‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 173 sur 404 · Carm. V · texte numérisé non relu

Carm. V

#. Giesebrecht, De litterarum studiis apud Italos, p. 5. Muratori, Dissert., 43 (Antiquit. Ital., NI, p. 809), retarde un peu le moment de cette décadence. Ï invoque à tort le concile de Vaison qui se réunit en 529. Le canon 1 n'intéressait en rien la culture classique (cf. plus haut, page 157). Cf. Grœber, Archiv für lat. Lex. und Gramm., I, p. 65. |

9. Hist. Franc., X, 1 :« Litteris grammaticis dialecticisque ac rethoricis ita est institutus ul nulli i in Urbe ipsa putaretur esse secundus. » Sur l'instruction de Grégoire le Grand, voir Grœæber, id., p. 51.

Diacre !. Après sa sortie de l'école, Grégoire ne fit rien pour entretenir en lui le souvenir des écrivains classiques?, ni pour garantir la correction de son langage contre les atteintes du latin rustique ou du latin ecclésiastique. C'est ainsi du moins que j'interprète le célèbre passage de Îa lettre à Léandre, où Grégoire déclare qu'il n'évite ni les barbarismes, ni les solécismes 3. On a parfois pris acte de cette déclaration, pour prétendre que Grégoire n'avait pas fait les études que lui attribuent ses biographes. C'est inexact : Grégoire dit qu'il a cessé de se plier aux exigences des maitres séculiers et de soumettre la parole de Dieu aux règles de Donat. Il reproduit ainsi le principe accepté et exprimé par Cassiodore, mais avec une véhémence qu'explique assez la différence des deux caractères. Cette lettre est suffisamment instructive par elle-même, sans qu'on veuille y trouver ce qu'elle ne contient pas. Elle nous montre le dédain qu'un homme comme Grégoire, moine, fondateur de monastères, et qui toujours regretta de ne pouvoir mener la vie ascétique *, éprouvait pour la forme littéraire. Dédain d'autant plus facile à ce grand politique, qu’à son insu, il gardait tout le fruit de ses études passées et que la puissance de son génie suppléait aux lacunes de son instruction. |

Grégoire eut d'ailleurs une autre raison de se méfier de la culture classique, que cette répugnance à s’absorber dans le mesquin souci des mots. Sa lettre à Didier de Vienne, dont nous avons déjà parlé, nous montre qu'il redoutait pour le clergé le commerce des auteurs classiques comme un danger pour la foi. Et, si nous nous plaçons à son point de vue, nous ne saurions affirmer qu'il eût

4. Vila Gregorüi, 2 (M. 75, col. 42) : « Disciplinis vero liberalibus hoc est grammatica rhelorica dialectica, ita a puero est institutus, ut quamvis eo tempore florerent adhuc Romæ studia litterarum, tamen nulli in urbe ipsa secundus esse putaretur. »

2. Nonce à Constantinople pendant six ans, il ne sait pas le grec. Grég… Epist. XI, 55 (Greg. regist. epist., II, p. 330) : « Nos nec graece novimus nec aliquod opus aliquando graece conscripsimus » ; id., VII, 29 (id., 1, p.416): « quamvis graecae linguae nescius. »

3. Moral. libri sive Expos. in Lib. Job, Epist. 2 (M. 75, col. 516) : «.. ipsam loquendi artem quam magisteria disciplinae exterioris insinuant servare despexi. Nam sicut hujus quoque epistolae tenor enunciat, non metacismi collisionem fugio, non barbarismi confusionem devito, situs (hiatus) motusque et praepositionum casus servare contemno, quia indignum vehementer existimo, ut verba caelestis oraculi restringam sub regulis Donati. »

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