Vita Victor., 11 (Acta SS., août, V, p
2. Tel Amator, évêque d'Auxerre (+ 418). Vie écrite avant 603, par Étienne d'Afrique, À (Acta SS., mai, [, p. 52); tel saint Germain d'Auxerre, Via, 1 (Acta SS,, juillet, VIT, p. 202).
subsistaient chez eux; ils ne se trouvaient ni inférieurs à leurs adversaires, ni hors d'état de pénétrer le sens de l'Ecriture. La lecture sacrée emprunta même un éclat particulier au fait que, au moment de l'expansion du christianisme en Gaule, les écoles d'art libéraux y étaient prospères.
Les lettres dans l'Église de Gaule au V* siècle.
Cette situation se prolongea pendant le premier tiers du v° siècle environ ; puis les écoles impériales disparurent, et les membres de l'aristocratie apprirent les arts libéraux chez eux ou dans une école particulière. Ce changement était favorable au développement des écoles chrétiennes. Le pouvoir de l’État s’atténuant, les établissements publics n'existant plus, il devenait loisible pour l'Église de reprendre à son compte les méthodes dont ses docteurs avaient reconnu la nécessité. On pouvait donc croire que les écoles de catéchisme, que les centres de lecture sacrée allaient recueillir les lettres profanes et en propager l’enseignement. Nous allons constater que vraisemblablement il n’en fut pas ainsi. En tout cas, aucun texte ne prouve d'une façon évidente que cet enseignement ait été donné alors dans un monastère ou dans une école épiscopale. On voit assez souvent dans les textes que de saints hommes quittent le monde pour faire des retraites dans les monastères !. Cela ne veut pas dire qu'ils y aient été élevés, ni que ce soit là qu'ils aient puisé l'ensemble de leurs connaissances. Des exemples comme ceux de saint Salone et de saint Véran, conduits tout enfants à Lérins ?,
1. Ainsi Domnulus (Sidoine Apollinaire, Epist. IV, 25) se retire dans le monastère de Condat, Fauste se retire à Lérins, dont il devient l'abbé {Hist. litt., Il, p. 586). Cf. saint Loup de{Troyes (taprès 479), Vita, 1 et 2 {Krusch, Script. rer. Merov., IH, p.120). Il est instruit, mais pas à Lérins où il se rend aprés sept ans de mariage; saint Maxime de Riez (+ 460), Via par le patrice Dÿnamius (+ vers 600), 2 (M. 80, col. 34).
2. Salone (Jlist. litt., I, p. #33) se retire dans les grotles de Lérins à 10 ans (Eucher, Instr., 1, præf., M. 50, col. 713). — Veran (id., p. 417). Saint Salone eut pour maîtres saint Honorat « illo... primum insularum, postea Ecclesiarum magistro » (Eucher, id.}), saint Hilaire qui l'instruit « per omnes spiritualium rerum disciplinas » {id.}, puis Salvien et Vincent « eloquentia pariter sapienliaque præeminentibus » (id.). Ce sont les seuls mots qui pourraient appuyer l'hypothèse d'un enseignement de lettres à Lérins. Salvien lui adresse une lettre (Episl. IX), |
154 LES LETTRES DANS L'ÉGLISE DE GAULE DU IV® AU Vil° SIÈCLE
pourraient être instructifs; mais, par malheur, nous ne savons pas ce qu'ils y apprirent, ou plutôt nous ne trouvons des traces que de ieur instruction religieuse !. Une lettre où Sidoine entretient Fauste, alors abbé de Lérins, de son frère, ne nous apprend rien * sur l'histoire des lettres, non plus que la Vie de saint Maixent (Maxentius, + vers 515) sur l'enseignement de Séverus, abbé du monastère qui prit ensuite le nom du saint 3. La vie de saint Oyand (Eugendus, + vers 510) est plus explicite. Saint Oyand avait appris les éléments des lettres, puis il lisait jour et nuit les ouvrages latins; il était instruit de la faconde grecque‘. Le texte n'est pas clair; peut-être est-ce là une simple imitation, ou bien l'auteur veut-il dire que le saint connaissait à la fois les Pères grecs et latins. Dans les vies des autres abbés de Saint-Claude, M. Poupardin l’a remarqué’, il n'est pas question de travaux littéraires.
Nous connaissons moins encore les études qui se faisaient alors sous la direction des évêques. Sidoine nous parle bien une foisf de la troupe d'élèves (caferva scholasticorum), qui vivait auprès d'un évêque, mais, c'est pour nous dire qu'il a joué avec eux à la paume, entre les offices, près du tombeau de saint Just. Lui-même a-t-il enseigné les lettres à ses catéchumènes?7 Il n’en est pas question dans sa correspondance, et, sans doute, les soucis de son épiscopat, surtout son rôle politique, ne lui en laissèrent pas le loisir. Saint Avit eût été prédisposé par ses études à recommander les arts libéraux. Mais il Juge les poètes sévèrement 8, bien qu'il les imite®, et nous ne savons pas s'il a permis à ses clercs de lire les écrivains profanes !°. [1 nous est donc difficile d'admettre, sans preuves, que l’enseigne-
1. Cf. ce que Salvien écrit à saint Eucher sur ses fils (Epist. VIT).