‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 178 sur 404 · Traité des études monastiques, t. 1, p · texte numérisé non relu

Traité des études monastiques, t. 1, p

&. Monast. Anglie., Mabillon, Ann. Ord. Bened., 1, p. 556. D'après un autre passage de Mabillon (id., p. 556), le monastère aurait été achevé par Céolfrid, en 685, après quatre ans de travaux. ;

5. Mabillon a cité encore (id., p. 62), à l'appui de sa thèse, la recommandation adressée par Grégoire à un abbé (Epist. TITI, 3, Greg. reg., 1, p.161) de s'appliquer à la lecture. Mais il ajoute : « [l'est vrai qu'il semble que saint Grégoire réduit cette lecture à ce qui regarde la loi divine : mais on peut dire aussi qu'il n'en aurait pas exigé d'autre des ecclésiastiques, puisqu'il reprend dans un évèque l'étude des auteurs profanes. » Nous n'insistons pas plus que Mabil- Jon sur l'argument dont il reconnait lui-mème la faiblesse.

qui ne repose sur aucun témoignage sérieux, l'accusait d'avoir brûlé les livres profanes !. C’est la traduction populaire et brutale des sentiments que l'opinion commune lui attribuait, non sans raison. Une remarque tout au moins que l’on ne peut s'empêcher de faire, cest qu'il eût pu très aisément, s'il avait approuvé la tentative de Cassiodore, en assurer le succès. Étant donnée l'action de saint Grégoire sur | Église, et le nombre des monastères qui existaient en Italie, et avaient reçu du mont Cassin une discipline régulière, 1l aurait suffi que le pape favorisät ce plan d'études restreint, limité, purifié, pour que l'enseignement monastique l'admit dès cette époque, en pays latin, comme il l'admit plus tard. Évidemment la situation troublée de l'Italie ne lui aurait pas permis de se développer dans toute son ampleur. Mais peut-être aurait-il assuré, dans le clergé du va* siècle, une proportion d'hommes instruits plus grande que celle que nous y constatons ?.

À V Isidore de Séville.

Si Cassiodore paraissait trop hardi, Grégoire était trop absolu. Entre les sympathies de l'un et la méfiance de l'autre pour les lettres profanes, il y avait place pour une opinion modérée, qui, en tenant compte des besoins de l'Église, admettrait un usage prudent des lettres. Ce rôle échut à Isidore de Séville.

Plus jeune de trente ans $ que Grégoire le Grand, frère de l'archevéque de Séville, Léandre, qui était l'ami du pape, Isidore avait les mêmes idées que lui sur les auteurs profanes; mais 1l comprenait que l'instruction était indispensable au clergé. L'Église espagnole était alors engagée dans la lutte contre les ariens. Le: roi Reccarède s'était converti au catholicisme en 589 ; mais 1l nest pas douteux que Île peuple entier ne rentra pas avec lui dans l'orthodoxie. Une instruction religieuse était nécessaire pour ne pas étre trompé par l'hérésie À,

1. Jean de Salisbury, De nugis curialium, I, 26 (M.199, col. 461). Cf. Lecky, Hist. of European Moral, I, p. 201, note.

2. Cf. Muratori, Antiqu. ital., 33e dissertation, t. IT, p. 809.

4. Isidore, Syn., II, 65 /M. 83, col. 860) : « Indoctus. facile decipitur. »

Cette nécessité d’une instruction relativement supérieure pour le clergé était plus sensible chez les Goths d'Espagne que chez d'autres peuples barbares. L'Église exerça chez eux une influence prépondérante !. Sans exagérer, comme on l'a fait, la culture du clergé espagnol, la portée des dispositions prises dans les conciles, le nombre et le caractère des écoles monastiques et épiscopales ?, on doit reconnaître que l'Église d' Espagne, au temps de Léandie et d'Isidore, dépassait évidemment le niveau atteint, à la même époque, par l’église franque. Plusieurs des princes goths se piquaient d'être instruits ; Sisebuth, dit [Isidore lui-même, avait quelque teinture des lettres, scientia litterarum ex parte inbutus à.

Dans sa règle pour les moines *, Isidore leur interdit de lire les

ouvrages des gentils et des hérétiques. C'était proscrire tous les écrivains de l'antiquité, qu'il était difficile de ne pas ranger parmi les païens. Ailleurs, il défend la lecture des poètes dont les fictions excitent les passions. « Ce n'est pas seulement en offrant de l'encens qu'on sacrifie aux démons, mais en écoutant trop volontiers leurs propos ©. » Isidore entend-il les propos des démons ou ceux des poètes ? On ne le sait ; il y a dans le texte une confusion peu favorable à ces derniers. Il dit encore : « On doit éviter de pareils livres pour l'amour des saintes écritures 6. » Enfin il fait le procès de la

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