Les mots latins dans les langues briltoniques, p
3. Agricola, 2 : « Jam vero principum filios liberalibus artibus erudire ct ingenia Britannorum studiis Gallorum anteferre ut, qui modo linguam Romanam abnuebant,eloquentiam concupiscerent, »
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bien servi la politique romaine, eut si peu d'effet en Bretagne qu'on peut douter qu'elle se soit exercée.
Peut-être enseignait-on le latin dans des écoles inférieures. Peutêtre aussi les Bretons n'eurent-ils pour maîtres que les colons et les soldats. Parmi eux, il y avait des Romains instruits des lettres classiques !. Mais à côté d'eux, il se trouvait des hommes venus de toutes les parties du monde ?, Le recrutement des troupes faisait participer la Bretagne au cosmopolitisme de l'empire. On y a relevé quelques inscriptions grecques. prouvant que des Hellènes, soldats ou médecins, y avaient habité 3. Mais, de là à ce que la culture gréco-latine eût pénétré profondément le pays, il y a loin. Les idiomes bretons firent de larges emprunts au latin *, mais 1l ne se substitua pas à eux. Il est vraisemblable que l'usage du latin fut, chez les Bretons, limité au besoin qu'ils avaient de correspondre avec leurs vainqueurs. On s'en servait dans les centres: il est possible encore que, dans certaines régions, où les colonies romaines étaient plus nombreuses, où l'on était davantage en contact avec les Gallo-Romains ”, l'usage du latin ait été plus généralement répandu, mais le breton ne cessa pas d'être la langue nationale 6.
Ce n'est pas là une simple hypothèse. Si le latin s'était répandu, au point de remplacer le breton, si tous les Bretons, ou du moins le plus grand nombre, avaient parlé le latin déjà corrompu, que nous trouvons dans les inscriptions romaines de la Grande-Bretagne écrites au n° et au 1v° siècle 7, les habitants, après le départ