Id. (col
© 0 2 EE Ct à
qui rend le sens peu clair. Il pourra corriger parfois les cas et les temps, mais avec précaution; car on trouve, dans le texte sacré (in auctoritate), des emplois qui sont contraires à l'usage, et qu'on doit cependant respecter !.
Nous touchons là au principe qui va modifier et restreindre l'étude de la grammaire. Celle-ci, Cassiodore le rappelle, est un art humain qui ne saurait prévaloir contre l'autorité des paroles écrites sous l'inspiration divine *?. Le copiste se garcera de toucher aux expressions propres à l'Écritureë, d'altérer la pureté des noms hébreux en les déclinant', de changer les termes métaphoriquesÿ. Il néghgera de petites règles de stylef, comme l'interdiction de mettre en prose des débuts et des fins de vers hexamètres 7, ou d'éviter l'iotacisme et l'hiatus®. « La parole divine échappe au reproche d’avoir manqué à ces règles aumaines. Elle doit conserver la forme qui a plu à Dieu, pour briller de tout son éclat, sans être soumise à la fantaisie humaine. » Jusqu'ici les recommandations de Cassiodore se comprennent; il ÿ avait intérêt à ne pas changer les métaphores du texte, et les raffinés seuls pouvaient être choqués par la rencontre de deux voyelles. Mais le respect du texte saint impose à la grammaire d'autres sacrifices. Les irrégularités y deviennent sacrées. C'est seulement quand elles sont dues à de fausses corrections que le copiste est autorisé à les faire disparaître”. Il doit respecter des constructions comme viri sanguinum
4. Inst. I, chap. XV (col. 1128) : « Casus vero nominum,exceptis monoptolis declinationesque verborum quae defectiva non sunt, totesque partesorationis (ubt tamen sacra non impugnat auctorilas) considera diligenter, suisque locis aptata custodi.. » — « Casus nominum temporaque verborum, ubi tamen permitteris, custodidiligenter. Reperies enim frequenter in auctoritate consuetudini dissona, quae tibi non liceat immutare. »
2. Id. (col. 1127) : « Nec illa verba tangenda sunt, quae interdum contra artem quidem humanam posita repcriuntur, sed auctoritate multorum codicum vindicantur. »