‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 147 sur 404 · Cf. Lavisse, Rev, des D, M.,15 mars 1886, p · texte numérisé non relu

Cf. Lavisse, Rev, des D, M.,15 mars 1886, p

excès de la rhétorique et voulu prévenir les évêques contre une occupation qui aurait pu devenir un souci exclusif, aux dépens de leur mission spirituelle !? Nous l'ignorons. En tout cas, un fait demeure, auquel nous n'avons pas le droit de substituer une interprétation, c'est qu'un évêque franc du vi siècle ayant montré un goût, exceptionnel alors, pour les lettres *, le pape lui adressa une réprimande 3, déclarant d'ailleurs qu'elles ne convenaient pas davantage laico religioso. |

Les canons des conciles ne sont pas plus probants. On a souvent cité le concile de Vaison de 529 * comme ayant contribué à défendre les lettres. Le premier canon prescrit aux curés qui desservent les paroisses de recevoir auprès d'eux de jeunes lecteurs, et de leur apprendre les Psaumes, de les guider dans les lectures pieuses, de leur enseigner la loi du Seigneur. Il est difficile de découvrir un rapport quelconque entre les arts libéraux et ce programme purement religieux. C'étaient là les écoles presbytérales, telles qu’on les trouve souvent indiquées dans les vies de saints, par exemple dans celles de saint Lomer * et de saint Rigomer 5. Tout au plus y enseignait-on la lecture, l'écriture, le chant d'église et l’Ecriture sainte, c'est-à-dire les connaissances strictement indispensables à des prêtres. L'étude qui domine est celle des Psaumes, qu'il faut savoir par cœur’. À défaut d'une prescription sur l'enseignement des arts libéraux par l'Église, on peut relever, dans les décisions des

1. C’est ce que suppose Leblanc, op. cit, p. 29. Cf. Landriot, op. cit., p. 257. Pingaud, La politique de saint Grégoire le Grand, p. 306, etc.

2. La Vie de Didier, 2 (Krusch, Script. rer. Merov., HI, p. 630), en à conservé le souvenir.

3. Nous reviendrons plus loin {Chapitre V) sur cette question el nous verrons que notre interprétation est confirmée par d'autres faits.

4. Masssen, Concilia Aevi Merovingici, p. 56. .… Ut omnes presbryteri, qui Sunt in parrociis constituti... juniores lectores, quantoscumque sine uxoribus habuerent, secum in domo... recipiant et eos quomodo boui patres spiritaliter nutrientes psalmis parare, divinis lectionibus insistere et in lege Domini erudire contendant, ut et sibi dignos successores provideant et a Domino proemia aelerna recipiant... » Cf. Malnory, Saint Césaire, p. 139.

9, {re vie, 3 (Mab., Acta SS., I, p. 335).

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