‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 151 sur 404 · Voir chapitre V. 2, Voir chapitre VE · texte numérisé non relu

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Il nous reste à examiner les documents relatifs aux monastères et à l'instruction des saints pendant le vi* siècle. Il n'est pas de sources où l'on doive puiser avec plus de précaution que les vies de saints. Dans la plupart de ces biographies, tout est incertain : le texte, la date de la composition, et, par suite, la valeur exacte des mots. Elles n’ont été écrites ni par, ni pour des historiens, et sont le plus souvent des amplifications sur le thème de la sainteté. L'auteur met au service de sa piété les ressources de son imagination et de sa mémoire ; il intercale dans son œuvre des traits empruntés à d'autres vies, 1l mêle les époques; avant tout, il veut rendre la sainteté de son héros plus parfaite et plus édifiante !. On ne saurait reprocher aux hagiographes de n'avoir pas prévu les inconvénients que cette méthode aurait pour l’histoire, mais ce n'est pas manquer de respect aux saints qu’ils ont célébrés, que de soumettre leurs panégyriques aux règles ordinaires de la critique, pas plus qu'on ne rabaisse Hannibal ou Scipion en ne prenant pas pour authentiques les discours que leur prête Tite-Live. Les travaux de Mabillon, des Bollandistes, ceux des historiens contemporains ont permis de s'en servir avec quelque sûreté. Mais il s'en faut que toutes les difficultés aient été tranchées ; il suffit, pour s'en rendre compte, de parcourir la précieuse bibliographie d'A. Molinier. Nous ne pouvions songer à refaire, pour chaque vie, l'étude minutieuse à laquelle Mabillon, Bolland, Henschen, les rédacteurs des Analecta Bollandiana, MM. Holder-Egger, Krusch, Duchesne, Molinier, etc... se sont livrés. D'une façon générale, leurs travaux nous ont servi de base. Quand il sed produit entre eux des divergences de vues, et qu'après examen il nous à semblé qu'il existait un doute sur la date ou sur la valeur d’un document, nous l'avons admis sous réserve. Nous ne nous flattons r pas d'avoir évité toute erreur. Utilisant des travaux critiques que les auteurs de l'Histoire littéraire, que Montalembert, Ozanam, dom Pitra et même Fustel de Coulanges n'avaient pu connaître, nous

1. Cf. Molinier, Manuel de bibliographie historique, 1, p. 94, et, dans la Revue des Questions historiques, LXXIV, 1903, p. 56, un article du P. Delehaye sur les Légendes hagiographiques.

avons, sur Certains points, rectifié leurs jugements. La découverte de nouveaux textes, une critique mieux avisée démontreront peutêtre que nous avons été parfois trop sévère ou trop indulgent.

Parmi les documents relatifs aux monastères, nous en trouvons peu qui contiennent des allusions aux arts libéraux. La Chronologie de Lérins nous laisse croire qu'au vi® siècle on y apprenait la grammaire, la rhétorique et la dialectique !. Mais, on ne peut ajouter foi à cette Chronologie; M. Allier lui-même la déclare peu sûre *. Il est vraisemblable que, depuis le temps où y avait vécu saint Césaire, Lérins n'avait pas changé ; c'était toujours, avant tout, un centre de discipline régulière et de sainteté 5.

Ailleurs, nous n'avons relevé, dans l'enseignement monastique, au vit siècle, que des indications relatives aux études sacrées #.

Nous allons parcourir maintenant les vies des saints du vi siècle, et relever les indices qu'elles offrent sur leur instruction. Pour le moment, nous considérerons seulement les saints qui ont vécu jusqu'à 625 environ, c est-à-dire jusqu à l'époque où leur culture pourrait être attribuée à l'enseignement des missionnaires irlandais *. Outre les vies suspectes, nous écarterons en principe celles qui ont été écrites après le vi siècle, c'est-à-dire à une époque où la renaissance des études s'était produite, outout au moins se préparait, où l’hagiographe, voyant des moines étudier les arts libéraux, rangeait tout naturellement l'instruction parmi les mérites du saint. Dans les textes retenus après cette double élimination, nous nous appliquerons à préciser, autant que possible, le sens des termes écoles, maîtres, études, lettres qui s'y rencontrent. Nous avons déjà vu à quelles équivoques ils avaient donné lieu ; nous tâcherons d'établir un classement entre les textes, suivant qu'ils indiquent, chez le saint, soit une étude certaine des arts libéraux, soit une connais-

4. IT, p. 130-31, ap. Alliez, /Jist. du mon. de Lérins, 1, p. 52.

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