Dahn, Die Kôünige der Germanen, V, p
2. Cf. Bourret, L'École chrétienne de Séville sous la monarchie des Visigoths, p. 37, etc.; Tailhan, Cahier, Nouveaux mélanges d'archéologie, IV, p.223, ete. J1 faut lire avec précaution ces deux ouvrages, où nous relevons les mêmes généralisations optimistes que dans Pilra et Ozanam. Sur le latin d'Espagne, au vie siècle, voir Grœber, Archiv für lat. Lex. u. Gramm., 1, p. 65.
3. Hist. Goth., 650 (Mon. Germ. Auct. Ant., XI, p. 291). Isidore lui dédie son De nalura rerum (M. 83, col. 963). Ses lettres (Epist. Mer. aevi, I, p. 662, 66, 668, 669, 671), la Vita Desiderii Viennensis (Script. rer. Merov., 1, p. 620), nous montrent en lui un écrivain boursouflé, ayant quelques souvenirs des lettres, et principalement occupé à préparer son salut, A la fin d'une de ses lettres (id., p. 671), on trouve quelques vers. Cf. Dahn, Die Kônige der Germanen, V,p.179 ; Tailhan, Rev. des Quest. hist., XXX (1881), p. 28.
4. Chap. 8 (M. 83. col. 877,: « Gentilium libros vel haereticorum volumina monachus legere caveat; melius est enim eorum perniciosa dogmata ignorare, quam per experientiam in aliquem laqueum erroris incurrere. »
5. Sentent., HI, 13 {M. 83, col. 685) : « Ideo prohibetur Christianus figmenta legere poetarum, quia per oblectamenta inanium fabularum mentem excitant ad incentiva libidinum., Non enim solum thura offerendo daemonibus immolatur, sed etiam eorumdicta libentius capiendo, »
6. Id. ‘col. 686; : « Cavendi sunt igitur tales libri et propter amorem sanctarum Scripturarum vitandi. »
science profane en général (omnis saecularis doctrina), et la condamne au nom du texte sacré !.
Voilà qui promettait une prohibition complète des textes profanes. Mais, tout en détestant les païens, Isidore déclarait la science indispensable. « L'ignorance, dit-il, est la mère des erreurs, l’ignorance nourrit les vices © ». Il se résignait donc à admettre les études. I voulait seulement que le chrétien ne se laissât pas entrainer à chercher ce qu'il ne doit pas connaître. « Laisse de côté, lui conseillet-1], comme un domaine réservé (quasi secretum), ce que tu n'as pas appris par l'autorité de l'Écriture #. » La curiosité est périlleuse, elle mène à l'hérésie. L'Écriture, voilà, pour Isidore, la raison, j'allais dire l’excuse, et la limite de la science.
Or pour connaître l'Écriture, il fautétudier les sciences profanes ; Isidore est contraint d'apporter un tempérament au principe qu'il a posé dans sa règle, et qui excluait tous les livres écrits par des païens. Il se résigne à des concessions : « Plutôt la grammaire que l'hérésie », dit-il *. Le tout est d’en faire un bon usage.
Ce qu'il entendait par ce bon usage, il s'est appliqué à le montrer dans les Efymologiae, dans les Differentiae et dans le traité De natura rerum. Isidore de Séville est parti du principe que les choses seules ont de l'importance , et, dans ces différents ouvrages, il a recueilli l'indication des choses connues et nommées par les anciens.
Le traité le plus considérable et le plus utile est celui que nous connaissons sous le titre de Eftymologiae ou de Origines 5, Dans son
{. Sent., IV, 13 (col. 687) : « Omnis saecularis doctrina spumantibus verbis resonans, ac se per eloquentiae tumorem attollens, per doctrinam simplicem et humilem Christianam evacuata est, sicut scriptum : Nonne stultam fecit Deus sapientiam hujus mundi. »