut raser la tête et les sourcils de la femme captive, l'épiler, lui couper les ongles et la prendre ensuite pour femme. Pourquoi s'étonner que, charmé des beautés de la sagesse païenne, Je désire faire une Israélite de cette servante, de cette captive, et, qu'après l'avoir rasée, c'est-à-dire purifiée de ce quiest chez elle à l'état de mort, de son idolâtrie, de ses erreurs, de ses dérèglements, je la prenne pour épouse? » Ce rapprochement sembla un argument beaucoup plus fort que les raisons tirées des faits eux-mêmes, et, comme le remarque Ozanam, ce sera sur cette parole que les sciences, les arts, les traditions de l'antiquité passeront au moven âge 6 ». Notons-le, ce n'est pas la seule occa-

- Tout cela dans le livre IT, sauf les tropes (III, 29. M. 34, col. 80). . [T, 40 (M. 34, col. 63).

. Civilis, au Ve siècle, 1, p. 394.

. Saint Augustin, De doct. christ, 11, 40 (M. 34%, col. 63).

. Epist. 70 (M. 22, col. 665). Cf. id., 21 1id., p. 385).

. Civilis, au Ve siècle, 1, p. 395,

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