PREMIÈRE PARTIE
Les faits dont nous avons à rendre compte sont les suivants : Dans la première moitié, peut-être le premier tiers du vi* siècle }, des moines bretons, dont l’un au moins, Gildas, avait quelque teinture des lettres classiques, débarquèrent en Armorique; en 585 ou 590, arrivèrent en Gaule des moines irlandais conduits par Colomban, qui avait lu Virgile et composait des vers adoniques. Ainsi, à l'époque où, nous l'avons constaté, les lettres classiques avaient cessé d'être étudiées en Gaule, elles trouvaient un asile dans la Bretagne insulaire et dans l'Irlande. Nous devons rechercher comment elles y avaient été connues, déterminer dans quel sens elles ÿ furent utilisées et ce qui en avait été retenu.
Nous tenons à le faire remarquer dès le début, siles chapitres qui suivent épuisent ce qu'on sait de l'enseignement des lettres dans la Bretagne jusqu'a l'achèvement de la conquête anglo-saxonne, ils ne renfermeront pas toute l'histoire des écoles d'Irlande. Cette étude d'ensemble ne rentre pas dans le sujet déjà trop vaste que nous nous sommes proposé. L'unique période qui nous intéresse, dans l'histoire de l'enseignement des Irlandais, est celle où ils furent les représentants les plus actifs de la culture classique dans l'Europe occidentale, c'est-à-dire le vi* siècle et la première moitié du vu*siècle. À partir de la fin du vu siècle, l'intérêt, pour nous, passe en Grande-Bretagne, où les Aldhelm, les Bède, les Egbert, les Alcuin vont utiliser à leur tour les lettres classiques, et préparer le programme du futur enseignement des écoles carolingiennes.
Ne sachant ni l'irlandais ni les langues brittoniques, nous n au-