Îd., II, 29 (M. 34, col
1. Contra Cresconium Grammaticum, 1, 1 (M. #3, col. #47). Plus loin, chap, 2 (col. 448), saint Augustin distingue soigneusement l'éloquence de la sophistique,
comme toujours, son avis de versets empruntés à l'Ecriture; il aurait pu invoquer simplement le bon sens et l'exemple des chefsd'œuvre, d’où avait été tirée la technique de l'art oratoire. Jamais les grands orateurs n'avaient confondu la véritable éloquence avec le verbiage et la préciosité. En rendant la première place à l'invention dans l’art oratoire !, saint Augustin reprenait la tradition de la saine rhétorique.
Voilà quelle a été, au 1v° siècle, l'opinion des Pères latins sur les lettres classiques. Le rôle qu'ont joué saint Jérôme et saint Augustin, l'influence qu'ils ont exercée sur toutes les écoles chrétiennes, ont recommandé cette opinion, mais ce serait, croyons-nous, une erreur que d'en faire une doctrine engageant désormais l'Église entière. Tout d'abord l'autorité n'avait pas, dès lors, le caractère qu'elle a eu plus tard, quand l'Église d'Occident a ornié un grand corps uni
sous le pouvoir pontifical. Il n'est guère que l'Écriture dont le res-
pect se soit, à ce moment, universellement imposé. De plus, la méthode d'enseignement n'a jamais été assimilable à un dogme. Enfin, et nous insisterons sur ce point, les raisons, pour lesquelles les Pères n'avaient pas répudié les lettres profanes, n'étaient pas immuables.
La nécessité, invoquée pour conserver les lettres profanes dans l'enseignement, ne constituait un principe fixe qu'en apparence. Elle était en rapport avec l'existence d’une société instruite en dehors de l'Église. Et, d'autre part, les eauses de suspicion, qui frappaient la culture classique, étaient d’une importance également variable; si bien que l'ignorance générale ou la culture étendue, la distinction ou la confusion de la société instruite et de la société religieuse, d’une part, et de l'autre les intérêts et la tactique. la rigueur des tendances ascétiques, les sursauts du paganisme ou la docilité de la foi, les révoltes de l'hérésie ou la soumission aux dogmes, bien d'autres conditions encore pesèrent sur les résolutions que l’Église ou les Églises furent appelées à prendre à un moment déterminé. on ou le rejet des lettres classiques fut continuellement remis en question. Les opinions sur ce sujet furent propres à chaque époque, parfois à un individu, et elles furent inspirées par la vue exclusive ou dominante, momentanée ou durable, du danger ou de l'avantage qu offrait l'usage des auteurs profanes.
De même, partout où elle est pratiquée, la lecture sacrée ne sup-